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Production minière au Mali - A qui profite lor
du Mali ? Elles décrochent dimportantes concessions pour une bouchée de pain, ont recours à des méthodes de travail parfois dignes du régime de lapartheid et senrichissent au mépris de la réglementation en vigueur. Pire, lextraction de lor provoque des dégâts environnementaux, que le gouvernement a, de plus en plus, du mal à circonscrire. Chronique dune catastrophe annoncée. Avec une production moyenne de 60 tonnes dor par an et des réserves, estimées à 700 tonnes, le Mali se classe au 3e rang africain, après lAfrique du Sud et le Ghana. Le Métal jaune constitue la première source de devises de notre pays. La portion congrue à lEtat Pourtant, la fièvre de lor ne souffle sur le Mali que depuis une décennie. Avec la chute du régime dictatorial du Général Moussa Traoré et louverture de léconomie malienne aux capitaux étrangers, les multinationales - surtout minières- ont investi le secteur. « Cétait lépoque de la fin de lapartheid en Afrique du Sud. Et les grandes sociétés minières sud-africaines qui sinquiétaient de lévolution politique de leur pays, ont vite mis le cap sur le Mali, à la recherche de nouveaux sites dexploitation » rappelle un ancien opérateur minier. Avec larrivée massive de ces multinationales, la production dor a connu un véritable boom. En lespace de cinq ans, la production a augmenté de 350 %. En juin 2002, déjà, le chiffre daffaires annuel du secteur de lor était estimé à 30 milliards CFA. Soit 46 millions deuros. Mais, curieusement, lEtat malien a dû abandonner sa souveraineté sur cette manne financière. Le Programme dAjustement Structurel (PAS) a conduit, en 2000, à la fermeture de la SONAREM (Société Nationale de Recherche et dExploitation Minière). Mais aussi, au licenciement de ses 300 salariés. Avec la disparition de la SNAREM, lEtat malien na plus droit quà la portion congrue de son or, désormais, exploité et commercialisé par ces multinationales. Mieux, la part de lEtat malien, dans le capital de ces sociétés minières, est fixée à 20 %. Plus grave encore, 40 % des revenus, générés par lor, restent au Mali sous forme dimpôts, de taxes, salaires, cotisations sociales, investissements locaux etc « Cest beaucoup, si lon considère que lessentiel de linvestissement dans le secteur aurifère repose sur les sociétés privées ; mais peu, pour faire de lor le moteur de développement », sindigne un spécialiste de la finance internationale. Un haut fonctionnaire de la Direction Nationale de la géologie et des Mines déplore la mainmise des multinationales sur les ressources minières de notre pays, mais reste réaliste. « On ne peut pas se passer des grandes sociétés minières » explique t-il. Avant dajouter : « Mais leur but est, avant tout, de gagner de largent, pas de développer le Mali ». Le Mali, un filon pour les sociétés minières Au Mali, faut il le rappeler, la contribution des sociétés minières au développement local est laissé au bon vouloir des multinationales. A Sadiola, par exemple, la Société Anglogold, qui exploite la mine, nà toujours par fait goudronner la route, reliant cette localité à Kayes. Une route que ses camions empruntent, pourtant, chaque jour. Du côté de lEtat, les revenus tirés de lor servent, dit-on, à payer les salaires des fonctionnaires. Avec le risque de laisser, de côté, la promotion de cette filière, pourtant, prometteuse. « Lor devient une rente pour lEtat, mais ne profite pas aux opérateurs maliens, ni à notre pays dans son ensemble », déclarait un fonctionnaire de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines, dans une Magazine international. Autre conséquence de la disparition de la SONAREM : lEtat malien nexerce quun contrôle lointain sur la production de lor. La Direction Nationale de la Géologie et des Mines, chargée dattribuer les permis dexploitation et de veiller au respect des normes environnementales, dispose de moyens dérisoires, comparés à ceux des multinationales. Difficile donc, dans ces conditions, de parler dégal à égal avec ces sociétés étrangères. « Ce sont ces multinationales qui payent les fonctionnaires, chargés de faire ces contrôles, qui mettent leurs avions à leur disposition Alors, que voulez-vous quils trouvent à dire ! ». A Sadiola, Yatela et Morila, les risques de pollution sont trop élevés : détérioration de la faune et de la flore, fragilisation des sols, dispersion du cyanure et du mercure dans la nature, risques de contamination des cultures, des hommes et des animaux. A lissue dune inspection du site de Sadiola, lONG « Guamina » a relevé des « Cas de contamination de leau souterraine par le cyanure, par infiltration des déchets, liés à des fuites dhuile et au drainage des eaux usées ». « Le cyanure-là, ça tue directement. Lan passé, il y a eu un écoulement de cyanure dans la rivière. Une demi douzaine de bufs sont morts », indique un ressortissant de cette localité. Une situation, qui na pas lair dembarrasser les Autorités maliennes. Mais comment ces multinationales, sud-africaines, canadiennes, américaines et suisses se sont elles appropriées les mines dor du Mali ? Réponses dans nos prochaines éditions. Le Mollah Omar © Copyright Canard Déchainé Archives |
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