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Programme des vérification des importations: beaucoup de bruit pour rien ?
(L'Essor 04/07/2003)

Le dossier du PVI a soulevé une controverse qui, selon divers protagonistes, n'avait pas lieu d'être ou a été exagérée

Il n'y aura pas de vide dans le Programme de vérification des importations (PVI). La SGS qui avait en charge le programme a accepté de jouer trois mois de prolongation en attendant l'arrivée de la COTECNA, la nouvelle société retenue suite à un appel offre qui alimente interminablement la polémique dans la presse.
Un petit rappel s'impose. Le PVI est le programme de vérification avant embarquement de toutes les importations à destination de notre pays. Cette vérification porte notamment sur la quantité et la qualité des marchandises, leur valeur d'acquisition et les aspects phytosanitaires des dites marchandises.
C'est la SGS qui effectuait le travail depuis 1989 sur la base d'un contrat de trois ans régulièrement renouvelé. Le dernier contrat étant arrivé à son terme en décembre 2002, la SGS bénéficiera d'un avenant de six mois, le temps pour le gouvernement de lancer un appel d'offre international et de choisir la nouvelle société adjudicatrice du marché. Quatre sociétés avaient soumissionné à l'appel d'offres : la SGS, la COTECNA, ITS et BIVAC. La SGS et ITS seront été éliminés pour vice de forme dans leurs dossiers. Depuis, la polémique qui avait démarré bien avant l'attribution du marché, fait rage.
Au ministère de l'Économie et de Finances, le conseiller technique Seydou Diawara précise que c'est l'analyse de l'appel offre qui a conduit au choix sur la COTECNA. Il ne s'agit donc nullement d'une quelconque rupture unilatérale avec la société sortante qui s'est alignée au même titre que ses trois concurrentes.
Comment expliquer alors la polémique actuelle autour du dossier ? Youssouf Gana Kébé, le directeur administratif et financier du département de l'Économie et des Finances, soutient que celle-ci n'a aucun sens. L'appel d'offre, explique-t-il, était assorti d'un cahier de charge. Les critères auxquels étaient soumises les sociétés pour le choix sont d'ordre technique et financier. La commission, composée de dix membres dont des représentants du Conseil national du patronat malien, du ministère de l'Économie et des Finances, du ministère l'Industrie et du Commerce, et de la direction nationale du Commerce et de la concurrence, a, conformément à son mandat, procédé à l'analyse des critères techniques.
A l'issue d'un examen minutieux basé sur un barème de notation fourni par le cahier de charge, les membres de la commission ont attribué des notes après avoir pris connaissance de tous les documents soumis par les sociétés. BIVAC et la COTECNA ont respectivement obtenu 85,20 et 84,195 points sur un maximum de cent points possibles. Au niveau de l'offre financière, la COTECNA a obtenu 80 points contre 72,22 pour BIVAC. Au terme de la notation finale qui est une moyenne pondérée entre les deux sociétés, c'est COTECNA qui l'a emporté avec 95,25 points contre 90,10 pour son concurrent. C'est ainsi que la COTECNA a enlevé le marché d'après les résultats de la commission de dépouillement.
Pourquoi la COTECNA n'est-elle pas déjà à pied d'oeuvre ? Seydou Diawara explique qu'elle n'a pas reçu à temps la notification officielle de la commission de dépouillement mise en place par Conseil national du patronat malien qui a reçu mandat des ministres en charge du commerce et des finances, de piloter le processus. En effet, c'est le CNPM qui a été chargé de mener et d'organiser les dispositions et le lancement des appels d'offre et a mis en place la commission de dépouillement. C'est cet organe qui doit donc notifier à la société qu'elle a été retenue et entrer ensuite en discussions avec elle. Tout le processus devait se boucler avant le 30 mai dernier afin de permettre à la COTECNA de se préparer et de s'installer avant fin juin. Mais cela n'a pas été fait. Le retard n'incombe donc pas à la COTECNA. C'est un problème d'ordre simplement administratif du côté des organes qui gèrent le programme qui explique la situation actuelle, assure Diawara.
Comment est on arrivé à l'implication du patronat dans la gestion du PVI ? Jusqu'en 2000, le PVI était entièrement géré par ministère en charge des finances et c'est le Budget national qui payait les frais. A partir du dernier programme, suite à un prélèvement institué à la charge des importateurs, ceux-ci ont estimé que dans la mesure où, ils supportent la charge de la vérification, ils doivent avoir un droit de regard sur sa gestion. C'est ainsi que le gouvernement donna mandat à l'ex-FNEM (Fédération nationale des employeurs du Mali) devenue aujourd'hui le CNPM.
Pour le ministère de l'Économie et des Finances tout était clair dans ce mandat conjoint avec le département de l'Industrie et du Commerce. Il définit les pouvoirs accordés au président du Patronat dans l'organisation de l'appel d'offre. Le document, dont nous avons eu une copie stipule entre autres que la commission de dépouillement est présidée par le président du CNPM et que c'est lui qui est chargé de mener les négociations avec la société retenue à la suite de l'analyse des offres. Il doit ensuite soumettre ces résultats à l'appréciation des deux ministres.
Mais selon Seydou Diawara, le président du Patronat en transmettant les résultats de la commission au ministre de l'Économie et des Finances a révélé à celui-ci que la commission avait commis des irrégularités en ne tenant pas compte de tous les éléments appréciation contenus dans le cahier de charges. Le président du CNPM aurait accordé sa préférence à la société arrivée en deuxième position, à savoir BIVAC, plutôt qu'à la COTECNA pourtant retenue par la commission dont les travaux étaient présidés par un représentant du patronat. Or, le ministre qui avait déjà entériné les résultats de la commission ne pouvait plus revenir sur cette décision, se défend-t-on au ministère de l'Économie et des Finances.
Le premier responsable du patronat, Moussa Balla Coulibaly, étant en déplacement, nous n'avons pu le rencontrer pour recouper cette information. Son adjoint, Mamadou Sanogo, que nous avons contacté a dit ne rien savoir du dossier.
A la SGS, on s'efforce de dépassionner le sujet. Son PDG Mamadou Maïga que nous avons rencontré estime que bien qu'il ait eu des irrégularités dans le dépouillement, cela ne saurait compromettre les relations de sa société avec le ministère. "La SGS fait partie du tissu malien parce qu'elle travaille avec le gouvernement depuis plus de 13 ans. Ce qui est raconté dans les colonnes de certains journaux n'est qu'une façon de mettre dos à dos des personnes. Ma structure ne se prête pas à ce jeu. La preuve est que nous avons accepté sur demande de la CNPM de proroger de trois mois le délais de vérification" indique-t-il.
Ce serait donc la presse qui aurait monté toute cette polémique ? Plutôt invraisemblable, non ?

Be. COULIBALY

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