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Chereté des denrées: La banane aussi
Les Maliens ne sont pas encore au bout de leurs peines en termes daccès aux denrées alimentaires. En plus des autres produits de première nécessité, ils font face aujourdhui à la montée vertigineuse du prix du kilo de la banane, dessert de beaucoup de consommateurs. Actuellement, ce sont tous les produits de consommation qui enregistrent une hausse au Mali. La banane vient aussi de se mêler de la danse à tel point que ses consommateurs ne cessent de se plaindre. Il y a quelque temps, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Thiam, affirmait lors dune conférence de presse qu« il ny a pas de problème dapprovisionnement au Mali ». Cette déclaration ne tient pas aujourdhui en ce qui concerne la banane, car notre pays nest pas approvisionné en cette denrée. Impossible de croire que « cest un camion 10 tonnes qui alimente toute une population tous les trois ou quatre jours en banane». Ce qui expliquerait en partie la montée en flèche du kilo de la banane dans la mesure où les propriétaires de camions chargés donnent la banane aux revendeurs « au prix de leur convenance tout en tenant compte du problème dapprovisionnement ». Leffet direct est que la caisse de banane est passée de 6000 F CFA à 8500 F CFA et le kilo à 350 ou 400 F CFA selon le revendeur. Incapables de maintenir leur rythme de vie (alimentation) face à cette hausse en plus de celle des autres produits de première nécessité, « les clients ne se bousculent plus devant nos commerces, beaucoup ayant renoncé à la banane », affirme Kabiné Kaba Diakité, président du syndicat des vendeurs de banane. M. Diakité ajoute que « les frais de douane au Mali et en Côte dIvoire ont connu une hausse qui affecte aussi le marché de la banane ». A ces raisons, il faut ajouter « lessoufflement » des propriétaires de bananeraies locaux. Ces derniers disent ne plus pouvoir tenir la cadence « avec les prix actuels des engrais, du carburant sans oublier lentretien des machines que la majorité deux nont dailleurs pas, doù limportation de la banane de la Côte dIvoire ». Ces machines, disent-ils, servent à ravitailler en eau leurs plantations, surtout quand il ne pleut pas comme ce fut le cas lannée dernière. Cest pourquoi, M. Diarra, président des vendeurs de banane, appelle les autorités à « agir dans le sens de la mécanisation tant attendue de notre agriculture » pour freiner la cherté de la banane. Cette mécanisation, ajoute-t-il, passe notamment par un « système dirrigation viable avec la construction des barrages ». En attendant le bout du tunnel, les nombreux consommateurs de banane vont devoir prier pour une bonne saison pluvieuse, la résolution de la crise ivoirienne et une réaction efficace des autorités pour quenfin les prix de la banane reviennent au niveau du pays réel. Ogopémo Ouologuem (stagiaire) © Copyright Les Echos Archives |
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