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Secteur privé: le déclic ?
(L'Essor 23/06/2003)

Le développement du secteur privé passe par l'instauration d'un véritable partenariat et d'un dialogue permanent avec l'État. Les deux acteurs ont promis chacun d'assumer sa part de responsabilité
Tout ou presque a été dit sur le rôle du secteur privé comme moteur de l'économie. De séminaires en colloques ou autres ateliers, le slogan revient comme une litanie. Malgré tout, le privé n'arrive toujours pas à endosser le costume taillé pour lui. Pourtant, tous les facteurs qui entravent son épanouissement sont identifiés : problème de financement, manque d'organisation, insuffisance des infrastructures de base, coût élevé des facteurs de production, fraude, lourdeurs administratives, système fiscal complexe, pour ne citer que ceux-ci. Il est donc temps de passer de la parole aux actes. Tel était le sens de la rencontre du président de la République, Amadou Toumani Touré avec les opérateurs économiques jeudi dernier à Koulouba.
Industriels, banquiers, commerçants, artisans, transporteurs, tout le gotha du monde des affaires participait à cette rencontre historique qui intervenait après les rencontres sectorielles que le chef de l'État a eu avec les responsables des grandes branches d'activité du monde des affaires (le Conseil national du patronat, la Chambre de commerce et d'industrie, le Conseil malien des chargeurs, l'Association professionnelle des banques).

Un véritable partenariat entre les secteurs public et privé. En ouvrant les débats, le président de la République réaffirmera sa conviction que le secteur privé peut et doit jouer un rôle prépondérant dans le développement économique du Mali. Et cela passe par un véritable partenariat entre les secteurs public et privé. Le gouvernement, dira-t-il, doit poursuivre des politiques qui créent et préservent un environnement permettant au secteur privé de s'affirmer et de devenir un véritable employeur et créateur de richesse. Ce qui signifie l'adoption de mesures favorables aux affaires, l'intermédiation financière, la mobilisation des ressources nationales par l'épargne, y compris celle de nos compatriotes établis à l'extérieur, et à l'investissement interne et étranger. Tout en exhortant les opérateurs économiques à faire preuve de plus d'initiative et de créativité, il instruira au gouvernement de persévérer dans les réformes économiques, et dans l'application de politiques macro-économiques judicieuses.
Après l'intervention du chef de l'État, le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, Jeamille Bittar, le président du Conseil national du patronat malien, Moussa Balla Coulibaly, et président du Réseau de l'entreprise en Afrique de l'ouest, Cheick Tidiane Camara, se succéderont pour faire leur diagnostic de la situation suivi de propositions. Tous ont salué l'initiative du chef de l'État et insisté sur la nécessité d'instaurer un véritable partenariat entre l'État et le secteur privé en vu de créer un climat de confiance.

Des revendications corporatistes. "Les opérateurs économiques apprécient la dynamique de concertation et votre engagement à donner au secteur privé son rôle de moteur de l'économie" dira Jeamille Bittar, lequel tout en reconnaissant les efforts du gouvernement, établira un état critique des lieux. Mais très vite, l'intervention du patron de la CCIM se chargera de revendications corporatistes, comme l'allégement de la fiscalité, l'annulation des créances de l'ex-BDM, la situation des promoteurs hôteliers qui s'étaient endettés à l'occasion de la CAN 2002, l'adoption de tarifs préférentiels d'électricité et d'eau pour les industriels. Jeamille Bittar insistera sur le problème de l'accès au crédit en réclamant la création d'un fonds national de garantie. "C'est l'occasion de mettre en cause l'ensemble du système bancaire dont les taux d'intérêt usuriers ruinent les opérateurs économiques", lancera-t-il
Le président du Conseil national du patronat malien, Moussa Balla Coulibaly, percevra dans l'initiative présidentielle, "l'expression d'un changement annoncé". Car si "le secteur privé comme moteur de l'économie est dit et chanté sur tous les tons, jamais un président de la République ne l'avait inscrit dans son agenda". Il est temps, jugera-t-il, d'écouter les femmes et les hommes qui travaillent, qui créent des emplois. Le Mali, poursuivra-t-il, peut devenir un modèle économique, tout comme il est une référence sur le plan politique. Pour être concret, le Conseil national du patronat a élaboré un document intitulé "Dix propositions au président de la République" dans lequel il formule ses solutions.
Du côté du gouvernement, le Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani était entouré des ministres de l'Économie et des Finances, Bassari Touré, de l'Industrie et du Commerce, Choguel Maïga, et du ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et du Secteur privé, Ousmane Thiam.
Le chef du gouvernement a estimé que le secteur privé avait pris depuis quelque années un "essor fulgurant", devenant incontournable. Le développement de l'initiative privé sera au cœur de toutes les politiques gouvernementales, a assuré Ahmed Mohamed Ag Hamani en préconisant de soigner l'image du secteur privé et de renforcer son niveau d'organisation. Le Premier ministre profitera de l'occasion pour remercier au passage les opérateurs économiques pour le patriotisme dont ils ont fait montre tout au long de la crise ivoirienne.

Des engagements réciproques. Choguel Maïga, lui, relèvera que le niveau d'industrialisation du Mali est l'un des plus faibles de la sous-région. Pour inverser la tendance, une approche volontariste et pragmatique s'impose. Il est illusoire, dira-t-il, de vouloir développer ensemble, toutes les potentialités dont dispose notre pays. La stratégie doit donc consister à concentrer les efforts sur deux ou trois filières dans lesquelles nous avons des avantages comparatifs certains. Le ministre de l'Industrie et du Commerce invitera nos opérateurs économiques à plus d'organisation pour sortir progressivement de la gestion artisanale des affaires. Il devait dénoncer une fois de plus la fraude et la concurrence déloyale qui minent tous les efforts pour développer l'industrie.
Son homologue de l'Économie et des Finances, Bassari Touré, a estimé que le meilleur partenariat entre l'État et le secteur privé implique la mise en œuvre d'actions concrètes sur la base d'engagements réciproques. Il a demandé aux opérateurs économiques d'exprimer leurs besoins et de s'engager en conséquence à les réaliser avec l'appui de l'État. Bassari Touré pense qu'il faut rendre plus crédibles et plus représentatives les structures officielles regroupant des opérateurs économiques. Il a déploré le manque de spécialisation chez nos hommes d'affaires qui interviennent "tous azimuts dans de multiples domaines". Le secteur privé, juge-t-il, doit gagner davantage en efficacité et en crédibilité et ne devrait pas se figer dans un syndrome de revendications syndicales comme par exemple l'annulation d'agios et d'arriérés de fiscalité ou les allégements fiscaux en tous genres. "Le secteur privé ne doit pas avoir une mentalité de fonctionnaire ou une attitude de protectionniste permanente", martèlera-t-il. Bref, il faut un changement fondamental de mentalité.
Le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et du Secteur privé, Ousmane Thiam, s'est appesanti sur les efforts en cours pour favoriser les investissements. A ce propos, il a annoncé l'aménagement prochain de 50 hectares sur les 200 que compte la nouvelle zone industrielle de Djalakorodji.
Après ces différentes interventions, les débats commencèrent donnant à la rencontre l'allure d'une réunion des forces vives de la nation, chacun insistant sur les maux qui minent son domaine sur un ton parfois vif. Gérard Achcar, le PDG du groupe Achcar, s'en prendra ainsi vertement à l'UEMOA qui selon lui n'est pas bonne pour notre pays. Depuis l'entrée en vigueur du tarif extérieur commun (TEC), arguera-t-il, les industries maliennes ont perdu 50 % de leurs marchés. Tout en réclamant une révision du Traité de l'UEMOA, Achcar appellera les Maliens à pratiquer le nationalisme économique c'est-à-dire à "consommer malien".
Le mot de la fin reviendra naturellement au président Amadou Toumani Touré qui a tiré la conclusion principale de la rencontre : la commune volonté de l'État et au secteur privé de renforcer leur partenariat.

Un cadre de concertation de haut niveau. Le chef de l'État a invité le gouvernement à la dynamisation du cadre de concertation et de partenariat Etat/secteur privé ; l'intensification des actions de promotion des investissements ; la création d'un fonds national d'investissement et de garantie pour le financement des projets industriels ; l'accélération de l'aménagement des zones industrielles ; la recherche de nouvelles lignes de crédit adaptées aux conditions de la demande locale et la facilitation de l'accès au crédit bancaire ; la réduction des coûts des facteurs de production ; l'assainissement de l'environnement des affaires par la lutte contre la fraude ; le renforcement de la justice et l'amélioration du système fiscal ; l'implication des privés nationaux dans le processus de privatisation ; l'amélioration des procédures de passation des marchés.
Aux opérateurs économiques, il a demandé une meilleure contribution à la croissance par la création d'entreprises industrielles de transformation des matières premières locales, le paiement régulier des impôts et taxes, une spécialisation accrue du secteur privé, la lutte contre la fraude par l'appui aux structures de contrôle et de répression ainsi que par une plus grande sensibilisation etc...
Amadou Toumani Touré a annoncé la création d'un Conseil présidentiel pour l'investissement (CPI). Ce conseil sera un cadre de concertation de haut niveau entre le président de la République et le secteur privé, pour la mise en œuvre d'actions majeures nécessaires à la relance ou à la promotion de l'investissement. Dans un souci d'efficacité, le conseil sera une structure de taille réduite appelée à avoir des concertations une fois par semestre avec le chef de l'État sur toutes les questions relatives à l'investissement.
Les conclusions de cette rencontre seront consignées dans un document qui sera remis aux différentes parties. Le gouvernement s'est donné un mois pour faire des propositions concrètes sur les difficultés soulevées par les privés. La prochaine rencontre aura lieu dans six mois.

S. TOGOLA

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