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Production laitière - L'aliment bétail, le nœud gordien
(Les Echos 10/08/2007)

La production laitière connaît d’énormes difficultés à Bamako et à l’intérieur du pays. Des difficultés dues à la pénurie d’aliment bétail.

Selon les nutritionnistes, le lait est un aliment complet. En un mot, il contient tout ce qu’il faut comme vitamine indispensable au corps humain. Mais il n’est pas donné à tout le monde à Bamako de se procurer cet aliment aussi délicieux que nourrissant. Le lait est non seulement rare même en cette période hivernale, mais il est cher pour les bourses faibles. Le litre de ce précieux liquide est vendu entre 400 à 500 F selon les quartiers du district de Bamako.

La pénurie et la cherté du lait s’expliquent, selon l’honorable Cheickna Hamalla Bathily, éleveur et membre d’une coopérative laitière de Bamako, par la flambée et même le manque d’aliment bétail. Selon M. Bathily, connu pour ses prises de position à l’Assemblée nationale sur la question de l’aliment bétail, qui lui a valu le sobriquet de « député aliment bétail », tous leurs problèmes viennent des difficultés d’approvisionnement en aliment bétail. Une denrée qui rentre à 90 % dans l’alimentation des bovins soit pour les engraisser soit pour augmenter la production du lait.

Les prix de l’aliment bétail sont passés du simple au double depuis plusieurs mois à cause de la fermeture des usines Huicoma de Koulikoro et de Kita et les difficultés d’approvisionnement en graines de coton des huileries artisanales de Koutiala et Sikasso.

Dépense journalière de 20 000 F

Le sac de 50 kg est passé de 4000 F CFA à 8000 F CFA à Bamako. Il faut débourser le double de ce montant, soit 16 000 F CFA pour avoir la même quantité à Nioro du Sahel, dans le Sahel occidental, une zone d’élevage par excellence.

Pour le député Bathily, les producteurs de lait de Bamako vendent à perte à cause de la flambée du prix de l’aliment bétail. Leur coopérative, présidée par l’ancien ministre membre du BEC de l’UDPM, Djibril Diallo, travaille avec Mali-Lait (l’industrie nationale de transformation de lait aujourd’hui privatisée) à qui le lait est vendu en raison de 300 F CFA le litre. A en croire M. Bathily, un éleveur qui possède une trentaine de têtes peut faire une dépense journalière de 20 000 F en aliment bétail. Ce qui, explique-t-il, fait une dépense mensuelle de 600 000 F CFA.

Un projet de la coopération belge mis en place avec le concours du ministère de l’Elevage et de la Pêche est en train, depuis quelques années, de valoriser l’élevage périurbain. Le projet financé par Vétérinaires sans frontières de Belgique aide des coopératives laitières à conditionner pour leur propre compte, le lait frais et à le transformer en beurre, lait caillé pour la commercialisation. Ce projet a déjà ouvert une mini-industrie laitière à Koumantou et Kéléya (cercle de Bougouni) et à Kasséla dans la périphérie de Bamako.

Abdrahamane Dicko

© Copyright Les Echos

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