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Prix à la consommation: Forte augmentation sur le lait
(L'Essor 30/05/2007)

Un paquet de “Laicran” de 500 g, il faut désormais débourser 1350 Fcfa au lieu de 1200 Fcfa habituels La hausse des prix serait due à des facteurs exogènes
Dans notre pays, le lait fait partie des denrées alimentaires les plus consommées. Qu’il soit en liquide ou en poudre, pasteurisé ou simplement mélangé avec de l’eau, le lait, du fait de sa très grande qualité nutritive, est
beaucoup prisé et consommé par toutes les couches d’âge : enfants, jeunes, femmes et vieux. Mais depuis quelques jours, les amateurs du lait doivent payer plus cher pour se le procurer. Parce que les prix ont grimpé. De quoi faire grincer les dents. “A ce rythme le pauvre ne vivra plus longtemps dans ce pays”, se plaint Ali Traoré, un habitant de Korofina qui s’était présenté avec ses 125 Fcfa comme d’habitude chez son voisin boutiquier afin d’acheter un sachet de Malilait pour sa fille. Le commerçant l’a informé que ce sachet est désormais vendu à 150 Fcfa. L’enseignement F. Sissoko de Faladié ne décolère pas non plus. “Dans ce pays, on se lève un beau jour et on augmente les prix sans aucune explication”, lance-t-il quand on lui fit savoir que pour un paquet de “Laicran” de 500 g, il faut désormais débourser 1350 Fcfa au lieu de 1200 Fcfa habituels.
Le chef de famille M. Coulibaly se voit dans l’obligation de mettre fin à la pratique d’offrir chaque nuit du Malilait à ses deux enfants. “Je n’ai pas le choix. Je suis obligé de priver mes enfants de cette habitude car mon pouvoir d’achat actuel ne me permet pas de payer chaque nuit les quatre sachets de Malilait au nouveau prix”, s’indigne-t-il.
Si les clients se plaignent, les vendeurs ne se frottent pas les mains. C’est le cas de Assétou Diallo, vendeuse de lait au Grand marché. “Je suis une vendeuse de yaourt. Mais depuis cette hausse du prix du lait j’ai dû interrompre mon activité dans l’espoir de voir le prix revenir à la normale”, explique-t-elle.
Accusées d’augmenter les prix sans raison valable, les sociétés de production du lait rejettent toute responsabilité dans cette hausse. “La société Malilait n’est pour rien dans cette hausse des prix”, se défend Gorges Harages, président directeur général. Selon l’homme d’affaires, cette situation qui couvait depuis janvier dernier n’a fait qu’exploser maintenant. Pour lui, c’est une augmentation du prix de la denrée au niveau international qui explique cette hausse (voir l’article ci-contre). “Ma société qui utilise aussi le lait local est obligée tout comme les autres de se ravitailler sur le marché européen où le lait est vendu en abondance”, explique-t-il, ajoutant que cette crise est consécutive à la suppression par les Etats européens de leurs subventions au secteur du lait. Gorges Harages révèle que la crise a conduit la plupart des fournisseurs à se détourner de l’importation du lait pour celle de certains produits dérivés comme les yaourts et les fromages. Le PDG de Malilait préconise comme solution la suppression de la TVA et de certaines taxes à l’importation.
Du coté de la société “Vivalait”, le directeur commercial, Ibrahim Seck, évoque les mêmes raisons tout en précisant que les petits sachets de 25 et 50 Fcfa sont toujours vendus au même prix. Il révèle que le sac de lait de 10 kg vendu habituellement à 19.000 Fcfa est cédé actuellement entre 24.500 et 26.500 Fcfa. “Cette hausse est une situation qui nous vient de l’extérieur et est due au cours mondial actuel du lait qui a connu une certaine hausse ces temps-ci”, ajoute le directeur commercial. La direction nationale du commerce et de la concurrence assure qu’elle suit la situation avec attention. Mais elle se garde d’intervenir pour régulariser les prix. “C’est une chose que nous évitons de faire pour la simple raison que ça peut aussi générer beaucoup d’autres problèmes”, indique Martin Sidibé, chef division approvisionnement qui explique également cette hausse du prix du lait par une crise au niveau du marché international.
L’Association des consommateurs du Mali (Ascoma) ne cache pas son mécontentement face au manque d’information sur les raisons de la hausse des prix du lait. Le vice-président, Abdoulwahab Diakité estime que quelles que soient les raisons de cette augmentation de prix, elle viole une règle de principe : le droit à l’information”.

Oumar DIAMOYE

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