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Hausse des prix des céréales: Le président
de lAPCAM pointe du doigt les commerçants LAssemblée permanente des chambres dagriculture du Mali, organisation consulaire professionnelle du monde rural est lune des structures concernées par la hausse des prix des céréales. Son président, Bakari Togola, a animé une conférence de presse, le vendredi 29 juin, dans la salle de ladite structure sur le sujet. Occasion pour lui de préciser que les prix de cession des céréales par les producteurs aux commerçants ne justifient en rien les niveaux des prix actuels pratiqués par ces derniers sur les différents marchés du pays. La fluctuation des prix des produits de première nécessité en général et notamment ceux des céréales constitue aujourdhui lune des préoccupations majeures des Maliens. Les informations collectées par lAPCAM, à travers lObservatoire des marchés agricoles, font ressortir que les prix pratiqués à la date du 25 juin sont légèrement supérieurs à ceux de lannée dernière à la même date. Cependant, on constate un écart considérable entre les prix de vente des producteurs et ceux pratiqués sur les marchés de consommation. Dans la région de Kayes par exemple, le mil a été acheté aux producteurs à Diéma à 115 F le kilo et à Kita à 100 F avant dêtre revendu à Kayes-ville à 200 FCFA. Le sorgho acheté aux producteurs à 90 F à Sirakorola, et 70 F à Dioïla, 75 F à Fana, a été rétrocédé à Koulikoro ville aux consommateurs à 135 FCFA, 125 F à Bamako, 200 F à Ségou. Le mil a été acheté aux producteurs à 90 F à Bankass avant dêtre revendu à Mopti ville à 125 F CFA. Le riz gambiaka, produit à Niono a été cédé par les paysans à 230 F et revendu sur les marchés de Bamako à 275 F. Présentement, ce même riz est vendu à plus de 300 FCFA dans la capitale. La présente conférence de presse du président de lAPCAM visait ainsi à apporter des informations sur les stratégies de cette organisation dans lapprovisionnement correct du pays en céréales et à un coût accessible. Ainsi, Bakari Togola a tenu à spécifier quactuellement il ny a aucun risque dinsécurité alimentaire qui plane sur le pays. De façon classique, les prix sont déterminés par le jeu de loffre et de la demande. Mais dans le contexte actuel, ils vont au-delà de cette règle universelle du commerce. En effet, au jour daujourdhui, le pays dispose suffisamment de stocks de céréales. A en croire Bakari Togola, certains paysans disposent des stocks des trois dernières campagnes et ont même du mal à les vendre. Le pays étant suffisamment approvisionné, alors quest ce qui peut justifier cette flambée des prix ? LAPCAM favorable à la fixation de prix standard La grande explication est liée à lapproche de lhivernage. Ce moment de lannée considéré comme période soudure est mis à profit par les intermédiaires véreux qui interviennent dans le circuit de distribution pour augmenter artificiellement les prix. Lune des solutions préconisées pour faire face à cet état de fait par lAPCAM est linstitution de la bourse des céréales qui se tient chaque année dans une région. Pour le président Togola, cette rencontre commerciale vise à mettre les paysans en contact direct avec les consommateurs, sans intermédiaires pour que chacun puisse tirer son épingle du jeu. Lors de la dernière édition, les paysans sont retournés avec les céréales, faute de clients. Les relations nouées entre producteurs et consommateurs pendant les éditions de la bourse des céréales doivent se poursuivre et permettre aux consommateurs de sapprovisionner directement. Aussi, a-t-il confié, nombreuses sont les familles vivant dans la capitale qui ont des parents dans les zones de production à travers lesquels, elles peuvent sapprovisionner. Autre proposition faite par le président de lAPCAM cest la fixation par le gouvernement des prix standards tant pour les producteurs que pour les commerçants. Certes, le Mali a opté pour la liberté des prix, mais il est inconcevable que les commerçants profitent plus des céréales au détriment des producteurs. Le coût de production étant connu de même que les transports et les taxes, le gouvernement doit décider une fourchette de prix que ni les producteurs ni les commerçants ne doivent déborder. Devant linstallation tardive des pluies dans certaines parties du pays, le président de lAPCAM se dit confiant et pense que la situation nest pas pour le moment inquiétante par rapport à celle des pays voisins. Bakari Togola dénonce le monopole autour des graines de coton Lors de cette conférence de presse, le président de lAPCAM a dénoncé le monopole de fait qui est de nature a entraîné une hausse des prix sur les marchés. Il prendra comme exemple le monopole sur la graine de coton de la CMDT que lEtat a accordé au repreneur de Huicoma. Pour lorateur, ce monopole pénalise les petites unités de production daliment bétail et, par conséquent, les paysans achètent plus cher laliment bétail. Aux dires du conférencier, le Groupe Tomota avec ce monopole et lavantage de prix spécule sur la graine de coton en le vendant plus cher au lieu de le transformer. Youssouf CAMARA © Copyright L'Indépendant Archives |
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