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Un marché de vente de 10 000 tonnes de riz Au moment où le président de la République se penche sur la moralisation des marchés publics avec la création prochaine dune Agence, ce domaine se signale en mal. La semaine dernière, nous parlions du recrutement dun consultant par le ministère de lEquipement et des Transports où le moins disant a été écarté au profit du plus disant, ce qui a provoqué lire du principal bailleur de fonds. Aujourdhui, lappel doffres de 20 000 tonnes de riz dont 10 000 tonnes attribuées au GGB de Bakoré Sylla pour un montant de 3,6 milliards de F CFA va immanquablement défrayer une fois de plus la chronique. Lopération remonte à février 2008 quand le gouvernement a obtenu auprès dun pool bancaire dirigé par la Banque nationale pour le développement agricole (BNDA), le financement de lachat de 20 000 tonnes de riz local pour 5,7 milliards de nos francs. Au niveau de la région de Ségou une organisation paysanne dénommée Pacem et des opérateurs économiques locaux ont été retenus pour 4000 tonnes. Pour le district de Bamako, loffre des mêmes postulants de Ségou de même que GGB de Bakoré Sylla et GDCM de Modibo Kéita la emporté. Cette offre portant sur le riz local a été plus tard abandonnée au profit du riz importé (thaïlandais et indien) en vue de faire face à la crise céréalière. Cest ainsi quune nouvelle offre a été lancée par lOffice des produits agricoles du Mali (Opam) et le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) avec des soumissionnaires comme GGB, GDCM, Fikane-SA, SMCC-SA, Astan Kouma. Loffre de Fikena-SA (335 000 F la tonne à Bamako) et celles dAstan Kouma et SMCC-SA qui ont proposé chacune 350 000 F la tonne à Bamako ont été jugées moins disant. GGB de Bakoré avait proposé 360 000 F CFA la tonne à Bamako et Mopti et 370 000 F à Gao. GDCM de Modibo Kéita avait été écarté pour avoir proposé une autre qualité de riz que celle recommandée par lappel doffres, cest-à-dire le riz thaïlandais et indien. Le gouvernement juge et partie ? Quoiquil soit le plus offrant, GGB a finalement eu la grosse part du gâteau avec 10 000 tonnes, soit 3,6 milliards de F CFA. Il est secondé par la dame Astan Kouma qui a eu 2500 tonnes ou 875 millions de F CFA. Comment le plus disant soffre un marché remporté par des moins disant ? Y a-t-il eu favoritisme ou délit dinitié dans cette affaire ? Le PDG de lOpam, Youssouf M. Touré que nous avons rapproché dit ne rien reproché à la commission de dépouillement composée des agents du Trésor public, du CSA et de lOpam. Dans la note technique quil a bien voulu lire en notre présence, la Primature via le CSA a fait injonction à lOpam de lui envoyer les documents de loffre. La démarche de la Primature visait, selon le PDG, à voir sil ny a pas eu faille dans lopération. Il faut préciser que des voix sétaient élevées pour protester contre les conditions dattribution de loffre. Ces protestations ont été certainement entendues en haut lieu. Le document mis à la disposition de la Primature le 28 mai y a passé 18 jours. Entre-temps, les trois adjudicataires (Fikane-SA, SMCC-SA et Astan Kouma) se sont désistés. Aux dires du PDG, ces derniers ont signifié quils nétaient plus en mesure dhonorer leurs engagements pour des raisons de délai et dengagement avec leurs fournisseurs. Cest ainsi que GGB Bakoré Sylla étant seul en course et ayant manifesté son intérêt et sa capacité à satisfaire le marché a été retenu. La question quon est en droit de se poser est de savoir les raisons de limplication de la Primature dans un appel doffres attribué à des sociétés dont loffre respecte toutes les conditions de forme et de fonds. Est-ce que le mécontentement dun individu doit-il empêcher lattribution du marché aux plus méritants ou le gouvernement est-il juge et partie dans cette nième affaire scabreuse ? Abdrahamane Dicko © Copyright Les Echos Archives |