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Commerce de détail : l'avenir est à la modernisation (L'Essor
13/07/2005) L'informel brasse plus de 700 milliards Fcfa par an. Recyclée,
cette manne financière pourrait servir à moderniser le secteur
Le
ministre de l'Industrie et du Commerce, Choguel K. Maïga a saisi cette opportunité
pour réitérer la volonté des plus hautes autorités
du pays d'aider à l'organisation des commerçants détaillants.
À ce propos, une enquête menée en 1996 par l'Observatoire
de l'emploi, avait recensé près de deux millions de Maliens, soit
23 % de la population active, qui tirent leurs revenus du secteur informel. Si
l'État et la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM) agissaient
en synergie, ces contribuables paieraient à l'État une patente correspondant,
au maximum, à limpôt synthétique. Chaque travailleur
de linformel verserait alors annuellement 14 750 Fcfa dans les caisses de
lÉtat. Le Trésor public encaisserait ainsi un surplus de près
30 milliards de Fcfa. Une partie de cette somme serait réinvestie pour
moderniser le secteur. Le ministre de l'Industrie et du Commerce fait remonter
la volonté du gouvernement d'organiser ce secteur à 1991, au sortir
des états généraux du commerce. Ce forum a été
suivi en 1997 du symposium national sur le commerce de détail. En février
2002, le Conseil économique, social et culturel avait consacré sa
5è session à l'importance du secteur informel dans l'économie
nationale. Les recommandations de toutes ces assises n'avaient pas été
suivies d'effet. Lors d'une visite à la Ccim, le président Amadou
Toumani Touré, accompagné de son homologue du Niger, Mamadou Tandja,
président en exerce de l'UEMOA, avait alors recommandé au gouvernement
de trouver une solution aux préoccupations des commerçants détaillants. C'est
ce qu'il a fait, non pour dresser un nouveau catalogue de recommandations et de
bonnes intentions qui sera rangé aux oubliettes mais plutôt pour
mettre en route une politique pragmatique, expliquera Choguel Maïga. Les
services techniques du ministère de l'Industrie et du Commerce se sont,
en effet, efforcés de traduire l'instruction présidentielle en projet,
en acte concret. Le secteur informel, rappellera Choguel Maïga, brasse
plus de 700 milliards Fcfa par an. Il y a lieu, estime-t-il, de recycler cette
manne financière, ne serait-ce que pour moderniser le secteur. Son organisation
permettra, en effet, au gouvernement de trouver une solution appropriée
aux problèmes des détaillants assujettis à l'impôt
synthétique et à la patente-vignette, a expliqué le ministre
Maïga. Cette politique réduira de façon considérable
la pauvreté et avec un système de financement adapté, elle
soutiendra le développement de l'économie souterraine. Dores
et déjà, le PACD va entreprendre d'organiser le secteur informel
à travers des Centres de gestion agrée (CGA) qui seront créés
dans les huit régions du Mali, le district de Bamako, les cercles de Niono
et Koutiala. Ce projet s'attellera à la formation et l'information, le
financement des activités et la dotation en équipements marchands
modernes aux commerçants. Il va également aider à la réalisation
de nouveaux marchés plus sécurisés et plus confortables.
Des centres commerciaux qui mettront les commerçants détaillants
à l'abri des incendies sauvages vécus ces dernières années,
a souligné le président Amadou Toumani Touré. Le coût
du projet s'élève à près de 4 milliards de Fcfa. Déjà,
10 associations sont en voie de s'ériger en CGA à Kidal, Gao, Ségou,
Koutiala, Sikasso, Koulikoro, en Communes IV et V, au Marché rose du District
et au sein de la Coordination des commerçants détaillants. À
ce jour, l'association Cga "Darhat" en Commune V a enregistré
plus de 1 100 signatures lors de son assemblée constitutive tenue le 29
juin dernier, a signalé le ministre Maïga. L'adhésion au
CGA est subordonnée au paiement correct de l'impôt synthétique
et de la patente-vignette. Cette conditionnalité pèse de peu de
poids par rapport aux bénéfices attendus du projet comme l'ont compris
les commerçants détaillants qui ont accueilli avec ferveur le PACD. Le
président Amadou Toumani Touré a assuré les commerçants
détaillants du soutien du gouvernement. A O. DIALLO ©
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