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Marché de la viande: toujours sous tension
(L'Essor 20/07/2007)

Le marché de la viande n'a pas fini de faire parler de lui. Et en mal. En effet, malgré l'accord intervenu entre le gouvernement et les bouchers, ceux-ci ont procédé ces jours-ci à une augmentation unilatérale du prix de la viande sur les marchés de la capitale. Depuis le week-end passé, des rumeurs persistantes faisaient état de cette augmentation du prix de la viande sur quelques marchés bamakois.
En fait, il ne s'agissait pas de rumeurs. Un petit tour sur certains marchés permet de constater la réalité de ce retour partiel à la hausse des prix. Le prix du kilogramme oscille entre 1 200 dans certains points de vente des marchés de Djikoroni-Para et Dibida et entre 1 300 et 1 400 Fcfa selon les étals au marché d'Hamdallaye. Yacouba Guindo, un boucher croisé sur ce marché ne s'est pas dérobé. Le mouvement de hausse, indique-t-il, s'explique par les conditions dans lesquelles est acquis le bétail sur le marché. Cette argumentation est reprise par son collègue Bakoroba Fofana, vendeur au marché Dibida. "Moi qui vous parle, il m'est arrivé ces jours-ci de vendre le kilo de la viande à 1 300 et même à 1 400 Fcfa", assume-t-il. Pourtant, au moment de notre passage hier, il vendait le kilo à 1 200 Fcfa.
Le premier boucher rencontré, Yacouba Guindo, explique qu'il n'a jamais été un client des abattoirs. La viande qu'il vend provient essentiellement des marchés à bétail qui font eux-mêmes des abattages. Or selon lui, la plupart des bêtes abattues sont des anciens boeufs de labour vendus par leurs propriétaires. Ces bêtes "fatiguées" et manquant de chair sont cédées aux bouchers entre 200 et 225 000 Fcfa. En écoulant le kilogramme de viande à 1 200 Fcfa conformément à la volonté du gouvernement, les bouchers qui s'approvisionnent par ce canal ne réaliseront aucun bénéfice, assure Guindo.
S'agissant de la mise à disposition des bouchers de carcasses de boeufs à raison de 1000 Fcfa le kg par les deux abattoirs de la capitale, (l'Abattoir frigorifique de Bamako et celui de Sabalibougou) à la demande du gouvernement, Yacouba Guindo soutient que cette mesure n'a duré que 18 jours et a pris fin depuis plusieurs jours.
Ce qui est inexact comme nous avons pu le vérifier à l'AFB, où nous avons rencontré le directeur général adjoint, Alioune Koné, et plus tard, avoir un bref entretien téléphonique avec le PDG, Abdoul Wahab Mounékafa. Celui-ci a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le gouvernement dans ces moments difficiles. Il assure qu'il supervise personnellement chaque nuit la répartition des carcasses et promet qu'il en sera ainsi pendant les mois de juillet et août.
Alioune Koné a, de son côté, révélé qu'au démarrage, l'AFB a connu de sérieux problèmes d'approvisionnement, faute d'argent liquide disponible. Mais au fil du temps, le mécanisme s'est rôdé et la situation a été maîtrisée. Ainsi, de 75 abattages par jour au début de l'opération, l'AFB est aujourd'hui à plus de 200 têtes au quotidien. A cela s'ajoutent les abattages au profit des particuliers dont les taxes d'abattage sont prises en charge par l'enveloppe prévue dans le cadre de la subvention octroyée par le gouvernement aux deux abattoirs.
Dans la nuit de mercredi à hier, l'AFB a abattu 220 têtes et plus de 83 boeufs au profit de privés. Au total, 303 carcasses sont sorties de l'AFB au cours de cette nuit. Une copie de la liste des bouchers servis nous a été remise par l'abattoir. Il faut rappeler que le gouvernement s'est engagé à subventionner les frais d'abattage pour les bouchers, qui s'élèvent à 4 000 Fcfa par tête.
Par ailleurs, assure Alioune Koné le marché du bétail est bien fourni en ce moment. "Nous allons faire des achats jusque sur les marchés de Kati et Niamana", précise le directeur adjoint de l'AFB.
Cependant, sur les différents marchés visités, l'offre n'est pas à la hauteur de la demande. Sauf au marché du Dibida où une quantité importante de viande état disponible sur les étals. Par contre, déjà aux environs de dix heures, les stocks de viande commençaient à s'épuiser sur les marchés de Djikoroni, Lafiabougou et Hamdallaye. A Lafiabougou par exemple, plusieurs étals étaient déjà vides en ce milieu de matinée.
Commentant cette faiblesse de l'offre, Alioune Koné explique que l'AFB ne peut à elle seule satisfaire toute la demande. Indépendamment des abattages contrôlés, remarque-t-il, Bamako qui consomme entre 600 à 700 têtes par jour, est également approvisionné avec de la viande foraine.

A.O. Diallo

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