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Accord de partenariat économique - Le Mali livré
pieds et poings joints L'Afrique de l'ouest court tout droit devant le poteau d'exécution préparé pour lui par l'Union européenne qui juge inopportune le report du 31 décembre prochain retenu pour la signature de l'accord.
L'un des points de blocage des négociations réside dans l'absence de consensus sur les règles d'origine. "La partie ACP (donc Afrique de l'ouest y compris) voudrait des règles d'origine cumulant la valeur ajoutée, d'une part, entre pays ACP et, d'autre part, entre les Etats tiers et les pays ACP, afin d'assurer au maximum de leurs biens, l'originalité pour bénéficier du démantèlement tarifaire européen. L'Union européenne reste campée sur sa position, en rejetant les règles basées sur le cumul de la valeur ajoutée et encore moins de considération de changement de position tarifaire" relève la note de synthèse sur les négociations du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale.
Redoutant la cassure de son appareil de production du fait de la concurrence européenne et de l'inaccessibilité de certains produits au marché européen, parce que ne répondant pas aux normes édictées, l'Afrique de l'ouest avait demandé un report de trois ans de la signature et de l'entrée en vigueur de l'Accord de partenariat économique (APE) et subséquemment une dérogation supplémentaire à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Une proposition rejetée par l'Union européenne qui s'est abritée derrière l'argument qu'une dérogation supplémentaire serait coûteuse pour elle et les pays ACP.
Depuis, l'Union européenne n'a pas relâché la pression sur les ACP. Elle s'est faite entendre, d'autant plus que le comité interministériel de suivi des négociations de l'Afrique de l'ouest a demandé le 16 juillet dernier à Accra (Ghana) aux commissions " d'accélérer les négociations avec la partie européenne en vue du respect du délai imparti pour éviter un vide juridique dans les rapports de coopération avec l'Union européenne notamment au plan commercial ".
Ignorant totalement les appels de la société civile qui, battait le pavé à Accra de ne pas céder. Les organisations de la société civile ont fustigé la réciprocité, un des principes qui guident la négociation et recommandé le maintien pour quelque temps du régime de préférences commerciales non réciproques des conventions de Lomé. " Nos marchés seront inondés en produits fabriqués en Europe et nos usines qui sont d'ailleurs peu compétitives mettront la clé sous le paillasson. Compressés et autres chômeurs n'auront d'autres choix que d'aller s'échouer dans la mer en voulant regagner l'Europe. Nous sommes conviés à un commerce qui n'est pas juste. L'Europe a trop d'obstacles non-tarifaires, notamment les normes sanitaires et phytosanitaires, les standards " ont commenté les manifestants.
Avec l'Afrique l'ouest dont il est partie intégrante, le Mali se livre pieds et poings joints. Reste à la partie européenne de lui dire à quelle sauce il sera mangé avec les autres pays d'Afrique de l'ouest.
En attendant, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, ordonnateur national du FED et représentant du Mali au conseil des ministres ACP. Moctar Ouane, introduira aujourd'hui une discussion sur les négociations de l'APE au cours d'un déjeuner de presse. Georges François TRAORÉ © Copyright Le Malien Archives |
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