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Economie développement: LAfrique, Continent
piègé à répétition Est-ce une fatalité que lAfrique ne puisse pas se développer ? Non ! Assurément. En effet, au regard dimmenses ressources (minières, forestières halieutiques, énergétiques) dont il dispose, notre Continent ne peut demeurer léternel parent pauvre du développement mondial. Au début des années 60, René Dumont, Economiste Français de renom a sans doute été un des tout premiers à tirer la sonnette dalarme pour prévenir que lAfrique allait tout droit dans le mur. En publiant LAfrique noire est mal partie dès 1962, René Dumont mettait laccent sur les dangers du morcellement territorial - le rejet des frontières du colonialisme et lidée de lunité africaine étaient encore vivaces - et le coût des bureaucraties que le processus allait faire naître. Mais, surtout, il constatait que lhéritage colonial était très lourd : des ressources constituées essentiellement de matières premières et des habitudes de monoculture coloniale - larachide ou le cacao par exemple - faites par et pour les anciens propriétaires européens. Quand les prix de ces matières premières - à lexception de ceux du pétrole - seffondreront quelques années plus tard, le coût sera considérable pour le continent. À cette époque pourtant, les eurodollars, puis les pétrodollars nétaient pas encore été investis en Afrique. Les conséquences de « lAjustement structurel » en Afrique La Banque mondiale et le Fonds monétaire international navaient pas encore inventé lajustement structurel. Les dirigeants africains nétaient pas encore en règle générale des dictateurs que les bailleurs de fonds et les entreprises du Nord allaient pouvoir corrompre, ou même carrément salarier comme de récents procès en Afrique lont montré. Le résultat est connu : lAfrique est, globalement, le parent pauvre du développement. Cest en Afrique que la croissance est la plus faible, de même que la participation aux échanges internationaux. Cest là que la pauvreté est quasiment la règle, que léducation accumule un retard dramatique presque partout sur le Continent. En plus du lourd lhéritage légué par la colonisation aux anciennes colonies dAfrique noire hypothéquant leur développement, les Institutions de Breton Woods, à partir de 1980, ont contraint ces Etats, à accepter leurs plans dajustement structurel, plans qui navaient dautre but que de piéger une fois de plus les Etats africains et de prendre en otage leurs économies. Vers la fin des années 1980, La Banque mondiale et le Fonds monétaire international sévertuaient à démontrer aux dirigeants africains les vertus du libéralisme économique. Privatisations, processus de récolonisation des économies En optant donc pour cette philosophie du développement, les Etats africains selon la Banque mondiale et le FMI, souvrent au paradis. Cest à partir de là que seront bradées toutes les Sociétés et Entreprises dEtat en Afrique avec à la clé des centaines de milliers demplois supprimés. Après le retrait de lEtat des secteurs convoités, selon le concept libéralisme économique, cest le secteur privé qui prend le relais. Mais pour ce faire sagira-t-il de secteur privé national ou de secteur privé étranger. En sachant que le secteur privé africain nest pas suffisamment outillé pour remplacer valablement les Etats dans les secteurs économiques, ce rôle revenait forcément aux entreprises étrangères. Particulièrement aux multinationales pour qui roulent la Banque mondiale et le FMI. Par exemple, une vingtaine dentreprises françaises sont présentes en Afrique depuis plusieurs décennies. Parmi elles : Bouygues et Vinci (construction), CFAO (distribution spécialisée), Rougier (bois), Total (hydrocarbures), Castel (bière), Dagris (coton), la Compagnie fruitière, Bolloré et CMA-CGM (logistique et transport), Veolia (eau), Accor (hôtellerie), Air France, BNP Paribas, Société générale (banque). Les privatisations ont été à nen pas douter un véritable processus de recolonisation des économies africaines. En Côte dIvoire par exemple, 210 filiales dentreprises françaises étaient implantées avant 2002, contrôlant lensemble des secteurs stratégiques (télécommunications, énergie, eau, transports, banques, bâtiment et travaux publics, agro-industrie), pour un chiffre daffaires supérieur à 1500 milliards de francs CFA. Il est loin le temps où, durant la guerre froide, les groupes français, très bien implantés en Afrique francophone, contrôlaient plus de la moitié des marchés au Gabon, en Côte dIvoire, au Cameroun ou au Sénégal, et enregistraient des profits considérables avec le soutien de la Compagnie française dassurance pour le commerce extérieur (Coface). Avec plus de 50 millions deuros (32,5 milliards de francs CFA) en 2005, le Sénégal est le 4e pays bénéficiaire des investissements directs français en Afrique, après le Nigeria, le Congo et lAfrique du Sud. Au Gabon, 91 filiales dentreprises françaises dont le groupe Véolia (qui a déclaré au titre de lexercice 2007, un chiffre daffaires de 91,8 Milliards deuros) se partagent les activités économiques essentielles du pays : le pétrole, le bois et le manganèse représentant les 55 % des exportations globales de ce pays. Aux secteurs privés africains, tout manque pour pouvoir supporter la compétition internationale: les capitaux, la technologie de pointe et les équipements appropriés pour les BTP et lAgriculture moderne. Le colonialisme a péché en norganisant pas assez tôt la formation délites prêtes à prendre la relève. Ce défaut a surtout été constaté dans les anciennes colonies françaises, belges ou portugaises. Les britanniques, plus clairvoyants, avaient depuis longtemps admis dans leurs universités des étudiants africains. A cet autre piège du sous-développement intellectuel lAfrique sest encore laissée prendre. Le nouveau piège (pas peut-être le dernier), cest les Accords de Partenariats Economiques (APE). Alpha Kaba Diakité © Copyright L'Aube Archives |
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