| ![]() | Recherche annuaire: | |||||
|
Privatisation de la cmdt - Le gouvernement veut-il rendre
caduc le plan social de 2003? Au même moment le gouvernement, comme revendiqué par la section syndicale, refusait de sengager par écrit pour le financement de ce plan dans la perspective de la privatisation de la CMDT dès lannée prochaine. Un rapport détude commandité par la Mission de restructuration du secteur coton stipule que le plan social de 2003 est caduc car, dit-il, il était destiné uniquement à la restructuration et ne peut concerner la privatisation. La privatisation de la CMDT visant à redynamiser la filière cotonnière entrera dans sa phase finale dès lannée prochaine. On se rappelle que suivant le schéma opérationnel de privatisation adopté par le gouvernement le 4 octobre 2006, cette privatisation va se matérialiser par la création de quatre nouvelles sociétés cotonnières dans chacune desquelles, le capital sera détenu à 61 % par lopérateur de référence, à 20 % par les producteurs, 17 % par lEtat et 2 % par les travailleurs. Ce schéma retenu par le gouvernement, ne garantit pas, aux yeux des syndicalistes, un avenir meilleur pour les travailleurs devant être repartis entre les différentes sociétés cotonnières. En effet, toutes les expériences de privatisation de la filière cotonnière qui ont eu lieu en Afrique de lOuest ont échoué. Malgré la promesse faite par le premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, lors de sa tournée dans les zones cotonnières qu«il ny aura pas de privatisation sauvage» la section syndicale de la filière coton est convaincue que le Mali ne fera pas de miracle. Léchec est déjà patent avec une compagnie pratiquement en cessation de paiement. Cest pourquoi, le syndicat avait exigé du gouvernement une reconduction du plan social du 19 février 2003 qui avait été appliqué lors du départ de 495 travailleurs de la compagnie. Ce plan jugé alléchant avait servi de base au plan social de la Régie des chemins de fer du Mali. Le gouvernement ne semble pas prêt à reconduire ce plan social malgré deux grèves observées les 21-22 mars et les 2-4 avril 2007 par les travailleurs de la CMDT. Dans les préavis de grève les syndicalistes revendiquaient leur implication dans la commission technique de suivi mise en place par décision n°06-00102 MEF/SG du 24 novembre 2006 et dans toute autre commission créée à cet effet et la formalisation par écrit du financement par lEtat du plan social de 2003 de la CMDT et dappliquer ce plan social avant la filialisation de la CMDT. Quoiquil en soit, malgré la position du gouvernement comme quoi, il ny aura aucun licenciement et que tous les travailleurs seront affectés aux différentes filières, les travailleurs conscients quil y aura un sureffectif dans ces entités qui ne seront jamais comme une entreprise publique, pensent que la meilleure manière déviter le pire est de permettre le départ de certains travailleurs dont le nombre et les personnes concernées seront déterminés par une commission créée à cet effet. Malheureusement pour les salariés de la compagnie, le gouvernement nest pas dans cette logique. Ainsi, le rapport provisoire sur «létude portant sur lidentification et lanalyse des échéances juridiques du processus de privatisation de la CMDT» réalisé par le Cabinet davocats Brysla Conseil et commandité par la Mission de restructuration du secteur coton, publié au mois davril dernier, stipule en son point relatif à lavenir des travailleurs dans le processus de privatisation, que «le plan social du 19 février a été conçu pour la restructuration. La filialisation /privatisation étant une autre phase, ce plan social est de facto caduc. Il visait expressément une catégorie de salariés auxquels il devrait sappliquer». Ce rapport est publié à un moment ou la section syndicale observait un repli par rapport à ces revendications consignées également dans le cahier de charges de lUnion nationale des travailleurs du Mali (UNTM), objet de négociations actuellement entre le gouvernement et la principale centrale syndicale des travailleurs. En tout cas, la section syndicale de la filière coton voit en ce rapport une manigance du gouvernement pour se rebiffer dans un refus de reconduction et de financement du plan social. Elle entend user de tous les moyens légaux pour défendre les intérêts de ses militants. Lobservation dune grève illimitée, assure une source syndicale, nest pas à écarter si le gouvernement persiste dans sa position. Youssouf CAMARA © Copyright L'Indépendant Archives |
| |