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Engrais phosphatés : d'énormes potentiels inexploités (L'Essor
30/07/2008) Actuellement la production nationale d'engrais est assurée
par l'usine toguna Notre pays dispose d'importantes réserves de phosphates
naturels. Rien que dans le Tilemsi elles sont estimées à 20 millions
de tonnes L'économie malienne repose essentiellement sur l'agriculture
qui contribue au Produit intérieur brut (PIB) à hauteur de 40%.
La part des produits agricoles dans les exportations est estimée à
60%. Les exploitants agricoles, pour améliorer leurs productions et productivités,
utilisent les fertilisants, composés entre autres d'engrais chimiques originaires
ou en provenance des pays de la Cedeao, des pays tiers ou produits localement. Ainsi,
les engrais utilisés au Mali proviennent des importations et de la production
nationale. Le prix de l'engrais, quant à lui, est lié aux fluctuations
du prix de ce produit sur le marché international. Les importations
d'engrais proviennent essentiellement du Sénégal, de la Côte
d'Ivoire, du Nigeria, d'Europe et d'Asie. Elles sont assurées essentiellement
par huit opérateurs économiques qui approvisionnent le pays en engrais
minéraux ou chimiques azotés, en engrais chimiques phosphatés,
en engrais potassiques et en engrais chimiques contenant deux ou trois éléments
fertilisants (azote, phosphore et potassium). A l'heure actuelle, la production
nationale d'engrais est assurée par Toguna qui importe du phosphate, de
l'ammoniac, de la potasse et de l'urée pour fabriquer entre autres, des
complexes riz, maïs, coton destinés au marché national et sous-régional.
La production annuelle de Toguna avoisine les 200 000 tonnes par an. Parallèlement
à cette situation, le Mali dispose d'importants gisements de phosphates
naturels au Nord-Est de son territoire. Mais à ce jour, un seul gisement
dont l'exploitation est aujourd'hui interrompue, a fait l'objet d'exploitation
en raison de l'importance de ses réserves (20 millions de tonnes), de la
qualité du minerai, de son accès facile et de sa disponibilité
à ciel ouvert. Deux autres gisements dont les réserves n'ont
pas encore été évaluées, se trouvent dans la même
zone, dans la vallée de Tilemsi (localité de Bourem située
à un peu plus de de 1200 km de la capitale). 20% des terres. Des
études approndies indiquent que les principaux constituants des phosphates
naturels de Tilemsi sont le phosphore avec une teneur moyenne de 28% et le calcium
avec une teneur de 42% à 45%. Les sols cultivables du Mali étant
caractérisés le plus souvent par leur pauvreté en phosphore,
l'utilisation des engrais phosphatés est perçue comme un moyen d'intensification
de l'agriculture. L'exploitation des gisements de phosphate a débuté
en 1976 avec la Société d'exploitation des phosphates de Tilemsi
SA (SEPT-SA) qui fut dissoute en 2005. Les installations de la SEPT-SA, d'une
capacité de 36 000 tonnes par an, comportaient une unité de production
d'électricité, un broyeur, des machines de criblage, de cyclonage
et d'ensachage, des équipements de stockage. Adama Konaté, conseiller
technique chargé de l'industrie au ministère de l'Economie, de l'industrie
et du Commerce, précédemment directeur national de l'industrie,
explique que les principaux obstales au développement de l'utilisation
des phosphates de Tilemsi dans l'agriculture malienne sont liées à
leur forme pulvérulente et poussiéreuse et à la lenteur de
leur solubilisation. Ce qui fait que le produit est peu prisé par la majorité
des utilisateurs. Aussi la solution la plus simple, selon lui, passe par la modification
de cet état poussiéreux en granulant la poudre pour un produit mieux
élaboré. Le Mali étant un pays à vocation agricole
(80% de la population est agricole) et compte tenu du fait que moins de 20% des
terres cultivées reçoivent des engrais, il s'avère opportun
d'envisager dans les meilleurs délais les possibilités de valoriser
les phosphates naturels du Tilemsi pour les besoins de notre agriculture et ceux
des pays de la sous-région ouest africaine. Le développement
du réseau routier national et la réalisation du barrage hydroélectrique
de Taoussa contribueront à la réussite de cette exploitation. La
réalisation de l'unité d'exploitation de phosphates naturels de
Tilemsi d'une capacité annuelle de 500 000 tonnes extensibles à
1 million de tonnes pour les besoins du Mali et l'exportation peut être
envisagée ainsi que la production d'autres engrais à base de phosphate.
DE
GROS BESOINS NATIONAUX Entre 2000 à 2006, notre pays a consommé
en moyenne 140 000 tonnes d'engrais par an. Cette consommation pourrait augmenter
avec la mise en oeuvre de "l'Initiative riz". Raison pour laquelle,
le gouvernement envisage d'accorder un soutien direct aux producteurs en vue de
leur permettre d'acquérir de l'engrais dont le prix a augmenté sur
le marché international. Par ailleurs, notre pays dispose d'un marché
potentiel dans la sous région bien que lui-même soit dépendant
des importations. De 2001 à 2006, les producteurs ont exporté de
l'engrais au niveau de la sous région à hauteur de 213 395 780 Fcfa.
Ces exportations ont porté, entre autres, sur le sulfate d'ammonium, le
nitrate d'ammonium, l'urée, le nitrate de sodium ainsi que de l'engrais
d'origine animale ou végétale. Le prix moyen CAF à l'exportation
de 2001 à 2006 a été de 255,70 Fcfa soit environ 12 785 Fcfa
le sac de 50 Kg contre 8 785 Fcfa à l'importation. Les exportations ont
permis aux opérateurs économiques de réaliser une marge qui
avoisine les 4000 Fcfa par sac de 50 Kg. Aujourd'hui, les prix communiqués
par les opérateurs économiques sont les suivants : DAP: 25 000 Fcfa/50Kg,
Urée : 17000 Fcfa/50Kg, Complexes : 20 000 Fcfa/50Kg. Au niveau du PDES,
la relance de l'exploitation des phosphates naturels du Tilemsi est envisagé.
F. M. © Copyright L'Essor
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