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Privatisation de la BIM: un coup de maître (L'Essor
28/07/2008) L'opération qui rapportera 39,3 milliards Fcfa au Trésor
public, devra servir de cas d'école pour les autres privatisations à
venir. C'est l'aboutissement d'une opération rondement menée
: le processus de cession aux privés, des actions de l'État dans
le capital de la Banque internationale pour le Mali (BIM) est arrivé à
son terme. C'est ce matin en principe que l'État et l'adjudicataire provisoire,
la banque marocaine Attijariwafa Bank, doivent signer le contrat de cession des
51% d'actions publiques dans le capital de la banque. En prélude à
cet événement, le Premier ministre, Modibo Sidibé accompagné
du ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré et son homologue de l'Élevage
et de la Pêche, Mme Ba Madeleine Diallo, représentant son collègue
de l'Économie, de l'Industrie et du Commerce, étaient vendredi à
Koulouba pour une cérémonie de restitution des résultats
du processus de privatisation de la banque, au président de la République. Amadou
Toumani Touré a été informé des péripéties
du long processus et des critères de gouvernance qui ont prévalu
lors des négociations. Un comité technique avait été
mis en place auprès du ministre des Finances pour conduire le processus,
a expliqué Abou-Bakar Traoré. Présidé par Sidi Seck,
(conseiller technique au ministère des Finances), il était composé
du PDG de la BIM, des représentants des ministères en charge de
l'Économie, de l'Industrie et du Commerce, des Finances, de la Justice,
du Trésor public, de la BCEAO et du Programme du développement du
secteur financier (PDSF). La structure était assistée dans cette
tâche par un cabinet de conseil. TRANSPARENCE ET BONNE ORGANISATION.
L'opération rapportera au Trésor public 60 millions d'euros, soit
près de 39,3 milliards de Fcfa. Une véritable bouffée d'oxygène
en cette période de conjoncture économique mondiale difficile. C'est
la première fois, dans l'histoire des privatisations ou des cessions d'actifs
au Mali, qu'une opération apporte autant d'argent, s'est félicité
le ministre Abou-Bakar Traoré. Il a cité, entre autres exemples,
le cas de l'Huicoma cédée au groupe Tomota à 9 milliards
de Fcfa, de l'ex-BMCD rachetée par la BDM à 4,5 milliards de Fcfa
et de Ikatel (aujourd'hui Orange-Mali) dont la licence a rapporté 30 milliards
Fcfa. Abou-Bakar Traoré a assuré que la transparence et la bonne
organisation, qui ont accompagné le processus, ont contribué à
rehausser l'image et la crédibilité de notre pays auprès
de la communauté financière internationale. Le ministre a assuré
que dans l'espace de l'Union économique et monétaire ouest-africaine
(Uemoa), le prix de la session des actions de la BIM a été plus
élevé que dans toutes les opérations similaires organisées
dans les pays voisins. Un motif supplémentaire de satisfaction, a noté
Amadou Toumani Touré, qui a promis de veiller comme il l'a toujours fait,
sur les intérêts du pays. Le président de la République
a promis que la technicité qui a prévalu lors de ce processus sera
reconduite et améliorée lors des opérations du genre à
venir. Un petit rappel historique pour comprendre comment tout cela s'est passé.
C'est en 1995, que l'État a été déclaré comme
séquestre des actions de la BIM appelée à l'époque
Banque internationale de l'Afrique de l'Ouest (BIAO). C'était à
la suite du contentieux et des grosses difficultés que connaissait la banque.
Un an après le séquestre, l'État acquit le titre de propriété
de la banque en obtenant 61,5% des actions pour l'appui financier qu'il lui avait
apporté. Les 36,5% restant du capital seront détenus par des personnes
morales maliennes (17%) et des personnes physiques maliennes (21,5%). Une administration
provisoire fut mise en place pour sauver l'institution bancaire de la banqueroute
et la hisser à un niveau de compétitif suffisamment élevé. L'administration
provisoire fut plus tard remplacée par une nouvelle direction qui obtint
de bons résultats d'exploitation. Aujourd'hui dans le microcosme bancaire
malien, la BIM figure en bonne place en terme de rentabilité. Mais les
gouvernements successifs avaient déjà pris l'option de ramener la
banque à sa vocation initiale, à savoir une banque entièrement
détenue par les privés pour être en conformité avec
la politique de développement et de promotion du secteur financier. Ce
qui exige que l'État se retire du capital des banques commerciales. C'est
dans cette logique qu'un appel d'offre international a été lancé
en avril dernier pour permettre à l'État de céder aux opérateurs
privés, les 51% des actions qu'il détenait dans le capital de la
banque. A l'issue de cet appel d'offre, 19 dossiers furent retirés, sur
lesquels 6 banques ou groupes de banques ont soumissionné. Mais pour cause
de retard, la candidature d'une d'entre elles sera rejetée. Il resta donc
5 dossiers à examiner. Au cours de cet exercice, il s'agissait de vérifier
leur éligibilité à participer au processus. Cela à
partir de leurs capacités techniques et financières et les perspectives
qu'elles offraient au secteur bancaire malien. Les 5 banques furent déclarées
éligibles par le comité technique : la Banque Of Afrika, la Société
générale, Ecobank, Attijariwafa Bank et United Africa Bank (UBA).
CINQ PRÉTENDANTS. Ce fut ensuite l'étape du "data room"
(électronique et physique), un système d'information permettant
aux différents soumissionnaires d'accéder à toutes les informations
sur la banque. La "data room" électronique a consisté
à mettre en ligne, toute la documentation sur la banque. Le système
était logé à l'hôtel de l'Amitié. Quant
à la "data room" physique, elle consistait à organiser
des entretiens entre les soumissionnaires et la direction de la banque. Les soumissionnaires
eurent ainsi l'occasion d'approfondir leurs connaissances de la banque sur le
terrain par la visite de ses démembrements tant à Bamako, qu'à
l'intérieur du pays. Une réunion d'information fut ensuite organisée
l'hôtel de l'Amitié sous la direction du ministre des Finances. Il
s'agissait au cours de cette rencontre d'échanger sur le contrat de cession,
le règlement d'appel d'offre et le modèle de garantie que les banques
offraient. Tous les candidats ont transmis, à cet effet des notes faisant
part de leurs observations. C'est après toutes ces démarches, que
le comité a reçu le 21 juillet dernier, les offres de trois banques
sur les cinq prétendants de départ : Attijariwafa Bank, United Bank
for Africa et Ecobank. Attijariwafa Bank a été déclarée
première à l'ouverture des plis avec une offre de 60 millions d'euros
(environ 39,3 milliards de Fcfa), suivie de UBA, avec 41,167 millions d'euros
(27 milliards de Fcfa) et enfin ECOBANK avec 26,6 millions d'euros, (un peu plus
de 17 milliards). Les clauses de l'appel d'offre faisaient obligation aux soumissionnaires
de faire des annonces en euros. Des notifications leur avaient été
envoyées dans ce sens il y a dix jours, rappelant au second que son offre
reste valable jusqu'au terme de sa caution de soumission et que le troisième
devrait retirer sa caution de soumission. Dans le contrat de cession l'acquéreur
doit s'engager à respecter l'identité de la BIM-SA, accroître
sa capacité financière et mettre en valeur ses spécificités
(en tant que banque de détail malienne), et conserver au minimum le nombre
actuel d'agences principales et auxiliaires. Il doit également préserver
la couverture géographique actuelle du territoire et participer au financement
de projets commerciaux contribuant au développement de l'économie
nationale. L'acquéreur s'engage aussi à maintenir le personnel
de la banque inscrit à la date de signature du contrat de cession, à
maintenir les droits acquis par les salariés, tels que ces droits résultent
des lois, règlements, conventions ou accords d'entreprise en vigueur. Enfin,
il lui est demandé de développer des plates-formes techniques, en
particulier par la mise en place de technologies et de savoir-faire et d'adopter
une politique interne visant à lutter contre le blanchiment d'argent. A
O. DIALLO © Copyright L'Essor
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