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Incontournable privatisation: Le Pdg de la Cmdt réclame plus de lisibilité
(Le Challenger 02/08/2007)

Au Mali, il est connu que notre secteur bancaire est lourdement handicapé par le volume très élevé des prêts improductifs, le manque de personnel qualifié et l’absence de ressources longues ou à terme, c'est-à-dire les ressources déposées pour au moins deux ans. Quant au secteur non bancaire et celui de la micro-finance, ils sont très fragiles.

C’est justement au regard de tous ces facteurs économiques défavorables que le gouvernement avait initié le Projet de développement du secteur financier (Pdsf). Ce projet est destiné à appuyer le programme de restructuration et de privatisation qui est, aujourd’hui, au centre des réformes économiques. Lesquelles portent sur des ‘’poumons économiques ‘’ du pays comme la Cmdt, l’Edm et la Sotelma dans le collimateur des privés.

En fait, le Pdsf a pour objectif d’améliorer le secteur financier de sorte qu’il puisse soutenir une croissance diversifiée du secteur privé. Ses objectifs spécifiques visent à restructurer et privatiser les banques publiques viables, renforcer les institutions financières non bancaires et améliorer l’environnement juridique du secteur financier.

Seulement voilà : la dernière intervention télévisée du président directeur général de la Cmdt, mardi dernier, suscite bien de questionnements sur les privatisations. Pour Ousmane Amion Guindo, une privatisation d’une compagnie comme la sienne a besoin d’être mûrement préparée pour éviter un échec. Or, en dehors du Pdsf, les programmes de privatisation des sociétés restent dans un contexte tout à fait flou.

Malheureusement, le Pdg. de la Cmdt n’a aucun indicateur qui lui permette de dire que la future privatisation sera faite avec les expertises nécessaires puisqu’on ne sait toujours pas qui doit gérer quoi, quelles seront les secteurs les plus ciblés, les différentes parts des associés et quelles priorités seront retenues pour la commercialisation.

Autant d’indicateurs qui lui ont permis de tirer la sonnette d’alarme. Or, l’engagement de l’Etat face aux partenaires ne saurait souffrir de remises en cause intempestives et le temps presse. Ce qui conduit l’Etat, dans les mois à venir, à faire appel à toutes ses structures compétentes en matière de privatisation et à assainir son secteur bancaire encore truffé de cadres incompétents.

Baba Dembélé

© Copyright Le Challenger

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