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Rapport Banque Mondiale sur le diagnostic des infrastructures : Le Mali a besoin de 500 milliards de FCFA par an en 10 ans pour réaliser ses objectifs Le diagnostic des infrastructures nationales en Afrique (AICD) est un projet conçu pour élargir la connaissance mondiale de l'infrastructure physique de l'Afrique. Il constitue une base de données par rapport à laquelle les futures améliorations de l'infrastructure pourront être mesurées, de façon à pouvoir suivre les résultats obtenus avec le support des bailleurs de fonds. Le document est basé sur un effort de récolte des données économiques et techniques détaillées sur les secteurs infrastructurels africains. La première phase de l'AICD s'est concentrée sur 24 pays représentant ensemble 85% du PIB de la population et des flux de l'aide aux infrastructures en Afrique subsaharienne. Les différents secteurs de l'infrastructure concernés par le diagnostic sont l'énergie, les transports, l'irrigation, l'eau, l'assainissement, les nouvelles technologies de l'information et de la communication. L'important travail de terrain a permis de dresser dix constats clés : Plus de la moitié des gains en matière de croissance en Afrique est due aux infrastructures et la contribution à la croissance de ces dernières pourrait être encore plus importante à l'avenir ; les réseaux d'infrastructure africains sont de plus en plus à la traîne par rapport à ceux d'autres pays en développement, ils se caractérisent par un manque de connexions régionales ainsi que par une stagnation de l'accès offert aux individus ; la géographie économique difficile de l'Afrique représente un défi majeur pour le développement de l'infrastructure de la région ; le coût des services d'infrastructure africaine est deux fois plus élevé qu'ailleurs, reflétant ainsi à la fois l'absence d'économique d'échelle au niveau de la production et les marges bénéficiaires élevées résultant d'un manque de compétition. Aussi, d'après les constats l'énergie est de loin le plus gros défi infrastructurel de l'Afrique : une trentaine de pays sont ainsi régulièrement confrontés à des pénuries d'électricité et beaucoup payent un prix élevé pour une alimentation électrique de secours ; les coûts nécessaires à la satisfaction des besoins d'infrastructures africains sont plus de deux fois supérieurs aux estimations faires en 2005 par la Commission pour l'Afrique : environ 93 milliards de dollars américain par an, dont environ un tiers pour la maintenance. Le rapport pays de l'AICD relatif à l'état des infrastructures au Mali souligne des constats pertinents : les routes du Mali ne sont pas en général en bon état ; une faiblesse dans l'accessibilité rurale, faiblesse de dépense dans l'entretien routier mais le pays fournit un effort pour maintenir les routes régionales en bon état. Toujours d'après le document, les coûts des transports routiers freinent l'économie, le bien-être et la compétitivité. Ainsi, les experts préconisent un développement et la fortification des autres modes de transports. Car le constat est que le volume de trafic de Transrail est faible bien qu'il ait accès à une plus grande demande interne, les voies ferrées de Transrail sont sous-utilisées. Concernant le transport aérien, le rapport révèle que le marché aérien est en déclin, il a perdu progressivement la connectivité internationale. Les secteurs de l'eau potable et l'assainissement ont connu des améliorations modérées mais l'écart rural-urbain persiste et EDM-SA a des problèmes financiers qui menacent son bon fonctionnement. Toujours, d'après le rapport de la Banque Mondiale, il est urgent de réduire les coûts de l'électricité. Cependant, il ressort une pénétration du service du GSM même si la couverture téléphonique du nord du pays est rendue plus difficile par les conditions géographiques et démographiques. Pour remédier au déficit infrastructurel, le rapport évalue à un milliard de dollars EU par an et sur dix ans le besoin du Mali. Déjà notre pays consacre 555 millions de dollars EU par an aux infrastructures dont les dépenses les plus élevées sont consacrées aux transports. Malheureusement, le document fait ressortir que les inefficacités représentent un gaspillage de 200 millions de dollars par an et l'élimination de cet écart d'efficacité permettrait au pays d'accélérer d'au moins 35 ans le développement des infrastructures. Pour combler le déficit restant de financement de 283 millions de dollars par an, il faudra adopter une stratégie d'investissements avec des options alternatives technologiques plus modestes et trouver les financements suffisants. Youssouf CAMARA © Copyright L'Indépendant |