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Mines: Lor ne brille pas pour tous - un rapport sur exploitation
minière Lhistoire nous apprend quentre les XIIIe et XIVe siècles, lEmpire du Mali était considéré comme le réservoir de la moitié de lor du monde. Lorpaillage était une activité traditionnelle florissante. Le roi Kankou Moussa, pour son pèlerinage à La Mecque, avait, dit-on, distribué tellement dor sur son passage que le cours du métal jaune sétait effondré. Depuis plus de cinq ans, le cours de lor grimpe. Selon une source généralement bien informée, les 800 tonnes de réserves théoriques du sous-sol semblent une véritable aubaine pour notre pays, un des pays les plus pauvres de la planète qui attire depuis le début des années 1990 les investisseurs. Pour attirer les investissements nécessaires à lexploitation de lor à léchelle industrielle, le Mali sest désengagé de son rôle de « propriétaire opérateur » pour ne plus détenir quune part minoritaire dans le capital des sociétés minières. Minoritaire avec 20 % du capital, le gouvernement malien na quune place de strapontin au sein des entreprises et un pouvoir dinfluence bien limité. Les statistiques économiques officielles sont éloquentes, mais à la lumière des chiffres, la réalité est tachetée. En 2006, le métal jaune a rapporté plus de 300 milliards de F CFA à léconomie nationale, soit environ 50 % des exportations du pays. Mais selon le dernier rapport de la Fédération internationale des droits de lHomme (FIDH), il est impossible dassimiler les revenus du métal jaune à des exportations, tellement le circuit commercial emprunté par lor malien est opaque. Les revenus de lor sont en fait constitués par un système extrêmement complexe dimpôts, de taxes et de redevances défini par le code minier, dont les exploitants sont exonérés les premières années de lexploitation. Un système qui, vraisemblablement profite plus aux multinationales quà lEtat malien. Du clinquant, rien que du clinquant « Lor brille-t-il pour tous les Maliens ? » est-on tenté de se demander. Selon les statistiques, en 2004, le secteur minier a créé 7 % de la richesse nationale. La part de lEtat tombe dans les caisses du Trésor public au moment où les populations des sites miniers manquent de tout (éducation, santé, eau potable, dégradation de lenvironnement et autres infrastructures). Lon tente de combler le « trou » par la construction de quelques salles de classes dans quelques communes, la distribution de moustiquaires imprégnées, des préservatifs, etc. On annonce la construction dautres mini-barrages dans les localités de Babala, Kouroukéto, Alamoutala Djinguilou, Tabakoto et Sékokoto dans la 1re région qui a 3 sites opérationnels (Sadiola, Yatéla, Loulo). A Morila, un fonds de développement communautaire dun montant annuel de 250 000 dollars américains a été mis en place par lopérateur minier qui devait permettre la construction de plusieurs classes et autres projets pour les communautés. Mais il sert aussi à financer une partie des salaires et de linfrastructure des autorités, comme cest le cas dans plusieurs compagnies. « Lutilisation discrétionnaire de ces fonds de développement, notamment auprès des forces de police locales, est de nature à mettre en cause limpartialité de leurs missions et constitue une menace pour la sécurité des populations locales et le respect des droits des travailleurs », dénonce un rapport de la FIDH. Pour Kaou Sissoko, secrétaire de lAssociation des ressortissants maliens de Sadiola en France, si lexploitation de lor est une aubaine pour notre pays, elle a des conséquences sociales et écologiques désastreuses. « Près des barrages de boue, on trouve des animaux sauvages et du bétail mort. Et les villageois se plaignent de maux de ventre et de difficultés respiratoires ». Lexploitation aurifère serait-elle alors créatrice demplois directs ? Même pas ! Moins de 5000 personnes employées, alors que le secteur cotonnier, malgré la baisse du prix du coton et les multiples problèmes auxquels il est confronté continue de faire travailler directement ou indirectement 3 millions de personnes. Idrissa
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