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Mort du tissu industriel - LEtat prédateur Sur initiative du Dr Oumar Mariko, député du groupe parlementaire de lopposition Parena-Sadi, deux ministres du gouvernement, contre leur volonté, ont été contraints à se soumettre à des questions orales à lAssemblée nationale. Abdoulaye Amadou Diallo, ministre de lEconomie, de lindustrie et du commerce, devait sexpliquer sur le rôle joué par lEtat dans lasphyxie des petites unités industrielles de production daliments bétail, dhuile et de savon de Koutiala. Mme Sidibé Aminata Diallo, ministre de lEducation de base, de lalphabétisation et des langues nationales qui sétait déjà rebiffée une première fois, devait se prononcer sur la situation dramatique que traverse lécole fondamentale depuis des années. Elle devait surtout convaincre le député élu à Kolondiéba de la pertinence des stratégies mises en place par lEtat à travers son département pour sortir lécole malienne du marasme dans lequel il végète depuis bientôt 20 ans. Comme on pouvait sy attendre, linterpellation de deux ministres par lhonorable Dr Oumar Mariko na pas été prise à la légère par le gouvernement du Premier ministre Modibo Sidibé. En refusant de se présenter devant les députés aux premières dates indiquées pour leur interpellation, les ministres ont voulu se donner un peu de temps pour mieux préparer leur communication. Et pour affronter les questions du Dr Oumar Mariko, le gouvernement na pas fait dans la dentelle. Dans sa volonté de clouer au pilori pour de bon lintrépide député élu à Kolondiéba, le gouvernement a fait appel à toute une pléiade dexperts pour assister les deux ministres. Mais, les faits à la base des questions orales du député qui sest spécialisé dans les luttes sociales au Mali depuis belle lurette étaient têtus. Aucune stratégie, aucun mensonge ne pouvait être avancé pour sauver les deux ministres. Le face à face avec Dr Oumar Mariko sest imposé aux deux ministres. En ce qui concerne les petites unités productrices daliments bétail, de savon et dhuile de Koutiala, les documents brandis par le ministre pour justifier la fermeture ont été contestés par Dr Oumar Mariko qui a dautres documents qui prouvent le contraire de ce qui a été avancé par le ministre de léconomie, de lindustrie et du commerce. En réalité, les raisons de santé, avancées par le ministre Abdoulaye Amadou Diallo, semblent être un prétexte tiré du chapeau dun magicien. Contrairement aux allégations du ministre, les unités fermées à Koutiala ne produisaient pas toutes des produits alimentaires, comme lhuile. La vérité sur le terrain est que certaines unités, conscientes de leur faible niveau déquipement, sétaient contentées de produire seulement laliment bétail et le savon et revendaient lhuile brut à des unités équipées de raffinerie. Donc, si la raison de santé évoquée par Abdoulaye Amadou Diallo était la motivation principale, la décision de fermeture ne devait concerner que les unités qui produisent lhuile alimentaire. Mais, étendre cette décision à toutes les petites unités de Koutiala cache mal la volonté du ministre de réduire le nombre des entreprises éligibles à la livraison de la graine de coton. En insistant sur la quantité totale de graine de coton produite annuellement par la CMDT, sans ladmettre, le ministre a fini par convaincre plus dun Malien que le souci de ladministration était de permettre à un nombre limité dentreprises davoir suffisamment de matières premières pour tourner plusieurs mois. En insistant sur limplication des propriétaires des unités de transformations de Koutiala dans la production doléagineux de substitution comme le tournesol, le soja et le sésame, le ministre prouve que la fermeture des unités de la capitale du coton est lexemple typique des cas dans lesquels lEtat malien est utilisé par certains de ses serviteurs pour protéger des intérêts individuels au détriment de lintérêt public. Ici, la préservation de lintérêt public imposait à lEtat malien daccompagner les petites unités de Koutiala à devenir performantes en leur facilitant la formation et léquipement. Mais, comme tout est mis en oeuvre pour faire de notre pays un gros consommateur de ce qui est produit à deux pas de nos frontières, le ministère de léconomie, de lindustrie et du commerce sassoit sur sa mission première de prospecter toutes les voix dindustrialisation du Mali et navigue à contre courant en fermant des unités en développement. Par ailleurs, en ne prennent pas toutes les dispositions pour sassurer du matériel dont disposaient les propriétaires des unités fermées à Koutiala, lEtat a engagé sa responsabilité en leur délivrant des agréments de création. Et par sa faute, aujourdhui, au moins une quarantaine de promoteurs de Koutiala ont maille à partir avec les banquiers. Pire, 600 travailleurs de Koutiala sont aujourdhui dans la pauvreté et la précarité. Assane Koné © Copyright Le Républicain Archives |
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