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Le pétrole au centre de toutes les préoccupations : Historique,
enjeux économiques et nature des contrats
(Nouvel Horizon 10/08/2007)
Le pétrole est devenu aujourd’hui plus
que jamais une ressource majeure. Il suscite de nombreuses questions et
il est désormais au centre de toutes les préoccupations. Le Pétrole, c’est
avant tout une source d’énergie qui a permis le développement économique
spectaculaire à travers le monde. Il est à l’origine de l’accélération
de la révolution industrielle, du développement des moyens de transport
mais aussi responsable de crises économiques majeures (les chocs pétroliers
de 1973 et 1979).
Le pétrole est une ressource stratégique, une ressource qui est inégalement
répartie à travers le monde, une ressource générant une manne financière
importante et donc une ressource visant à assurer le développement économique
d’un pays.
LE PETROLE, UNE ARME ECONOMIQUE
Le pétrole, c’est aussi et surtout dans le contexte actuel, une ressource
au coeur du découpage géopolitique mondial. Faut-il voir dans le pétrole
une arme économique redoutable? La réponse est sans hésiter oui, et à
travers l’histoire du marché pétrolier, les acteurs économiques ont toujours
voulu prendre le contrôle de cette ressource stratégique. Nous illustrerons
nos propos avec les exemples de la standard Oil et plus récemment avec
celui du cartel de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole).
Le pétrole, c’est enfin une ressource qui coûte de plus en plus cher et
qui nourrit les thèses les plus controversées. Le constat, qui n’à échappé
à personne, est la hausse du prix du baril et une hausse qui, d’après
les prévisions de nombreux spécialistes, devrait être durable. Cela ne
va pas sans incidence sur la croissance économique mondiale. Alors plusieurs
explications ont été données par rapport à cette hausse des prix comme
la théorie du Peak Oil, les crises géopolitiques, l’épuisement des réserves.
Dans cet article nous allons mettre l’accent sur les enjeux du pétrole,
son historique, de même que la nature juridique des contrats. Dans notre
pays, la recherche pétrolière est en cours, plusieurs sociétés étrangères
sont dans les basins de Taoudenit, de Gao, Nara etc. Ce qui est sûr, l’espoir
est permis pour que notre pays devienne enfin producteur de l’or noir.
HISTORIQUE ET ENJEUX ECONOMIQUES
Dès ces premières heures de production à vocation industrielle, le pétrole
a suscité chez les acteurs économiques et producteurs de l’équipe, des
velléités d’appropriation. C’est ainsi que la société de M. John D. Rockfeller:
la Standard Oil fut la première, cent ans avant l’OPEP, à exercer ou tenter
d’exercer une situation de monopole sur cette ressource qu’est le pétrole.
Le cas de l’OPEP fera l’objet d’un chapitre même si de nombreuses similitudes
peuvent être observées entre la Standard Oil et le cartel de l’OPEP. John
D. Rockfeller fut le premier homme à concevoir la concentration industrielle
pour exploiter cette ressource qui, à l’époque, était abondante et facile
à extraire. Son but caché était de contrôler un jour l’ensemble de la
chaîne pétrolière. Les méthodes de l’homme pouvaient paraître agressives
mais elles étaient finalement normales, quand on connaît l’homme.
Un homme protestant, ascétique, qui avait une sainte horreur du gaspillage,
du désordre, des intermédiaires, un homme reclus avec un goût plus que
prononcé pour le secret. Ainsi, pour parvenir à ses fins, John D. Rockfeller
n’hésitait pas à recourir au dumping, au sabottages, à l’achat d’actions
d’une société entre autres.
En 1863, Rockfeller s’associe avec un partenaire et avec l’aide d’un chimiste,
il monte à Cleveland (Ohio) sa première raffinerie pour produire du kérosène
et de la naphte.
Ainsi, son côté protestant et homme ascète, l’a conduit à réinvestir constamment
les profits en gardant les coûts et les salaires le plus bas possible.
Il étendit rapidement son affaire. Dès son plus jeune âge, John D. Rockfeller
avait affirmé qu’il contrôlerait tout le pétrole. Quelques années, plus
tard, il mit en oeuvre ses desseins. Pour ce faire, il a tout d’abord
envisagé une concentration horizontale de son activité.
LA CONQUETE DES RAFFINERIES ET LA POLITIQUE
DES PRIX
C’est à dire que dans un premier temps, il s’est attelé à conquérir la
majeure partie des raffineries du pays. Rockfeller, via une politique
de dumping (ventes à perte) arrivait à être le plus compétitif. Toujours
à l’affut des coûts de production soit en débauchant le personnel qualifié,
soit en changeant de technologies ou tout simplement dans la réduction
des coûts autour de l’activité. Rockfeller, fut l’un des grands visionnaires
de la fin du XIXème et début du XXème siècle.
A partir de ses raffineries , il pratiquait une politique de prix élevés
qui pouvaient affaiblir les producteurs de pétrole qui cédaient car, il
était le seul à représenter un offre de raffinage, dans le même temps
il acquérait leur titre après les avoir asphyxiés, à des prix dérisoires.
Voici comment Rockfeller s’est lancé dans la production et à créé en 1870
à New-York, la Standard Oil.
UN ACCORD SECRET
Il passa aussi un accord secret avec la compagnie des chemins de fer visant
à préserver ses intérêts. En effet, par ses pratiques, John D. Rockfeller
est devenu très rapidement, un producteur de pétrole significatif et de
plus, il était le premier raffineur du pays, il devenait donc incontournable.
La société des chemins de fer ne pouvait donc pas se passer d’un tel client.
Mais la ruse de Rockfeller allait plus loin. Rockfeller demandait un rapport
détaillé à la compagnie des chemins de fer comprenant les informations
suivantes: le producteur, la quantité, le prix payé, le destinataire,
dès qu’il s’agissait d’un client autre que lui. C’est dans ce contexte,
que l’on peut parler de monopsone (ensemble de sociétés qui se retrouvent
pour créer une situation de monopole).
Le projet de John D. Rockfeller était de tout mettre en oeuvre pour obtenir
les profits les plus élevés. C’est dans cette optique, qu’il organisa
en 1881, la Standard Oil en trust avec un reversement conséquent de dividendes
auprès des trustes. C’est ainsi que John D. Rockeller fut amené à contrôler
90% de l’industrie pétrolière et il commença à susciter des velléités
de démantèlement chez ses concurrents jusqu’à la classe politique.
LES CHOCS PETROLIERS
Avant de parler des chocs pétroliers proprement dits, il faut d’abord
rappeler le contexte général qui précède le premier choc pétrolier de
1973.
En effet, l’extraordinaire développement économique qu’a connu le monde
entre 1950 et le milieu des années 70 n’a pu se réaliser qu’au prix d’un
très fort accroissement de la consommation d’énergie. A titre d’exemple
cette consommation était de 1,7 milliards de tep (tonne équivalent pétrole)
en 1950 et de 5,2 milliards de tep en 1970.
Une consommation multipliée par trois en l’espace de 20 ans.
Entre 1970 et 1980, la consommation fut multipliée par 1,3 passant à 6,9
milliards de tep. C’est dans ce décor de développement et de consommation
d’énergie <<à tout va>>, que s’est déroulée l’histoire de
l’économie pétrolière que nous diviserons en trois périodes :
- la première période, la période de l’abondance ;
- la deuxième période, la période de boom économique ;
- la troisième période, la période de crise pétrolière.
PARTIE JURIDIQUE
Il y a deux types de contrat à ce jour, le Contrat de Concession et le
Contrat de Partage de Production.
1) LE CONTRAT DE CONCESSION
L’Etat octroie au titulaire un titre minier exclusif d’exploration. Pris
en cas de découverte (s) commerciale (s), un ou des titres exclusifs de
développement et d’exploitation sont délivrés au concessionnaire. Le concessionnaire
est le propriétaire des hydrocarbures produits et des installations.
L’Etat lui peut éventuellement participer dans le cadre d’un <>. Les sources de revenus de l’Etat sont
les bonus, les redevances superficiaires, les redevances à la production
(en nature ou en espèces), l’impôt pétrolier, les taxes supplémentaires
sur les profits pétroliers et une pseudo fiscalité.
2) LE CONTRAT DE PARTAGE DE PRODUCTION
L’Etat reste le titulaire des droits miniers. L’Etat fait appel à la compétence
technique et financière de la société, mais reste propriétaire d’une fraction
importante de la production. L’Etat peut participer, cela se négocie,
dans les conventions. Les revenus de l’Etat sont les redevances à la production
dans certains cas, sa part du profil Oil (en nature ou en espèces), l’impôt
sur le bénéfice et une surtaxe pétrolière à partir d’un certain seuil
de profits.
Il y a les notions des Cost Oil, Cost Stop et Profit Oil. Le Cost Oil
se détermine de la façon suivante: coûts opératoires + investissements
incorporels + amortissement + crédits d’investissements + charges financières
+ coût non récupérés reportés + provision pour coût d’abondant. En résumé,
le Cost Oil représente les frais engagés par la société durant la phase
d’exploration et ces coûts sont récupérables par ladite société en phase
d’exploitation.
Le Cost Stop correspond au seuil maximal récupérable au cours d’un exercice,
il est fixé par la Loi. S’il est atteint, la société devra reporter la
récupération de son Cost Oil sur le ou les exercices suivants.
Le Profit Oil est enfin la part que se partage la société et l’Etat en
fonction de leurs parts respectives, une fois le Cost Oil déduit. Cela
ne veut pas dire, qu’il faille attendre la fin du remboursement des coûts
pétroliers pour disposer des ressources financières.
LES AVANTAGES COMPARATIFS
Selon les praticiens et les observateurs, le Contrat de Concession et
le Contrat de Partage de Production, s’ils sont bien menés, confèrent
sensiblement les mêmes avantages. La concession a le mérite d’une plus
grande facilité de gestion, à savoir que l’on peut déterminer à l’avance
les gains pétroliers futurs de l’Etat, cependant les gains intrinsèques
sont moindres.
Le Contrat de Partage de Production lui confère des gains plus importants,
permet un contrôle de l’Etat plus grand sur les sociétés, mais ce contrat
demande une grande vigilance.
Mamadi TOUNKARA
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