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Denrées de première nécessité : Il n'y a pas péril en la demeure
(L'Essor 15/06/2007)

Malgré la tendance à la hausse enregistrée sur les prix de certains produits, la situation est sous contrôle

"Il n'y a pas de problème d'approvisionnement du pays en produits de première nécessité. Là où le système de marché ne porte pas, le Commissariat à la sécurité alimentaire intervient pour faire fléchir les prix. Des instructions ont été données aux gouverneurs de tenir en permanence des réunions d'information avec les chefs de services régionaux sur la situation alimentaire et rendre compte au gouvernement qui se charge d'informer régulièrement le président de la République sur la situation. C'est dire qu'il n'y a pas de péril en la demeure." Ces assurances ont été données, hier par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Choguel Kokalla Maïga. C'était à la faveur d'une conférence de presse organisée par son homologue de la Promotion des Investissements et des Petites et Moyennes Entreprises, et porte-parole du gouvernement, Ousmane Thiam.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Abou-Bakar Traoré, celui de l'Agriculture, Seydou Traoré et son homologue de l'Élevage et de la Pêche, Oumar Ibrahim Touré étaient également présents pour donner des éclaircissements sur la situation des prix des denrées de première nécessité.

UNE SITUATION PAS EXCEPTIONNELLE : Le marché se caractérise par un mouvement de hausse des prix de la plupart des produits de première nécessité, a reconnu Choguel Kokalla Maïga dans une déclaration liminaire. La situation n'est pas exceptionnelle pour certains produits avec l'approche de l'hivernage. Mais pour d'autres, elle n'est pas normale. Au point de nécessiter une concertation au sein de l'administration en partenariat avec les opérateurs économiques pour circonscrire rapidement le phénomène. A ce jour, la situation semble être bien maîtrisée. Les indicateurs disponibles permettent d'être plus optimiste et à deux niveau, a expliqué Choguel K. Maïga.
Au niveau du stock marchand disponible dans les magasins des commerçants grossistes, la situation à la date du 8 juin dernier donne le tableau suivant : 19 449 tonnes de riz ; 25 164 T de sucre ; 687 T de farine froment ; 160 T de lait en poudre ; 779 T de mil ; 710 T de sorgho ; 512 T de maïs et 385 867 litres d'huile.
Concernant les stocks du Commissariat à la sécurité alimentaire, les quantités de céréales disponibles sont assez importantes. La situation se présente ainsi : 38 905 tonnes au niveau du Stock national de sécurité (SNS) ; 35 000 T dont 19 771 T de riz dans les magasins du Stock national d'intervention (SNI). Au niveau du Stock riz Banque islamique de développement, 25 000 T sont disponibles. Les stocks entreposés dans les entrepôts des différents ports d'approvisionnement du pays s'élèvent à 12 693 tonnes de riz ; 23 038 T de sucre ; 1 322 T de farine ; 5 834 T de blé ; 131 T de lait et enfin 165 T de thé.
Les prix ont été très fluctuants ces derniers temps, a reconnu le ministre Maïga. Le riz a été cédé entre 265 et 300 Fcfa/kg. Le prix du gambiaka varie entre 340 et 360 Fcfa/kg. Par rapport au mois d'avril dernier, le prix moyen du riz a enregistré une augmentation de 7 Fcfa/kg. Ce niveau, selon le ministre de l'Industrie et du Commerce est le plus élevé depuis le début de cette année et au cours des cinq dernières années à la même période.
Le marché du sucre a été caractérisé par des prix variant entre 380 et 500 Fcfa/kg. Les marchés les plus chers ont été ceux de Gao et Kidal avec respectivement 425 et 500 Fcfa/kg. Par rapport au mois dernier, le prix moyen du sucre a enregistré une hausse de 2 Fcfa/kg. Par rapport à son niveau, à la même période en 2006, le prix du sucre est en baisse de 8 %. Pour ce qui est de la farine de froment, les prix sur le marché ont varié entre 300 et 375 Fcfa/kg. Par rapport au mois d'avril, le prix moyen de la farine a augmenté de 8 Fcfa/kg. Comparé à son niveau à la même période en 2006, le prix moyen de la farine a augmenté de 4 %.

ENCOURAGER LA PRODUCTION LOCALE : Par contre les prix du lait en poudre ont pris l'ascenseur sur le marché. Ils ont oscillé entre 2 466 et 3 250 Fcfa/kg. Les marchés les plus chers ont été ceux de Kidal, Gao et Sikasso où les prix ont varié entre 2 800 et 3 250 Fcfa/kg. Une augmentation de 24 Fcfa/kg a été enregistrée sur les prix moyen du lait en poudre entre le mois d'avril et le mois de mai dernier. Elle s'explique par le comportement du marché international.
Le prix de l'huile varie entre 600 et 750 Fcfa/litre. Par rapport à la même période en 2006, le prix moyen de cette denrée est en baisse de 6 %. Malgré une pénurie de la graine de coton, le marché de l'huile ne présente pas d'inquiétude, a assuré le ministre.
Pour les céréales sèches, les prix sont restés presque stagnants. Par rapport à la même période en 2006, les prix moyens des céréales sont à la baisse. Cependant, à l'approche de la période de soudure, les prix des céréales pourraient évoluer à la hausse. Le comportement de l'hivernage sera déterminant dans l'évolution des prix au cours des mois de juin et juillet. Choguel K. Maïga a donné des apaisements en ce qui concerne l'approvisionnement correct du pays en denrées de première nécessité, excepté le lait en poudre.
Le ministre impute la flambée du prix du lait à des facteurs comme la diminution des subventions européennes sur le lait en poudre à l'exportation. Une mesure qui vise à décourager les exportations de lait en poudre au profit d'autres sous-produits du lait, comme par exemple le yaourt. La meilleure façon, selon lui de se mettre à l'abri est d'encourager la production locale.
Dans cette optique, l'ambition de notre pays est de porter sa production céréalière à 10 millions de tonnes à l'horizon 2010.
Le ministre de l'Élevage et de la Pêche a confirmé cette tendance en révélant l'ambition de son département d'améliorer le parc zootechnique en mettant en œuvre deux importants programmes d'insémination artificielle. Le premier pour l'amélioration de la production de la viande et le second pour la mise en place d'un centre national d'insémination artificielle. Le département de l'Élevage et de la Pêche est également engagé dans un programme d'installation des centres de collecte du lait. Trois centres ont été déjà installés à Tienfala, Ouélésségougou et Koumantou.

A O. DIALLO

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