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Filière lait : un gros potentiel à valoriser
(L'Essor 05/06/2007)
Les récentes hausses sur les prix mondiaux ont rappelé la
nécessité de moderniser la filière au niveau national
Notre pays, à linstar du reste de la communauté internationale,
a célébré samedi la Journée mondiale du lait.
Au moment où les prix de cette denrée connaissent une hausse
de prix vertigineuse (Voir l'Essor du 30 mai 2007).
La cérémonie s'est déroulée dans les jardins
du Palais de la culture sous la présidence du ministre de lÉlevage
et de la Pêche, Oumar Ibrahim Touré. Elle a été
marquée par des expositions/ventes de produits laitiers frais et
transformés des unités industrielles et artisanales de Bamako
et des régions.
Décrétée par la FAO en 2001, la Journée mondiale
du lait a pour but d'attirer lattention du public et des médias
sur un des sous-secteurs clés de léconomie rurale.
Faire connaître les acteurs du sous-secteur du lait et des produits
laitiers et susciter la réflexions et des débats sur le
développement de cette filière qui joue un rôle important
dans la lutte contre la pauvreté, a indiqué Cheick Bougadary
Bathily, chargé de programmes à la représentation
de la FAO à Bamako.
Le lait fournit des revenus relativement rapides aux petits producteurs.
C'est un aliment nutritif équilibré et un élément
clé pour la sécurité alimentaire des ménages.
Dans les pays en développement où l'on prévoit une
hausse de la demande de 25 % d'ici 2025, les petits éleveurs produisent
la majeure partie du lait. Pourtant dans ces pays, la valeur des importations
de lait a augmenté de 43 % entre 1998 et 2001, alors que plus de
80 % du lait consommé au monde (soit 200 milliards de litres par
an) est commercialisé hors du marché organisé et
n'est pas réglementé. Face à cette problématique,
la FAO encourage les pays à exploiter les possibilités de
développement du sous-secteur du lait et des produits laitiers
en encourageant, entre autres, la promotion de systèmes de production,
de transformation et de commercialisation sûrs et efficaces.
Le secteur de l'élevage occupe une place importante dans notre
économie. Il contribue pour 10,8 % au PIB. Malgré limportance
du cheptel national estimé à plus de 7 millions de bovins,
22 millions dovins/caprins et 600.000 camelins, force est de reconnaître
que la production laitière ne permet pas encore de couvrir les
besoins en lait du pays.
La consommation moyenne de lait par habitant et par an se situe dans notre
pays entre 10 et 20 litres, ce qui est bien en deçà des
chiffres de 80 à 90 litres dans les pays développés.
La norme admise par la FAO étant de 62 litres par personne et par
an. Pour couvrir la demande en lait, le pays importe par an près
de 7500 tonnes de lait et de produits laitiers. Ce qui correspond à
une sortie annuelle de devises de près de 10 milliards Fcfa.
Face à ce manque à gagner, notre pays a adopté en
janvier 2004 une politique nationale de développement de lélevage
dont lun des axes stratégiques demeure lamélioration
des performances zootechniques du cheptel, afin daccroître
les rendements des animaux en lait, viande, peaux et cuirs.
Estimée à un potentiel de 1.815.579 tonnes de lait, la production
nationale bute à certains obstacles : difficulté de collecte
du lait local, faible capacité de transformation des unités
existantes et le caractère encore extensif de notre élevage.
En raison de ces difficultés, le lait est produit dans des zones
très éloignées des grands centres de consommation
pendant une bonne partie de lannée. Et seulement une infime
partie de cette production est transformée par les mini laiteries
du réseau "Danaya Nônô", les centres de collecte
de Kasséla, Ouéléssébougou, Kéléya
et Koumantou et lindustrie laitière de Bamako (Mali-lait)
etc.
La Journée mondiale du lait se tient à un moment où
lacquisition des produits laitiers devient de plus en plus problématique
sur le marché international, occasionnant ainsi des difficultés
pour la couverture des besoins nationaux. Cette situation regrettable
doit, selon le ministre Touré, nous inciter à plus de motivations
pour consolider les acquis de la filière lait local et à
déployer davantage de moyens pour la promouvoir. Il sest
dit persuadé que les professionnels du lait saisiront loccasion
pour sorganiser davantage en vue de mettre en place une organisation
interprofessionnelle dynamique et forte.
M. COULIBALY
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