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Eau et électricité: Nationalisation ou privatisation?
(L'Essor 16/08/2007)

La Coalition des alternatives africaines, dettes et développement (CAD) Mali poursuit ses actions de sensibilisation et d'information du public sur les problèmes de développement en Afrique en général et dans notre pays en particulier.
L'organisation, samedi, d'une conférence-débat consacrée au secteur eau et électricité, participe de cet engagement. "Enjeux et défis de la nationalisation de l'eau et l'électricité", tel était le thème général de la conférence qui a regroupé au Foyer de jeunes de Magnambougou, la présidente de la CAD-Mali, Mme Barry Aminata Touré et nombre d'invités.
La rencontre, a introduit Mme Barry, s'inscrit dans une série de réflexions initiées par la CAD-Mali dans le cadre de sa contribution à l'élaboration des politiques de développement dans notre pays. La privatisation des sociétés d'État, le système financier international, son impact sur les économies nationales des pays en développement, les enjeux et les défis de nos pays dans le concert mondial, constituent entre autres sujets, auxquels s'intéresse la coalition.

Basée principalement sur la problématique de l'accès à l'eau et à l'électricité par nos populations, la rencontre de samedi a critiqué les politiques de sauvetage jadis initiées par les politiques en vue de sortir Énergie du Mali (EDM) de l'ornière.
Consultant indépendant, Daouda Moussa Koné était un des principaux conférenciers. L'eau et l'électricité doivent être exemptes de toute politique de privatisation, a-t-il estimé en expliquant que cette particularité du secteur découle du caractère "sacré" de l'eau, cette source de vie, mais aussi de l'indispensable nécessité de l'énergie pour tout développement.

Faisant un bref rappel de l'histoire d'EDM, le conférencier a déploré qu'en 40 ans d'existence, cette société n'a pu réaliser que 8 % de couverture énergétique en milieu urbain. Ce bilan témoigne à suffisance de l'échec de la privatisation du secteur, a jugé Daouda Moussa Koné.

En matière de commerce, constate de son côté, Sékou Diarra, membre du bureau de CAD-Mali, il ne saurait y avoir de sentiment. "Un partenariat entre l'État et le privé n'est pas une panacée pour résoudre le problème. Car les populations n'ont rien à y gagner. C'est la recherche du profit", a-t-il résumé. Sékou Diarra préconise par conséquent une implication véritable des populations dans la définition des politiques tarifaires de l'eau et de l'électricité.

Mme Barry milite, elle, pour une relecture des textes régissant les politiques de développement afin d'assurer un accès à grande échelle des populations à l'eau et à l'électricité.

Ibrahim Guissé, syndicaliste à EDM, veut aller plus loin en confiant aux populations un rôle essentiel en la matière. Les fraudes, les sabotages des réseaux de distribution d'eau et d'électricité, le gaspillage freinent EDM dans sa politique de développement et de satisfaction des clients, a-t-il relevé.

L. DIARRA

© Copyright L'Essor

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