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Coton africain: le challenge de la standardisation
(L'Essor 09/05/2008)

Cette nouvelle initiative qui intéresse l'Afrique de l’Ouest et du Centre vise à améliorer la compétitivité de la filière
Les difficultés qui plombent le secteur cotonnier en Afrique sont connues de tous mais on ne peut se lasser de les rappeler. Il s'agit essentiellement de la baisse continue des cours de la fibre sur le marché international, la hausse vertigineuse du prix du pétrole qui a des répercussions directes sur le coût des intrants, la faiblesse continue du dollar par rapport à l'euro (monnaie d'arrimage du Fcfa) et surtout des subventions accordées par des pays développés à leurs producteurs, faussant ainsi le jeu de la concurrence.
Il va de soi que nos pays n'ont aucune prise sur ces facteurs exogènes. Face à la situation, ils ne baissent pas pour autant les bras. Parmi les nombreuses initiatives entreprises pour sortir la filière du marasme, il y a la "standardisation de la mesure instrumentale du coton". Le lancement officiel de ce projet a eu lieu hier à l’hôtel Salam.
La cérémonie était présidée par Mamadou Traoré, le secrétaire général du ministère de l’Économie, l'Industrie et du Commerce, et s'est déroulée en présence du directeur général de la CMDT, Ousmane Amion Guindo, de son collègue de la SOFITEX du Burkina Faso, et d'un représentant de la Délégation de l’Union européenne au Mali, Gabin Humann. L’administrateur principal du projet, Sietse Van Der Werff qui représentait en même temps le Fonds commun pour les matières de bases (CFC), était présent.
Le projet "Standardisation de la mesure instrumentale du coton à des fins commerciales pour les pays producteurs de coton en Afrique de l’Ouest et du Centre" est une initiative du Comité consultatif international du coton (CCIC) en partenariat direct avec l'Union européenne. L'initiative cadre avec les mesures préconisées par la réunion des ministres africains en charge de la filière coton lors du Forum de Paris en 2004. Le projet a deux objectifs majeurs : la facilitation du commerce de coton et l’amélioration de la compétitivité du secteur coton.
Les principales actions prévues portent sur le renforcement institutionnel et politique qui facilitera la mise en oeuvre des stratégies de développement la capitalisation des opportunités d’intégration de la chaîne, le développement de certains créneaux comme le coton bio-équitable, la promotion de la recherche sur les tissus et vêtements.
La mise en oeuvre de la "standardisation de la mesure instrumentale du coton, à des fins commerciales pour les pays producteurs de coton" coûtera 465 millions d’euros (soit plus 304 milliards Fcfa) dont 68 % seront apportés par la Commission européenne.
Gabin Humann de la Délégation de l’Union européenne, a révélé que le projet prévoit l'implantation de laboratoires de référence dans notre pays. Il va permettre aux pays bénéficiaires de maintenir et même d'améliorer leur compétitivité, leurs perspectives commerciales et leur accès au marché. Cela dans un environnement caractérisé par des progrès technologiques constants multipliant les exigences de qualité. "Les réalités du marché et de la compétition qui y fait rage ne doivent pas nous faire perdre de vue que le plus grand défi qui se pose au coton africain est celui de la compétitivité", a souligné Gabin Humann.
L'administrateur principal du projet, Sietse Van Der Weff, a axé son propos sur les actions menées par le Fonds commun pour les matières de base. Ce fonds est une institution intergouvernementale autonome de financement crée dans le cadre des Nations Unies et forme un partenariat de 107 États. Il a pour mission d'aider les producteurs de produits de base.
Il appuie également les pays en développement pour renforcer et diversifier leur secteur agricole en tant que moteur de la croissance et du développement économique.
Le secrétaire général du ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Commerce a remercié le Fonds commun pour les matières de base et l'Union européenne pour leur engagement dans le financement et l'exécution du projet. Après avoir rappelé la place qu'occupe le coton dans l'économie nationale, Mamadou Traoré a confirmé que le projet répondait aux attentes du pays dans la recherche de solution à la crise de la filière du coton.

Doussou DJIRE

© Copyright L'Essor

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