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Viande: Les prix reviennent à la normale
(L'Essor 03/07/2007)

La mesure prise par le gouvernement d'octroyer une subvention à la filière viande-bétail en vue de faciliter la fluidité du circuit de commercialisation du bétail et faire stabiliser les prix été est bien accueillie par les bouchers et naturellement les consommateurs du district de Bamako.

Hier tous les marchés de la capitale étaient quasiment bien fournis en viande.
Dimanche dernier, première journée de l'entrée en vigueur de la mesure, une pénurie de viande sur certains marchés de la capitale avait fait courir une fausse rumeur de grève qu'auraient décrétée les bouchers et chevillards. L'information a été démentie hier par les bouchers que nous avons approchés dans les différents marchés de la capitale visités. Ils ont expliqué la pénurie du dimanche par le fait que ce jour, les commerçants n'avaient pas pu s'approvisionner correctement à cause de l'insuffisance du bétail sur les marchés.
"C'est une fausse rumeur. Ce n'était pas une grève. Les bouchers n'avaient pas pu s'approvisionner suffisamment en boeufs, la veille de l'entrée en vigueur de la mesure du gouvernement. Ce qui s'est traduit par une insuffisance de viande dans les abattoirs où se ravitaillent les bouchers. Certains bouchers sont donc rentrés bredouilles", explique Mohamed Kéïta, boucher au marché du Dibida.
Dans ce marché, à notre passage aux environs de 10 heures tout se passait bien et tous les bouchers de la place cédaient la viande avec os à 1200 Fcfa le kg et celle sans os à 1400 Fcfa le kg conformément aux directives du gouvernement. Ces prix contrairement à ce que nous avions annoncé dans notre parution d'hier ne concernent pas l'ensemble du territoire national, mais seulement le territoire du district de Bamako.
"Nous nous sommes tous conformés à la nouvelle mesure. Car nous l'avons bien accueillie", poursuit Mohamed Kéïta qui ajoute en souriant "j'ai bien dormi hier sachant que je vais vendre la viande au même prix que mes collègues". La transition était toute trouvée pour fustiger la spéculation qui a longtemps régné sur le marché au grand dam des bouchers. "La spéculation entraîne la mévente chez les commerçants. Car les consommateurs cherchent toujours les plus bas prix", explique Mohamed Kéïta qui exerce le métier depuis 20 ans.
Mady Sissoko est un autre boucher rencontré sur le même lieu. "Nous sommes très contents de la nouvelle mesure prise par le gouvernement. Car elle permet de stabiliser les prix et est bénéfique pour les bouchers et pour les consommateurs", dit notre interlocuteur visiblement content.
Sur les marchés de Torokorobougou et de Sabalibougou la situation était la même qu'au Dibida. Les prix ont été uniformisés à 1200 et 1400 F cfa, respectivement pour la viande avec et sans os.
Alou Sylla un boucher de Sabalibougou soutient "nous avons bien accueilli la mesure. Mais il est trop tôt pour dire si elle nous profite ou pas"
Les ménagères ont relativement aussi bien accueilli la mesure. " À 1200 Fcfa, la viande reste encore chère au Mali qui est un pays d'élevage", se plaint une dame qui a préféré garder l'anonymat. "Cependant la mesure du gouvernement a permis d'arrêter la spéculation sur le marché. Ce qui est une bonne chose ", s'est -elle pressée d'ajouter.
Comme cette femme, la plupart des ménagères que nous avons rencontrées sur les marchés de Torokorobougou et Sabalibougou se sont montrées heureuses de cette décision gouvernementale. "Ce matin j'étais à l'aise car depuis hier (Ndrl : dimanche) je connais le prix standard du kilo de viande. Ce qui n'était pas le cas quelques jours plus tôt", se félicite, Assa Diarra, une ménagère domiciliée à Sabalibougou.
Le week-end, les consommateurs de Kati avaient été confrontés au même problème. La quantité de boeufs sur le marché de cette ville était si réduite que les propriétaires de bêtes avaient monté les enchères. Du coup, les prix avaient dissuadé nombre de bouchers qui avaient préféré s'abstenir d'abattre, pénalisant ainsi à leur tour les consommateurs.

Be COULIBALY

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