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Anciens textiles ouest africains: La promotion par la propriété
intellectuelle La problématique de la protection et de la promotion des anciens textiles Ouest africains, depuis quelques années, revient de façon récurrente dans le débat sur la valorisation de lactivité de milliers dartisans africains. Les anciens textiles africains que sont le kente, le bogolan, lindigo, le korhugo, etc, depuis quelques années ont pris de la valeur sur le marché international. Mais, sans un véritable système de protection, le caractère unique et particulier de ces textiles de lAfrique de lOuest, inspire de multiples créateurs qui nourrissent un marché très rentable de copies et de contre façon. Pour minimiser ce fléau, le mussée national du Mali, en partenariat avec Light years IP, organise depuis le 28 juillet 2009, un atelier de sensibilisation des artistes, des artisans et des décideurs du Mali et de la sous région, sur les enjeux et limportance des stratégies daffaires basées sur le développement dapproches de la propriété intellectuelle. Moctar Fall, expert venu du Sénégal, a indiqué que latelier vise à protéger et à promouvoir le textile afin daccroître les revenus des artisans, considérés comme les «gardiens» et promoteurs des techniques ancêtres. Pour sa part, Pauline Tiffen, représentante de Light Years IP a rappelé que le textile a une signification et une dimension à la fois culturelle et économique dans la plupart des pays de lAfrique de lOuest. Elle a indiqué que les anciens textiles africains, que sont le kenté, le bogolan, lindigo, le korhugo, sont aujourdhui victimes de leur popularité sur le marché international. Selon elle, les anciens textiles africains, sur toute létendue de lAfrique de lOuest, constituent des formes irréfutables de Propriété intellectuelle et de valeur ajoutée intangible. «Paradoxalement, très peu dartistes et dartisans en Afrique, sont informés sur les possibilités dutilisation des outils de la propriété intellectuelle comme moyens de protection de leur création, en vue daccroître leurs revenus à lexportation», a-t-elle regretté. Avant dajouter quil est temps pour lAfrique de lOuest de repositionner et de renforcer son industrie textile sur le marché mondial en utilisant les mêmes outils que lindustrie textile occidentale pour identifier et capturer toute la valeur de la propriété intellectuelle qui y est attachée. Et comme latelier de Bamako fait suite à des travaux de recherche exhaustive menés en 2008 sur le tissu traditionnel africain, notamment le Bogolan, les participants venus de la Guinée-Bisau, Sénégal, Ghana, Burkina Faso, Côte dIvoire et Ethiopie, pendant deux jours, vont discuter les conclusions de cette étude, afin de tirer les leçons et enseignements utiles. Au cours de latelier, laccent sera également mis sur la gamme de textiles extrêmement variée et unique à la région ouest africaine pour déterminer avec chaque groupe et collectivement comment les stratégies commerciales en matière de propriété intellectuelle peuvent contribuer à leur promotion et à leur protection. Selon Moctar Fall, expert venu du Sénégal, latelier sera mis à profit pour identifier les bénéficiaires potentiels de ces stratégies et de les aider à comprendre le rôle de plus en plus important que joue la propriété intellectuelle sur les marchés internationaux et son impact sur le secteur des affaires. En réalité, cet atelier marque le départ dun partenariat qui vise à assister les artisans à acquérir certaines compétences de base nécessaires pour déterminer si leurs produits ont des caractéristiques distinctives et génèrent une valeur intangible lorsque proposés sur le marché de destination. Mme Pauline Tiffen a conclu que latelier de Bamako analysera les défis à relever au plan local, les opportunités à saisir au plan international et les approches les plus appropriées pour mieux appuyer les efforts déployés par chaque pays afin de relever durablement le niveau des recettes dexportation des producteurs à faibles revenus, à travers lélaboration et la mise en uvre dune stratégie de Propriété intellectuelle. Assane Koné © Copyright Le Républicain |