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Secteur bancaire et financier dans lUEMOA: des réponses
appropriées a la crise internationale (L'Essor 02/07/2009) Face
au recul de l'activité, la BCEAO a pris dimportantes mesures pour
soutenir le secteur afin de permettre à la zone de retrouver le chemin
de la croissance. Après Dakar en 2007 et Abidjan lannée
dernière, les responsables de la Banque centrale des États de l'Afrique
de l'Ouest (BCEAO) et les directeurs généraux des banques et établissements
financiers de l'Union économique monétaire ouest-africaine sont
réunis depuis hier dans notre pays. Cette troisième rencontre
périodique du genre s'est ouverte dans la salle Union africaine de l'hôtel
Laico de l'Amitié de Bamako. Le thème du rendez-vous de cette
année est dune brûlante actualité : "L'action de
la BCEAO dans le contexte de la crise financière et économique mondiale".
Exactement 113 responsables de banques et établissements financiers de
l'UEMOA prennent part au rendez-vous bamakois. La cérémonie d'ouverture
de la rencontre a été présidée par le ministre de
l'Économie et des Finances, Sanoussi Touré, qui avait à ses
côtés le gouverneur de la BCEAO, Philippe-Henri Dacoury-Tabley et
le président de la Fédération des associations professionnelles
des banques et établissements financiers de l'Uemoa (FAPBEF-UEMOA), Zakari
Darou-Salim. Cette rencontre annuelle initiée par la Banque centrale
entend créer les conditions de développement du secteur bancaire
afin de remédier à la faiblesse de l'intermédiation bancaire
et financière dans l'espace UEMOA. Pendant deux jours, les participants
venant des pays de l'Union discutent de divers thèmes susceptibles dapporter
des réponses à la double crise économique et financière
mondiale dans notre espace économique et monétaire. Le patron
de la BCEAO, Philippe-Henri Dacoury-Tabley, a présenté la communication
introductive relative au thème central de la conférence. Son exposé
sur "l'action de la BCEAO dans le contexte de la crise financière
et économique mondiale" a été suivi par une table ronde
qui s'est penchée sur "la conduite de la politique monétaire
et les réactions du système bancaire aux signaux de la Banque centrale".
Le panel présidé par le président de la FAPBEF-UEMOA,
Zakari Darou-Salim, sest penché sur deux sous-thèmes : "le
dispositif de gestion monétaire et les réactions souhaitées
par la Banque centrale" et "la perception par le système bancaire
des signaux de la Banque centrale", présentés respectivement
par un conseiller du gouverneur et le directeur général de ECOBANK
au Burkina Faso. CONSOMMATION ET INVESTISSEMENTS EN BAISSE. Dans l'après-midi,
Philippe Henri Dacoury-Tabley, les opérateurs du secteur financier et ses
collaborateurs ont ensemble analysé les contraintes qui pèsent sur
le financement de l'économie au sein de l'Union et les approches possibles
pour lever ces contraintes. Les travaux se sont poursuivis par la présentation
de communications sur le relèvement du capital social minimum des banques
et établissements financiers, présenté par le secrétaire
général de la Commission bancaire, sur l'interconnexion des banques
au Centre de traitement monétique interbancaire de l'Uemoa (CTMI-UEMOA)
et sur la mise en production de la centrale des incidents de paiement. Les deux
derniers thèmes ont été présentés par le gouverneur
lui-même. Le patron de la BCEAO a confirmé que les effets de
la crise financière internationale étaient perceptibles sur nos
économies. Les indicateurs de conjoncture ont, en effet, clairement montré
un recul de l'activité dans un nombre de plus en plus important de secteurs.
Les manifestations prennent diverses formes dans notre espace économique
où leurs effets conjugués ont négativement influé
sur la consommation et l'investissement. Dans le secteur financier, des indices
de recul de l'activité sautent à l'il. La progression de l'encours
des crédits à l'économie a ainsi sensiblement ralenti en
un an, passant de 22% en mai 2008 à 11% en mai dernier. La liquidité
globale croît également à un rythme modéré en
liaison avec un tassement relatif des dépôts. Philippe-Henri
Dacoury-Tabley juge que si des dispositions idoines ne sont pas prises pour circonscrire
les effets de la crise, celle-ci risque d'aggraver les problèmes sociaux
déjà aigus dans certains pays, en plus de l'affaiblissement de la
croissance économique dans l'Union. La BCEAO a, pour sa part, pris des
mesures conservatoires pour arrêter la montée de l'eau. Lune
delles consiste à organiser une forte mobilisation pour voler au
secours des Etats et des agents économiques et les aider à surmonter
les difficultés économiques actuelles et retrouver le plus rapidement
possible le chemin de la croissance. UN NIVEAU DE LIQUIDITE OPTIMAL. La
Banque centrale a aussi pris des mesures importantes pour détendre la pression
sur la liquidité bancaire et soutenir l'activité économique.
A cet effet, elle a décidé de maintenir un niveau de liquidité
optimal pour le système bancaire de l'Union en accroissant les montants
mis à la disposition des banques, chaque semaine, grâce à
des opérations d'adjudication d'injection de liquidités. Par
ailleurs, pour répondre aux besoins structurels des banques, linstitut
démission a ouvert une nouvelle maturité à un mois
sur le marché monétaire. A cette mesure se greffe la décision
de la Banque centrale de réduire le niveau des taux directeurs d'émission,
créant ainsi les conditions pour les autres banques de diminuer les taux
d'intérêt débiteurs sur les crédits à la clientèle.
Le taux de pension, taux maximum auquel les établissements de crédit
peuvent se financer auprès de la Banque centrale a, lui aussi, été
réduit, passant de 4,75 à 4,25%. Cette action de détente
est confortée dans la plupart des pays par une baisse significative des
coefficients de réserves obligatoires applicables aux banques. La Banque
centrale a également renforcé, dès les premiers signes de
la crise, les mesures pour préserver ses réserves de change en sécurisant
les moyens de règlement des transactions extérieures. Ces mesures
ont été saluées pour leurs effets sur les politiques de relance
des économies de l'Union, a noté le ministre de l'Économie
et des Finances, Sanoussi Touré. Celui-ci a déploré le
fait que la crise économique est en passe de compromettre les progrès
accomplis ces dernières années par les pays de la zone. Les réponses
ainsi apportées par la Banque centrale, notamment en ce qui concerne les
opérations d'injection de liquidités sur le marché monétaire
et la diversification des maturités, ont été des réponses
appropriées en ces moments difficiles. Et Sanoussi Touré d'exhorter
l'ensemble des acteurs du secteur financier à l'action pendant cette période
difficile. Car, c'est maintenant qu'aussi bien les Etats que les populations ont
besoin de sentir leur présence à leurs côtés. A cet
égard, il a lancé un appel à redoubler d'ardeur pour mobiliser
plus de ressources internes et mieux les canaliser vers les secteurs de base notamment
le secteur agricole et celui des infrastructures. LAFRIQUE NE POUVAIT
Y ECHAPPER "Les banques de l'Union économique et monétaire
ouest-africaine ne sont pas certes pas à l'abri de la crise. La crise de
confiance et la conjoncture économique défavorable constituent des
freins au financement de léconomie. Mais nos banques sont, en général,
solides et devraient afficher des actions de fonds propres élevés
avec la mise en uvre de la décision de relèvement du capital
social minimum. Dans l'ensemble, elles continuent de réaliser des bénéfices,
notamment parce qu'elles disposent de sources régulières de revenus.
Elles sont moins vulnérables aux conditions de refinancement sur le marché
». Cette analyse apaisante est du président de la Fédération
des associations des professionnelles des banques et établissements financiers
(FAPBEF), Zakari Darou-Salam. Il a tenu ses propos à l'ouverture des travaux
de la rencontre entre la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest et
les directeurs généraux des banques et établissements financiers
de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (voir article
ci-contre). Après avoir frappé les pays développés,
les effets de la crise (au début financière, et maintenant économique
et social) commencent à se faire sentir sur les pays en voie de développement.
Il y a environ six mois, l'Afrique pouvait encore se sentir à l'abri
de cette crise. Mais depuis, les turbulences financières se sont fortement
intensifiées et se sont étendues rapidement du secteur financier
à l'économie réelle. Aujourd'hui, les conséquences
se traduisent dans nos pays par la baisse des recettes, des transferts de nos
émigrés, des investissements directs étrangers et du commerce
régional. Pour la zone Uemoa, précise Zakari Darou-Salam, la
récession mondiale a notamment provoqué la baisse des cours des
matières premières. Ce qui affecte l'activité économique
faisant peser des risques sur la stabilité macroéconomique et sur
les perspectives de croissance. Les activités industrielles et commerciales
sont évidemment affectées. Les secteur de l'immobilier subit à
des degrés divers dans les pays de l'Union, les effets de la crise. C'est
pourquoi, la FAPBEF-UEMOA salue les mesures prises par la Banque centrale. Les
signaux ainsi envoyés au secteur bancaire de l'Union permettent selon notre
interlocuteur, de redonner confiance aux agents économiques. Les actions
sur les instruments de politique monétaire (principalement le taux directeur),
sur le marché monétaire, et les réserves obligatoires afin
d'assurer la liquidité de l'ensemble du système bancaire, contribueront
à terme, à la relance des investissements des entreprises et à
laugmentation de la consommation des ménages. A. O. Diallo ©
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