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Accords de partenariat économique - Silence, on
soutient l'indéfendable Depuis les indépendances, l'Union européenne et les pays ACP entretiennent des relations de commerce basées sur un accès libre pour la majorité des produits, surtout agricoles, des pays ACP sur le marché européen. En 2000, l'UE a décidé de revoir sa politique de coopération avec ces pays et de négocier des accords de libre échange, dont la signature devrait intervenir en principe avant le 1er janvier 2008. Ces accords sont dits "accords de partenariat économique" (APE). Les impacts potentiels de tels accords s'annoncent dramatiques pour les pays ACP. Car la mise en concurrence d'économies inégales se fait forcement au détriments des plus faibles. "Le rapport de force entre les deux zones et le rythme accélérée des négociations peuvent entraîner, pour les pays ACP, des conséquences négatives sur le plan économique et social, mais aussi, remettre en cause leur capacité à choisir leurs propres stratégies de développement", a soutenu en fin 2006 la Coalition pour des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali), au cours d'une campagne de sensibilisation sur les impacts des APE sur les économies africaines. Les négociations des APE, qui ont démarré en 2002, doivent aboutir le 31 décembre 2007. Une évaluation de ces négociations a été faite à l'automne 2006. Le motif principal qui sous-tend la signature de ces accords est de répondre aux règles de l'Organisation Mondiale dû Commerce (OMC) qui exigent que tous les pays en développement doivent être traités de la même manière. Mais au moment où l'on s'achemine vers la signature des APE, au prix d'une perte supplémentaire de plusieurs milliards de F Cfa par an et par pays, des pays occidentaux défendent énergiquement les subventions à l'exportation de leurs produits. Ainsi, l'achèvement du cycle de Doha pour le développement qui se veut de corriger les imperfections du commerce international se trouve en jeu. La conférence de Hongkong, tenue en 2006, sur les négociations commerciales a laissé les pays africains sur leur faim sous des déclarations américaines selon lesquelles leurs subventions ne portent que 2 % de déficits sur l'économie des pays africains. Ce qui signifie qu'ils ne sont pas prêts à abandonner leurs subventions (une contre règle de l'OMC) qui infligent un déficit aux pays africains, pour le seul secteur du coton, environ 300 milliards de F Cfa par an. Le déficit du Mali en la matière est estimé à 60 milliards de F Cfa. Ces déficits sont entretenus au moment même où l'Afrique entretient des droits préférentiels avec l'UE. Des observateurs économiques estiment que les APE traduisent certainement la volonté de l'Europe d'avoir l'Afrique sous sa coupe face à la percée économique de la Chine et de l'Inde. Dès lors que les principes des APE sont de plus en plus hostiles au développement des pays ACP, des facilités alternatives ont été envisagées dans le sens de l'intégration régionale à travers la mise en uvre d'un fonds de financement de l'agriculture. Ce fonds, qui n'est pas encore disponible, est destiné à la réalisation des infrastructures, la formation, la transformation des produits agricoles, la construction des routes pour permettre l'écoulement des productions à l'intérieur de l'Afrique. Seydou Coulibaly © Copyright Le Républicain Archives |