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Mangue séchée: un produit "made in
Mali" exportable
(L'Essor 13/06/2007)
La capacité de séchage de chacune de ces unités
au départ est de 100 tonnes par an Vendu actuellement dans certains
supermarchés de la capitale, il est prisé à lexterieur
Notre pays ajoute une autre corde à son arc en matière
dexploitation de la mangue. En plus de sa position dominante dexportateur
de mangue dans la sous-région ouest-
africaine, il envisage de promouvoir la transformation industrielle des
mangues par linstallation des unités de séchage à
Bamako, qui couvrira la capitale et ses environs, Yanfolila et Bougouni.
La capacité de séchage de chacune de ces unités au
départ est de 100 tonnes par an. Selon Mohamed Sidibé, coordinateur
du Projet cadre intégré, des tests ont eu lieu dans les
salons agricoles en Allemagne et en France. Et les consommateurs européens
se sont montrés très intéressés par le produit.
Cétait la ruée dans le stand du Mali, a-t-il précisé.
Lengouement suscité par la mangue séchée prouve
déjà que cette filière est porteuse et se révèle
comme une alternative à lexportation des mangues conditionnées
avec tout le risque de rejet des mangues à lentrée
des pays étrangers. Actuellement, lon retrouve des paquets
de mangues séchées dans les rayons de certains supermarchés
de la capitale et même de la sous-région, notamment en Côte
dIvoire et au Burkina Faso. Elle est cédée entre 3
000 et 3 500 Fcfa le kg sur le marché local. Le même produit
peut osciller entre 5 000 et 6 000 Fcfa le kilo à lexportation.
Dailleurs une jeune entreprise burkinabé sest spécialisée
dans lexportation des mangues séchées de chez nous
sur le marché européen. Elle passe des commandes chez des
fabricants maliens au profit des clients européens.
Dautres initiatives sont en cours dexamen pour la fabrication
des boîtes de conserve -confitures et jus de mangue-. Ainsi, le
développement du secteur de la transformation de la mangue de chez
nous permet non seulement de valoriser les sous-produits de la mangue,
mais aussi de créer de la valeur ajoutée améliorant
ainsi les revenus des producteurs. Elle crée aussi des emplois
salariés dans les unités de séchage qui sont de véritables
unités industrielles. Chaque fabrique peut employer en moyenne
une vingtaine de personnes, a expliqué Mohamed Sidibé.
Plus de 200 000 tonnes par an. Est-il besoin de signaler que notre pays
figure parmi les grands producteurs de mangues en Afrique de louest.
Notre potentialité de production selon le coordinateur du Projet
cadre intégré, est estimée à plus de 200 000
tonnes par an. Mais ce nest quune infime partie de cette production
qui est exportée vers les marchés européens. En 2004,
le volume des exportations navait pas encore atteint les 3000 tonnes.
Les statistiques de Trade Mali chiffrent les exportations durant les trois
dernières campagnes à 1 129 tonnes en 2003 ; 2 404 en 2004
et 2 927 tonnes en 2005. Le reste de la production est soit consommé
sur place ou pourrit sous les manguiers dans les champs ou sur les dépôts
dordures des marchés. La mangue est un produit périssable.
Si elle nest pas bien conservée après la cueillette,
elle se détériore très rapidement. Surtout si elle
est déjà infestée le pourrissement est encore plus
rapide.
Une autre plaie de notre filière mangue est linfestation
des fruits par les insectes nuisibles. Mais une forte thérapie
a été mise en oeuvre pour arriver à bout de ce phénomène.
En effet, le Projet cadre intégré appuie les producteurs
dans le traitement phytosanitaire de leurs champs en vue de débarrasser
les manguiers des nuisibles. En 2006, le projet a traité 2 000
ha de manguiers dans les zones de Sikasso, Bougouni, Yanfolila, Bamako
et environ. Il a également procédé à la sensibilisation
des producteurs et des exportateurs sur les bonnes pratiques agricoles.
En outre, il a mis en place un fonds de soutien à la filière
au profit des exportateurs en vue de faciliter laccès au
crédit et réalisé le guide de lexportateur.
La ruée des Ivoiriens. Pendant la campagne 2005-2006, il a traité
4 000 ha à Sikasso, Bougouni, Yanfolila et dans la zone périurbaine
de Bamako et cette année encore la même superficie sera traitée
à Kadiolo, explique le coordinateur, Mohamed Sidibé. Un
premier traitement a eu lieu en mars dernier. Il a concerné les
insectes nuisibles. Le second traitement est attendu ce mois-ci (juin).
Il concerne les mouches. Les deux traitements permettront daccroître
encore le volume des exportations. Rappelons que durant la campagne précédente,
le traitement a permis daugmenter le volume des exportations qui
est passé de 2 927 à 4 521 tonnes et a rapporté à
la filière environ 6 milliards de Fcfa.
Notons que le traitement qui doit seffectuer sous peu, permet détaler
la production des mangues jusquen fin juillet. Déjà
la production chez nos voisins Ivoiriens tend vers sa fin. Les exportateurs
ivoiriens vont se tourner à présent vers les vergers de
la troisième région. Ils mettent le prix et raflent logiquement
la mise devant nos exportateurs qui ont tendance à vouloir acheter
à des prix bas.
Le traitement a permis daméliorer la qualité de la
mangue, tirant le prix au producteur vers le haut. Et le risque de rejet
sur le marché européen a beaucoup reculé, grâce
aux efforts en cours dans le cadre de la certification des exportations.
Le projet a choisi la certification Eurecap. Cinq exportateurs sont accompagnés
par le bureau de consultant sénégalais Bioscop, aux frais
du Projet cadre intégré. Bioscop est le seul bureau spécialisé
en la matière reconnu par Bruxelles dans notre sous-région.
La certification Eurecap permet de certifier lensemble de la chaîne
de la filière : des vergers au marché de consommation. Ce
quon appelle la traçabilité dans la filière.
Cest dans ce cadre que le projet envisage dinstaller un poste
de contrôle phytosanitaire à laéroport de Bamako
Sénou, en vue de sécuriser les exportations maliennes en
extirpant du lot les cas dinfection, afin de minimiser le risque
de rejet. La découverte dune seule mangue infestée
dans une cargaison, en Europe, entraîne la destruction par incinération
et aux frais de lexportateur de tout le lot expédié.
Les consommateurs et les services sanitaires européens sont stricts
sur le respect des normes et qualité. A cet effet, les pouvoirs
publics ne transigent pas sur la stricte application des textes réglementaires
en la matière.
Faut-il rappeler que les exportations de notre pays sont destinées
au marché européen, en particulier, la France, le Pays-Bas
et la Grande Bretagne. Les variétés prisées sur ces
marchés sont les Tommy, Atkins, Haden, Keitt, Kent et lAmélie
qui est de plus en plus prisé pour la rapidité de sa transformation
et ses qualités gustatives.
A. O. DIALLO
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