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Exportateurs de mangues : Grand besoin d 'organisation
(L'Essor 11/07/2007)
En se mettant ensemble dans des structures faîtières, les
professionnels du secteur pourront mieux défendre leurs intérêts
face à leurs clients
La campagne dexportation de la mangue, tire, cette année,
vers sa fin.
Plusieurs stations de conditionnement, installées dans la capitale,
ont fermé boutique en attendant la campagne prochaine. Mais selon
le coordinateur du Projet cadre intégré, Mohamed Koné,
la campagne sera bouclée définitivement la fin de ce mois
dans la région de Sikasso. Plusieurs stations de conditionnement
ivoiriens continuent de sapprovisionner là-bas, après
larrêt définitif de la campagne en Côte dIvoire.
Le représentant résident du PNUD Joseph Bill Cataria est
à lorigine de la poursuite des activités.
Il a accordé au Projet cadre intégré un financement
de 180 millions de Fcfa qui a permis deffectuer un deuxième
traitement des vergers en juin dernier contre les mouches. La superficie
traitée est de 4000 ha. Elle couvre les zones de Sikasso, de Bougouni,
de Yanfolila, de Kadiolo, de Banguinéda, du Mandé et de
Moribabougou. Le programme envisage de suivre la traçabilité
des vergers traités. Est-il besoin de rappeler que lhivernage
est la période de reproduction des mouches dans nos pays ? Or tout
comme les fourmis rouges ou les cochenilles farineuses, les mouches sont
nuisibles pour les mangues. Leur piqûre constitue des portes dentrée
des bactéries à lintérieur de la chaire des
mangues, entraînant leur pourrissement.
Actuellement, les producteurs, les pisteurs et les exportateurs (stations
de conditionnement) chacun à son niveau est préoccupé
par létablissement de son bilan de campagne, notamment financier.
La réussite ou non de la campagne est diversement perçue
par les acteurs de la filière. A Deguessi-Vert, lon estime
quil y a eu certes des avancées énormes cette année,
mais les opérateurs du secteur gagneraient mieux, sils étaient
organisés, a expliqué Alou Traoré, le responsable
de la branche Fruits et légumes du groupe.
Faute dorganisation faîtière forte, les exportateurs
subissent le diktat des importateurs européens et de la compagnie
Air France, qui est le principal transporteur de nos mangues, a-t-il poursuivi.
Selon lui, cette année Air France transportait le kilogramme de
mangues à 1,15 euro, environ 753,25 Fcfa en début de campagne.
Plus tard, précisément le 1er juin, en pleine campagne,
la compagnie a augmenté son tarif de 90 Fcfa taxables, à
la surprise générale des opérateurs de la filière.
Alors que le kilogramme de mangue est cédé aux importateurs
européens à 2 euros, environ 1310 Fcfa. Le prix est proposé
par lacheteur. Cest à prendre ou à laisser.
La marge de manoeuvre est minime, car la concurrence est rude dans le
secteur. Si vous refusez loffre, les concurrents lacceptent.
Notre pays nest pas le seul pays exportateur de mangue de la sous-région.
Les Ivoiriens, les Burkinabés, les Sénégalais et
les Latino-américains sont aussi des exportateurs. Dailleurs,
les exportations des Latino-américains font chuter les prix de
la mangue en Europe. Ces grands producteurs ont des représentants
en Europe qui suivent les déchargements avec les importateurs.
Le coût du transport diminue sérieusement la marge bénéficiaire
de nos exportateurs. La plupart de nos exportateurs travaillent pour les
compagnies de transport et les importateurs européens, a déploré
Alou Traoré pour qui leur salut ne viendra que des structures faîtières.
Les pouvoirs publics ne peuvent rien faire tant que nous-mêmes
nous ne constituons pas une structure faîtière pour défendre
nos intérêts, a plaidé Alou Traoré. En
constituant des entités fortes, ils pourront au moins négocier
ensemble les tarifs de transport.
En dépit de ces difficultés, Deguessi-Vert a expédié
20 tonnes en Europe, à travers la chaîne de froid du Plaza,
installé à laéroport de Bamako Sénou.
Cette chaîne de froid, fruit de la coopération néerlandaise,
une unité de préconditionnement qui a permis de diminuer
le risque de rejet des manques maliennes en Europe. Faute dinfrastructures
de cette nature, Deguessi-Vert sétait retirée de la
filière mangue et sétait consacrée à
celle du haricot vert, un autre secteur dactivité du groupe.
Selon Alou Traoré, son entreprise a travaillé directement
avec une quinzaine de producteurs et une dizaine de pisteurs cette année.
Avec le premier, elle a acheté le kilogramme de mangues à
150 Fcfa. Les frais de transport, les émoluments des ouvriers spécialisés
dans la cueillette sont à la charge de lentreprise. Les pisteurs
leur livrait directement la mangue à la station à 175 Fcfa.
Basées à Sikasso, Fruit Lotio et AOM, sont confrontées
aux mêmes difficultés. Malgré les problèmes,
Fruit Lotio a réussi à exporter 520 tonnes. Et AOM a expédié
120 tonnes. Ces deux structures ont exporté ces quantités
de mangues grâce à lencadrement du Projet cadre intégré,
qui sétait chargé du traitement des vergers dapprovisionnement
et la formation en technique de cueillette des exploitants. Le Projet
suit la traçabilité des différentes stations de conditionnement.
Il se propose de faire accompagner 5 exportateurs par le bureau de consultant
BIOSCOP du Sénégal, agréé par lUnion
européenne. Ce qui permettra dobtenir la certification EUREPGAP
qui permettra de faciliter laccès de notre mangue sur lespace
de lUnion.
A. O. DIALLO
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