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Privatisation de la SOTELMA - L’Etat tend la perche aux investisseurs nationaux !
(Challenger 31/07/2008)

Après la rencontre des investisseurs étrangers intéressés par la privatisation de la Sotelma tenue le 3 juillet à Paris, le gouvernement a engagé le dialogue avec les nationaux mardi dernier 29 juillet au CICB. Objectif : donner l'opportunité à ces derniers de participer au capital de l'opérateur historique de télécommunication comme le prévoit la Lettre d'orientation stratégique qui accorde 19% du capital au privé national.

La conférence était animée par le ministre de la Communication et des nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, qui avait à ses côtés celui des finances, M. Abou-Bacar Traoré, le Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali, Jamille Bittar. Il y avait, naturellement, le Pdg de la Sotelma, mais aussi le représentant de la Société de Gestion et d'intermédiation en bourse du Mali (SGI), Alassane Sissoko. On notait également la présence de nombreux investisseurs.

Le ministre de la Communication et des nouvelles technologies a tenu à rappeler le contexte dans lequel se tient ce processus de privatisation. Celui-ci, dit-elle, est conforme à la Lettre d'orientation stratégique. Laquelle lettre fixe les grandes orientations de la réforme du secteur avec les objectifs principaux, par exemple : accroître l'offre de services téléphoniques et faciliter l'accès aux services de télécommunications au plus grand nombre d'usagers, en particulier en zone rurale ; offrir un service varié et de bonne qualité à des prix concurrentiels qui soit orienté vers les coûts réels et augmenter les investissements productifs privés, nationaux et internationaux dans ce secteur ; améliorer l'utilisation des ressources limitées (les fréquences).

Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement a décidé d'articuler sa démarche autour de deux axes stratégiques, à savoir : l'ouverture du secteur à la concurrence et l'ouverture du capital de la Sotelma.

En effet, la privatisation de la Sotelma prévoit une structuration du capital de sorte que 51% seront cédés au repreneur stratégique, 19% aux privés nationaux, 10% aux travailleurs de l'entreprise et les 20% restants demeurent la propriété de l'Etat.

Selon la ministre, cette rencontre s'inscrit dans le cadre du dialogue et la communication dont la première étape reste l'explication du contexte allié de l'intérêt de l'Etat de voir les nationaux et des institutions prendre une option résolue pour le développement du secteur de télécommunication en acceptant d'investir.

Elle a expliqué que l'un des résultats positifs de la réforme fut incontestablement la nette amélioration de l'offre des services téléphoniques ramenée à un coût relativement accessible pour les populations, toutes choses qui ont aidé à démocratiser le téléphone en augmentant le nombre des usagers.

Ce qui fait dire à Mariam Flantié Diallo que le Mali est dans le peloton de tête des Etats qui ont le mieux amélioré ses pénétrations téléphoniques grâce à l'action croisée des deux opérateurs qui détiennent la licence de l'établissement et l'exploitation des réseaux de télécommunication. Ainsi, dénombrait-on fin février 2008 plus de 2,4 millions abonnés mobiles et près 90.000 abonnés fixes.

La privatisation se fera sur deux étapes. D'ici la fin de 2008 ; il y aura la prise du capital de la Sotelma par un partenaire stratégique et son ouverture aux salariés. Puis les investisseurs nationaux et autres petits porteurs seront appelés à participer au capital.

Avec un capital de 8,7 milliards de F CFA, la Sotelma emploie quelque 1382 agents permanents et 139 occasionnels. La société a enregistré un chiffre d'affaires de plus de 70 milliards de FCFA en 2007 et un bilan total de 176 milliards la même année.

Avec ces indicateurs, le Pdg Lassana N'Diaye a rassuré les investisseurs de sa conviction que sa société est promise à un bel avenir avec des atouts comme la plus forte connaissance du marché, la disponibilité d'un réseau direct de distribution, une clientèle existante et fidèle et la disponibilité des infrastructures techniques et modernes etc.

Les 19% des actions, soit 167 408 actions à la valeur nominale de 10. 000 F CFA font un peu plus de 1,6 milliard CFA, sauf que la valeur réelle reste à déterminer. Ces actions feront l'objet d'une vente publique et la vente se fera dans les guichets de la Sgi. Le délai des souscriptions prévu pour un mois peut être diminué ou être revu à la hausse en fonction du nombre de souscriptions. Au final, le ministre des Finances, Abou-Bacar Traoré, a dressé un tableau de l'environnement économique du Mali tout en indiquant aux participants qu'il est propice pour les investissements.

Ousmane Coulibaly

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