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Commerce régional des produits agricoles: qu'est ce qui coince sur la route Bamako-Dakar?
(L'Essor 10/06/2008)

Un voyage d’études est organisé pour corriger des pratiques décriées et mesurer l’application des mesures destinées à lever les nombreux barrages routiers

La libre circulation des personnes et des biens dans les ensembles sous-régionaux d'intégration est consacrée dans les textes. Mais sur le terrain, la réalité est toute autre. Des études ont ainsi établi que le développement des échanges commerciaux sur les produits agricoles (bétail-viande, fruits et légumes, oignon) et la compétitivité de ces produits sont entravés par les nombreuses tracasseries des agents de l’administration chargés de la bonne application des directives et mesures fixées dans le cadre du développement du commerce régional.
Ces tracasseries occasionnent des préjudices énormes pour les acteurs intervenant dans les filières citées. Ces pratiques anormales sont bien connues et décriées, mais elles ont la vie dure. La situation a poussé les autorités régionales en l’occurrence les instances de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) avec l’appui de partenaires, à installer un Observatoire des pratiques anormales au niveau du commerce régional.
Au Niger, en Guinée, dans notre pays des réunions de consultation pour la formulation de propositions et stratégies de commercialisation des filières agricoles ont été organisées l’année dernière par l'Observatoire régional de l’oignon (basé à Niamey), ceux des fruits et légumes (basé à Conakry) et du bétail et la viande (basé à Bamako).
Ces réunions étaient organisées avec la collaboration de la Conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’ouest et du centre (CMA/AOC) qui regroupe 20 pays du continent dont 14 en Afrique de l’ouest et 6 en Afrique centrale. Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) y avait également apporté son appui. Ces assises furent l’occasion pour les professionnels des filières agricoles en question de relever les entraves majeures au commerce régional et de dénoncer les comportements des agents et les nombreux barrages de contrôle qui jalonnent les axes routiers des différents États.
Plusieurs solutions furent préconisées comme l'initiative d'utiliser plaidoyer et lobbying pour amener les autorités nationales et régionales à entreprendre des actions concrètes de lutte contre les tracasseries administratives et routières.
C’est dans cette perspective que la Conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’ouest et du centre en collaboration avec le CTA et les responsables de l’Observatoire régional de la filière bétail-viande (ORBV) basé à Bamako, à organiser un voyage d’études sur le corridor Bamako-Dakar. Le voyage est destiné à s’imprégner des réalités de terrain tout en menant des actions de sensibilisation en direction des décideurs.
Mais plus que la sensibilisation ou la dénonciation des mauvaises pratiques, l’enjeu du voyage d’études est de s'assurer que mesures efficaces sont prises par les autorités nationales et régionales pour corriger les pratiques décriées et veiller à l’application stricte des mesures visant à lever les nombreux barrages routiers.

DES POSTE EN RASE CAMPAGNE. La mission compte des représentants de la CMA/AOC, des responsables de l’Observatoire de la filière bétail et viande dirigée par René Alphonse, président de la Fédération de bétail-viande du Mali. Des journalistes venant du Mali, du Sénégal, du Bénin, du Niger et de Côte d’Ivoire font partie du voyage. Les voyageurs ont pris le départ samedi au poste de contrôle de Kati pour rallier Dakar.
La mission s'est arrêtée dans plusieurs localités situées le long de la route Bamako-Dakar : Kati, Kati-Drall, Sandaré, Kayes, Diboli (poste frontalier du Mali), Kidira (poste frontalier du Sénégal) et Tambacounda, où elle est arrivée dimanche.
Tout au long du trajet, les membres de la mission ont discuté avec les agents des postes de contrôle. Aussi bien du côté malien que de celui du Sénégal. Ceux-ci ont nié poser des entraves aux développement des échanges commerciaux par des pratiques illicites. Ils ont assuré, au contraire, veiller à la fluidité du trafic des marchandises surtout en ce qui concerne le bétail exporté à destination du Sénégal.
Pourtant, les exportateurs et transporteurs croisés sont formels : les mauvaises pratiques sont nombreuses sur l'axe routier. Ils soutiennent que, même en règle, ils doivent toujours donner des backchich. "Quand bien même tous vos documents sont en règle, les agents trouvent toujours un moyen de vous faire payer quelque chose. Ils peuvent par exemple dénoncer un défaut sur le véhicule pour vous soutirer de l’argent", témoigne un opérateur du secteur.
Par ailleurs, des exportateurs se plaignent de devoir payer au Sénégal une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le bétail malien.
S'il est souvent difficile de recueillir des preuves formelles des mauvaises pratiques, la mission a pu constater que, par exemple au Sénégal, parallèlement aux nombreux postes de contrôles officiels, il existe des postes illicites souvent installés en rase campagne. Ce qu'avaient catégoriquement nié les agents interrogés à la frontière à Kidira.
Du côté malien, les exportateurs se réjouissent du fait que l'exportation de bétail est libérée du paiement de toute taxe. Mais ils souhaitent la levée de l’autorisation d’exportation délivrée par les autorités de la Région de Kayes.

UN PÉRIPLE DE 1325 KILOMETRES. Cette mesure avait été prise sur l'insistance des bouchers qui pensaient qu’en freinant la sortie des animaux, ils pourraient plus facilement s'approvisionner sur le marché intérieur et à des prix raisonnables. La mesure n'a pas produit l'effet attendu car le prix du kilogramme de viande de boeuf sans os n'est plus jamais passé sous la barre des 1500 Fcfa. Et cela malgré aussi la subvention accordée par l'Etat. En fait, certains professionnels avaient averti qu'un coup de frein aux exportations de bétail ne ferait en rien baisser les prix.
Les opérateurs relèvent, par ailleurs, que l’autorisation d'exportation délivrée par le gouverneur de région commence à faire l’objet de trafic. Le document est délivré gratuitement mais ceux qui sont chargés de traiter les demandes traîneraient les pieds jusqu'à être "encouragés" par le demandeur.
La mission poursuit son chemin à l’intérieur du Sénégal. Elle a fait escale lundi à Tambacounda et se rend à partir d'aujourd'hui dans certaines ville comme Kaffrine, Kaolack, Rufisque avant de rallier Dakar. Au terme de la mission, les voyageurs auront parcouru 1325 kilomètres, la distance séparant les deux capitales.

Envoyé spécial M. COULIBALY

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