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Intégration économique : Espace commun,
monnaie unique
(L'Essor 04/05/2007)
Pas d'intégration économique sans une communauté
monétaire. La Communauté économique des États
de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) l'a bien compris.
Elle veut dessiner un espace monétaire commun à la sous-région
par la création d'une monnaie unique. Un séminaire de sensibilisation
sur les opportunités de mise en uvre de cet outil d'intégration
sous régionale s'est ainsi déroulé mercredi à
l'hôtel Salam.
Présidée par le représentant du ministre de l'Économie
et des Finances, Cheick Sidi Seck, la rencontre s'est déroulée
en présence du directeur général de l'Agence monétaire
de l'Afrique de l'ouest (AMAO), Yacouba Nabassoua, et d'un parterre de
financiers venus de la sous région.
Le séminaire avait pour thème "sur la voie de la monnaie
unique de la Cedeao". Organisées par l'AMAO, en collaboration
avec la Cedeao, les assises de Bamako ont balisé la voie vers la
mise en circulation d'une monnaie unique dans l'espace sous-régional.
Les participants ont analysé toutes les possibilités de
réaliser cet ambitieux projet.
Les débats ont abordé des sujets divers et variés
: le programme de coopération monétaire de la Cedeao, progrès,
défis et perspectives ; les systèmes de paiement au sein
de la Cedeao ; l'état du schéma de libéralisation
des échanges ; le rôle des banques commerciales dans le processus
d'intégration économique régionale.
Justifiant la tenue d'une telle rencontre, Yacouba Nabassoua a décrit
un "espace de plaidoyer" destiné à mieux faire
connaître aux principaux acteurs et au grand public les enjeux et
perspectives de l'intégration monétaire au sein de la Communauté
économique des États de l'Afrique de l'ouest. Les avantages
d'une union monétaire sont multiples. Outre le fait de servir de
tremplin à la création d'une union économique, un
niveau élevé de coopération monétaire faciliterait
les échanges commerciaux intra-régionaux. Un espace monétaire
intégré réduirait le coût des transactions
transfrontalières, a souligné le premier responsable de
l'AMAO. L'initiative de création d'une monnaie unique est donc
salutaire.
Cependant le projet se heurte à des difficultés liées
à des systèmes de paiement trop complexes qui tiennent à
la diversité des monnaies locales dans la sous-région. Cette
multiplicité constitue un handicap sérieux pour la promotion
des échanges inter-régionaux, la croissance économique
et, partant la réduction de la pauvreté dans l'espace ouest
africain, a indiqué Cheick Sidi Seck.
L'union monétaire ne peut produire les résultats escomptés
que si les capitaux, les biens et la main-d'uvre peuvent circuler
librement au sein de l'espace sous-régional. C'est dans cette optique
que l'AMAO suit l'évolution de toutes les variables économiques
clés propres à affecter les objectifs de convergence des
économies nationales. Aujourd'hui, les importants déficits
budgétaires sont l'un des problèmes majeurs des économies
nationales. Ces déficits sont creusés par la faible capacité
de mobilisation des recettes face à un niveau de plus en plus élevé
des dépenses. La réalisation d'une monnaie unique devient
alors un élément primordial de la politique de développement
de l'espace Cedeao, a jugé Cheick Sidi Seck.
Le séminaire s'inscrit dans le cadre d'un plan d'action qui s'étendra
à l'ensemble des pays de la sous-région.
L. DIARRA
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