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Initiative riz : bilan d'étape
(L'Essor 09/05/2008)
Avec l'hivernage qui approche, l'opération entre dans sa phase
concrète.
L'"Initiative riz" lancée par le Premier ministre, Modibo
Sidibé, était, mercredi, au centre d'une réunion
de cabinet. Présidée par le chef du gouvernement, celle-ci
a établi un bilan d'étape de l'initiative. Outre les membres
du cabinet de la Primature, la rencontre a regroupé les responsables
des ministères et services impliqués dans la mise en oeuvre
de l'opération et le commissaire à la Sécurité
alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara.
Le ministre de l'Agriculture, Tiémoko Sangaré, a fait le
point des actions menées ou en cours d'exécution et a annoncé
l'installation d'un comité national de pilotage, de ses démembrements
régionaux et d'une cellule technique.
L'une des conditions de réussite de l'initiative réside
dans l'approvisionnement en semences. A ce sujet, le ministre Sangaré
a indiqué que les besoins pour couvrir la zone d'extension du Nerica
(une nouvelle variété de riz) sont estimés à
3490 tonnes. Mais pour le moment, le pays ne dispose que de 1500 tonnes.
Celles-ci ont été recensées par les directions régionales
de l'Agriculture de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Il y a donc un gap de
2000 tonnes à combler grâce à des importations de
Guinée et de Gambie, deux producteurs de semences qui disposent
respectivement de 700 et 2300 tonnes.
Tiémoko Sangaré a précisé que trois opérateurs
privés semenciers (Comptoir 2000, Faso Kaba et Togouna) ont été
identifiés par le département de l'Agriculture pour l'acquisition
de ce complément de semences dont l'achat, l'acheminement et la
distribution feront l'objet d'une convention de transaction entre la Banque
nationale de développement agricole (BNDA) et l'opérateur
choisi au terme d'une consultation. Les semences doivent être disponibles
au plus tard le 15 juin à venir.
Le Premier ministre a demandé d'accélérer les procédures
d'achat du reliquat de semence pour permettre aux paysans de semer à
temps. Il a par ailleurs suggéré au ministère de
l'Agriculture de vérifier avec plus de précision les besoins
en semences des riziculteurs, notamment dans la Région de Ségou.
Pour les engrais, les besoins sont évalués selon le ministre
de l'Agriculture, à 92 098 tonnes dont 24 795 tonnes pour le DAP
et 67 303 tonnes pour l'urée. Le département et certains
fournisseurs d'engrais et de semences se sont rencontrés mercredi
pour évaluer les stocks et jauger la capacité de ces opérateurs
à satisfaire les besoins.
En principe, aucun problème ne devrait se poser pour les semences
destinées aux zones où la maîtrise de l'eau est totale
et celles où est pratiquée la submersion contrôlée,
car les producteurs installés dans ces systèmes de culture
de riz disposent de leurs propres semences et ont, en plus, une expérience
avérée en la matière.
Tiémoko Sangaré a par ailleurs annoncé le recrutement
de 102 agents de conseil agricole par l'entremise d'un concours qui sera
organisé après-demain par le ministère du Travail,
de la Fonction publique et de la Reforme de l'État.
En équipements, le ministère de l'Agriculture prévoit
70 motoculteurs et 5 mini-rizeries (usines où on traite le riz
paddy) pour la zone de l'Office du Niger, 36 motopompes pour Mopti, Tombouctou
et Gao, 100 batteuses et autant de décortiqueuses pour l'ensemble
des zones de production de riz.
Le démarrage des travaux champêtres étant imminent,
il a été suggéré que le marché d'acquisition
des motoculteurs et des mini-rizeries soit conclu avec le CAFON de Niono
qui dispose d'une expertise et d'une capacité avérées
en la matière. Le 15 juin est retenu comme date butoir de livraison
de ces équipements. Par contre, l'acquisition des motopompes et
du matériel dit post-récolte est envisagée sur la
base d'une consultation restreinte avant le 30 août.
L'argent étant le nerf de la guerre, le ministre de l'Agriculture
s'est réjoui du fait que la BCEAO, les banques et les institutions
de microfinance aient accepté d'appuyer l'initiative. Elles ont
assuré de leur disponibilité lors d'une rencontre qui s'est
déroulée le 2 mai à Ségou (voir L'Essor du
5 mai). Après cette réunion, une série de rencontres
est prévue pour que les banques précisent leurs engagements.
Pour la gestion des fonds destinés à l'opération,
Tiémoko Sangaré a annoncé que les dispositions sont
prises par le ministère des Finances pour l'ouverture auprès
de la BNDA, d'un compte spécial qui sera alimenté à
hauteur de 5 milliards Fcfa.
Le ministre de l'Agriculture a aussi révélé qu'une
requête de financement a été adressée au Centre
des Objectifs du millénaire pour le développement et à
l'ONG SG-2000 qui se sont montré disponibles à accompagner
techniquement et financièrement l'initiative.
Enfin, Tiémoko Sangaré a annoncé la mise en place
de fonds de subvention dans des régions pour soutenir les opérations
d'achat des stocks de semences et éviter ainsi toute spéculation.
Ces fonds seront repartis entre les régions de Sikasso (339 millions
Fcfa), Koulikoro (295,2 millions) et Kayes (300 millions).
M.KEÏTA
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