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Production laitière : Si l'on s'organisait mieux
(L'Essor 20/06/2007)
La récente hausse des prix des produits laitiers sur les marchés
internationaux, a rappelé la nécessité d'exploiter
davantage la production locale.
Les produits laitiers, en particulier le lait en poudre sont devenus
aujourd'hui des produits de consommation de masse dans notre pays. Le
phénomène devient général pendant les mois
de carême. Le mois de septembre prochain qui coïncidera avec
le mois de carême connaîtra le même engouement traditionnel
pour le lait et ses dérivés. A quelque encablure de ce mois
bénit, le Mali connaît une relative pénurie de lait
en poudre sur le marché. Larrêt des subventions à
la filière laitière dans lespace par la Commission
de lUnion européenne, la conquête du marché
asiatique par les industries agro-alimentaires européennes et américaines,
l'augmentation de la consommation mondiale des produits laitiers de lordre
de 5%, et la sécheresse en Australie sont à lorigine
de la flambée actuelle du prix du lait en poudre sur le marché.
En outre, les principaux pays exportateurs du lait en poudre ont changé
leur objectif commercial, a expliqué le ministre du Commerce et
de l'Industrie, Choguel Kokalla Maïga lors d'une récente conférence
de presse organisée par son homologue de la Promotion des Investissements
et des Petites et Moyennes entreprise et porte-parole du gouvernement,
Ousmane Thiam.
Le ministre de l'Industrie et du Commerce a par ailleurs souligné
que la plupart des pays européens, exportateurs de lait en poudre
à destination de nos marchés, s'investissent maintenant
dans la fabrication d'autres types de produits laitiers à forte
valeur ajoutée. Ils se sont tournés ainsi vers le yaourt,
le fromage, le beurre. Certains d'entre eux ont même institué
des taxes à l'exportation sur le lait en poudre en vue d'encourager
la production des produits plus sophistiqués, a ajouté Choguel
Kokalla Maïga. Ces produits, qui ne sont pas nouveaux dans l'industrie
laitière sont maintenant très prisés sur les marchés
des pays émergents d'Asie et d'Amérique, tels que la Chine
et le Brésil.
La Chine compterait plus de 600 millions de consommateurs de lait. La
classe moyenne de ce pays représente un marché potentiel
pour les industries agro-alimentaires européennes et américaines.
Elles se sont pour la plupart tournées vers ce marché, plus
porteur. La nouvelle donne affecte notre pays qui importe l'essentiel
de sa consommation d'Europe, d'Algérie et même d'Amérique.
Chaque année, la valeur du volume des importations s'élève
à une dizaine de milliards de Fcfa. Par ailleurs, les opérateurs
économiques maliens approvisionnent certains marchés de
la sous-région (Burkina Faso et le Niger) en produits laitiers.
Pourtant, le Mali figure parmi les pays les plus nantis en matière
d'élevage dans la zone de lUnion économique monétaire
ouest-africaine (Uemoa). Le potentiel national était estimé
en 2004, à plus de 7 312 500 bovins, 8 030 800 ovins, 11 400 190
caprins, 726 000 camelins. Pendant l'hivernage, le surplus de lait est
simplement versé, faute de marché d'écoulement dans
certaines zones de production très enclavées.
Le Delta central du Niger, le Sahel occidental et les régions du
Nord constituent les principaux foyers d'élevage. Le secteur emploie
une grande partie de la population. Il représente la principale
source de revenus pour plus de 30% des Maliens. Presque tous les ménages
possèdent un mini parc dans les campagnes et même dans les
centres urbains. Des troupeaux de vaches ou de moutons divaguent en permanence
dans les rues de la capitale Bamako, à la recherche de leur pitance.
INSTALLATION DE CENTRES DE COLLECTE : La contribution du secteur au PIB
varie suivant des années entre 10 et 12% et son apport aux recettes
dexportation se situe entre 30 et 35 milliards de Fcfa, soit 9 à
15% du total des exportations. L'élevage occupe la troisième
position dans les exportations après lor et le coton.
En dépit de cette potentialité, notre pays tire très
peu profit de sa production laitière. Le secteur est handicapé
par un certain nombre d'obstacles. Ce sont les difficultés organisationnelles,
les contraintes liées à la fourniture d'aliment bétail
aux producteurs, la collecte et la transformation du lait. Le pays ne
dispose que d'une seule unité de transformation industrielle de
lait, en l'occurrence l'usine Mali-Lait. Celle-ci achète le lait
avec les producteurs locaux des parcs autour du district de Bamako. Les
autres vendeurs de produits laitiers -essentiellement des petites unités
de transformation pour la- s'approvisionnent sur le marché de lait
en poudre importé.
La récurrence des crises sur le marché mondial a conduit
le les pouvoirs publics à s'engager depuis des décennie
dans la voie de la promotion de la production locale des produits laitiers.
La Politique nationale sur le lait date de juin 1985. Elle fait suite
au besoin exprimé par les acteurs de la filière, lors dune
assise de lUnion laitière de Bamako (ULB). Depuis plusieurs
projets et programmes de développement ont été initiés
dans ce sens avec l'aide des partenaires au développement.
Notre pays a adopté en janvier 2004 une politique nationale de
développement de lélevage dont lun des axes
stratégiques demeure lamélioration des performances
zootechniques du cheptel, afin daccroître les rendements des
animaux en lait, viande, peaux et cuirs. Un programme d'insémination
artificielle est ainsi en projet. Le département de l'Élevage
et de la Pêche est également engagé dans un programme
d'installation des centres de collecte du lait. Trois centres ont été
déjà installés à Tienfala, Ouélésségougou
et Koumantou
A O. Diallo
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