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Consommation - Le pain maigrit A défaut dune augmentation du prix de vente du pain, cest son poids qui va sensiblement diminuer de 400 g à 300 pour le gros pain et de 200 g à 150 pour la baguette. Cest la solution à laquelle sont parvenus le gouvernement et le Cadre de concertation de la filière-pain du Mali. Une mesure entrée en vigueur le samedi 18 août 2007.
Les consommateurs sont avertis. Ils nont plus droit à des miches de pain bien garnis, mais à des pains maigrelets non fourrés. Cest en tout cas ce quont décidé nos autorités et les boulangers en vue déviter une hausse des prix de ce produit sensible et stratégique.
Une solution transitoire, a tenu à rappeler le Cadre de concertation des acteurs de la filière-pain du Mali (CCFP), qui a animé un point de presse vendredi à la Chambre de commerce. Selon son président, Mamadou L. Haïdara, « de juillet 2006 à mai 2007, le prix du blé a enregistré une hausse de plus de 40 %. Cette hausse sest accéléré en juillet 2007 pour atteindre 61 %. Lincidence de laugmentation de ce prix sur le compte dexploitation entraînera, pour les Grands moulins du Mali, une perte nette de 3 milliards de F CFA sur 12 mois. Donc, tant que les cours montent, on nest pas à labri dune augmentation de prix ».
Abondant dans le même sens, le président de lAlliance des boulangers du Mali, Vincent Caravelho dira que, « si lon répercutait cette augmentation sur le pain malien, beaucoup dirait adieu à sa consommation. Nous avons déjà perdu 19 % sur le prix du pain. Nous travaillons depuis 2001 dans un contexte difficile et sans augmentation. Ce, malgré les fluctuations touchant les coûts de production dune boulangerie : farine, consommables, coûts de lélectricité, du DDO, etc. ».
Cest pourquoi, le CCFP avait, dit-il, proposé une augmentation de 50 F sur le gros pain (300 F au lieu de 250 F) et 25 F sur la baguette (150 F au lieu de 125 F). « Mais, aux termes dintenses discussions qui ont duré 2 mois, le gouvernement a opté pour la 2e proposition ».
Galettes de maïs, une alternative Toutefois, a ajouté Sidi Dagnoko de la Compagnie malienne pour le développement de la culture du blé, ces mesures doivent être assorties de mesures daccompagnement portant sur la distribution du pain, la culture du blé, la protection des industries nationales, la normalisation du secteur de la boulangerie
Toutes ces recommandations sont contenues dans un mémo ou plan de sauvetage de la filière-pain que le Cadre de concertation a adressé au ministre de lIndustrie et du Commerce. Une augmentation des prix nétant pas totalement exclue, les négociations se poursuivent toujours entre les services techniques du ministère et les boulangers en vue dexaminer les voies et moyens permettant de gérer ce contexte que tous souhaitent conjoncturel.
Du côté des consommateurs, cette décision de diminution du poids de pain nest que de la poudre aux yeux. Les trois associations de défense des consommateurs (Ascoma, Redecoma et Consoligue), qui ont participé à toutes les étapes des négociations, nont pas daigné signer ce plan de sauvetage.
« Le pain ne pèse plus rien depuis des mois, sil faut y enlever des grammes encore, quest-ce qui va rester ? », sinterroge un consommateur. Réaction dune autre consommatrice : « La meilleure solution est de retourner à nos galettes de mil et de maïs. Cest plus nutritif avec moins de dépense et en plus, ça ne constipe pas ». A méditer ! Sidiki Y. Dembélé © Copyright Les Echos Archives |
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