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Privatisation des chemins de fer: Constat déchec Les Etats du Mali et du Sénégal ont fait le cinglant constat déchec de la concession de lactivité ferroviaire sur laxe Dakar Bamako. Cet aveu amer est issu dun communiqué de presse du ministère de lEquipement et des transports. Ce constat déchec, publié officiellement le 27 juin, remet en cause les fondements même des privatisations. Face à cette grave déroute institutionnelle, les Etats du Mali et du Sénégal, plus que perplexes, ont décidé de faire létude devant déterminer la nature institutionnelle du partenariat public privé, de renforcer les pouvoirs de lorgane de suivi des activités ferroviaires, dadopter un plan dinvestissement, de créer un comité daudit au sein du conseil dadministration de Transrail SA, de procéder à lacquittement de tous les arriérés et la signature de tous les documents annexes portant sur le matériel roulant et le domaine concédé et dinformer les bailleurs de fonds sur la situation actuelle qui lie les Etats maliens et sénégalais à la société Transrail. La pilule devrait être dure à avaler pour un gouvernement qui sobstine à engager le pays dans la voie des privatisations. Tiécoura Traoré, président du Collectif citoyen pour la défense et lintégration du rail malien (COCIDIRAIL) a été licencié pour avoir tiré la sonnette dalarme lors de la concession du chemin de fer en 2003. Au cours dune interview, il expliquait lirresponsabilité des gouvernements : après les premiers régimes, les Etats ont commencé à représenter les puissances financières et colonialistes, on peut les appeler comme on veut, mais pas les intérêts des peuples quils gouvernent. Un travail de sape a été fait. Avant la privatisation, les Etats se sont eux-mêmes chargés de diviser et de briser la puissance syndicale, de façon à ce que la privatisation se passe sans heurt. Ce travail sest concrétisé par lincapacité de la base à comprendre quil fallait être ensemble. Ensuite, au début de la privatisation, on a choisi tous les leaders et on les a licenciés. Au premier octobre 2003, il ny avait plus de syndicats à vrai dire. On a fait adopter une disposition légale interdisant pendant la 1ère année de lexploitation du nouvel opérateur, toute activité syndicale sur la ligne. Les évènements ont donc, aujourdhui, donné raison au leader syndical, Tiécoura Traoré, licencié pour son militantisme et surtout pour sa clairvoyance dans les prévisions de léchec de la concession du chemin de fer. Le président de Cocidirail nest pas seul à dénoncer la déroute économique de lEtat concernant ses privatisations. Mme Barry Aminata Touré, présidente de la Coalition des alternatives africaines dette et développement- Mali (CAD- Mali), dans une récente communication, affirme que lavènement de la démocratie en 1991 na pas apporté de changements majeurs dans la politique économique. Sous légide du FMI et de la Banque mondiale, a-t-elle dit, le Mali continue la libéralisation de léconomie et la privatisation des entreprises publiques. Sur 90 entreprises publiques en 1985, il en restait 36 en 1998. Elle a ajouté : avec linitiative PPTE lancée en 1996, les conditionnalités dappui au développement du Mali restent les mêmes sous une autre forme : lélaboration dun CSLP /CSRCP, qui reste dans la logique des réformes : restructuration de la CMDT ; libéralisation du prix de vente du coton, privatisation de lHuicoma ; vente de lhôtel de lAmitié, ouverture de 60% du capital de lEnergie du Mali (EDM) ; cession de la Régie des chemins de fer du Mali ; cession de laéroport du Mali ; ouverture et déréglementation du marché des télécommunications qui se traduit notamment par louverture du capital de la Sotelma. Elle a fustigé les programmes dajustement structurels et les privatisations qui ont renversé de manière brutale léquilibre des forces sociales au bénéfice du capital, subordonnant ainsi les économies africaines à la lourde contrainte du service de la dette. Elle a laissé entendre que les conséquences dévastatrices de ces politiques et programmes sur les communautés sont bien connues : la destruction des tissus sociaux, la pauvreté croissante, la régression dans laccès aux services sociaux de base. Le constat déchec est confirmé, en ce qui concerne Transrail, par le ministère de lEquipement et des transports qui indique dans son communiqué de presse que suite à la rencontre de lautorité concédante sur la concession de lactivité ferroviaire sur laxe Dakar Bamako, les Etats du Mali et du Sénégal, ayant constaté léchec de la concession ont adopté les mesures suivantes . En fait, léchec des privatisations de lHuicoma, de lEDM et de la RCFM ne sont que les signes prémonitoires de futurs échecs de privatisations mal préparées et conçues sous la houlette de bailleurs qui trament leurs propres affaires. Tiécoura Traoré, président de Cocidirail, au cours dune interview, répondait ainsi à une question concernant les propriétaires du rail malien : la privatisation a profité à cinq fonds qui se sont vendus le réseau en spéculant. Ce qui signifie que les privatisations ont profité à dautres plutôt quaux Maliens. Baba
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