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La coopération française
au Mali: 2001 : LA CONSTANCE DANS LES PRIORITÉS (L'Essor 14/08/2002)
Le bilan de la coopération française
au Mali pour 2001 était le thème principal de la conférence
de presse animée vendredi en sa résidence par l'ambassadeur de France,
Christian Connan. D'entrée de jeu, le diplomate relèvera que le
montant de l'aide publique au développement (APD) a légèrement
décru en 2001, passant de 40 à 36 milliards de FCFA. Cette diminution,
s'empressera de préciser le conférencier, était conjoncturelle
et l'APD a repris sa progression dès 2002. Les raisons de la baisse
conjoncturelle de l'APD se résument selon Christian Connan en trois points
: le retard dans l'exécution de certains projets de 2000, notamment celui
du secteur coton dont les décaissements ne commenceront qu'en 2002, le
problème de décaissement pour les nouveaux projets et le retard
dans la mise en route de certains projets. L'effet de ces retards, donc de la
diminution de l'aide, n'aura été que passager, les décaissements
s'effectuant, en effet, à un rythme soutenu depuis début 2002. Ceux-ci
devraient ainsi atteindre 18 milliards cette année, contre un peu plus
de 12 milliards en 2001. Le montant de 36 milliards, rappellera également
Christian Connan, ne prend pas en compte le financement de certains projets dont
le barrage de Manantali (5 milliards), les aides apportées dans le cadre
de jumelages entre certaines de nos communes et des départements et régions
de France (environ 5 milliards), et celle dite militaire, chiffrée à
2,7 milliards. En comptabilisant le montant des aides évoquées plus
haut, on aboutirait à un total d'environ 48 milliards d'aide au titre de
l'année 2001. Outre le barrage de Manantali, la coopération
française au Mali pour 2001 a concerné d'autres projets importants
dont la CAN 2002 que notre pays a abritée en janvier-février, le
Fonds de solidarité consacré au co-développement, l'appui
à la décentralisation et la relance de la coopération dans
le domaine de la recherche. Christian Connan ne manquera pas de souligner l'ampleur
prise par les nouvelles formes de coopération dite institutionnelle. De
plus en plus, dira-t-il, des hôpitaux, des universités, des écoles,
des chambres de commerce et d'industrie et d'autres organismes français
concluent des accords de jumelage avec le Mali. A l'heure actuelle, chaque
hôpital malien entretient un partenariat permanent avec un hôpital
hexagonal, ce qui se traduit par des séjours de médecins français
dans notre pays et des stages de nos compatriotes en France. L'ambassade, a assuré
Christian Connan, "s'efforce de soutenir les institutions qui s'engagent
dans ces partenariats car, ceux-ci s'inscrivent dans la durée, permettant
de nouer des relations humaines sans lesquelles il n'est pas de coopération
efficace". La répartition des crédits par secteur est restée
comparable à ce qu'elle était les années précédentes
avec toutefois la montée en puissance des aides à la décentralisation.
Trois secteurs ont bénéficié en priorité de l'APD
: le développement rural et l'environnement (15 milliards), l'éducation
(environ 7 milliards), la décentralisation et le développement institutionnel,
c'est-à-dire l'assistance technique aux administrations (un peu plus de
6 milliards). A l'actif de la coopération française, figure
également l'aide au retour des migrants dans leur pays d'origine. Celle-ci
concerne trois procédures de retour : le retour spontané, le rapatriement
humanitaire et les personnes invitées à quitter la France (IQF).
Au total, 36 personnes ont bénéficié de cette aide en 2001.
Interpellé sur le sempiternel problème de visa, le diplomate
français s'est contenté de donner rendez-vous à ses interlocuteurs
en septembre pour faire le bilan. "Si je fais une quelconque déclaration
aujourd'hui, tous les journaux vont titrer sur cela dès demain. Des changements
sont actuellement en étude, on en reparlera en septembre, lorsque tout
sera prêt", a simplement proposé Christian Connan. S.
B. TOUNKARA © Copyright L'Essor Nouvelles
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