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Financement des campagnes électorales:
la quadrature du cercle ? Peu à l'aise sur le plan financier, les partis voient leurs dépenses décuplées en période électorale. Chacun fait face comme il peut. Le nerf de la guerre, c'est l'argent, a-t-on coutume de dire. Le nerf des élections aussi. Et pour la présente campagne électorale, la question du financement a pesé dans les préoccupations des partis politiques. Ceux-ci lors de leur rencontre avec le président de la République, le 7 avril dernier, avaient d'ailleurs mis en avant leurs difficultés financières pour demander de diligenter la répartition du financement public qui leur est accordé annuellement. De même que l'annulation des frais d'inscription fixés à 500 Fcfa. Deux demandes auxquelles le chef de l'État a accédé. Si le déblocage des fonds publics constitue une bouffée d'oxygène pour les partis, cet apport est loin de pouvoir régler tous leurs problèmes financiers. Alors comment les formations politiques financent-elles la campagne de leurs candidats ? Nous l'avons demandé à quelques États-majors. Selon la position sur la liste- Premier
constat : chacun a imaginé son propre mécanisme de mobilisation
de fonds. A l'ADEMA-PASJ, explique le président de ce parti, Dioncounda
Traoré, il y a d'abord un financement au niveau national avec les fonds
propres du parti et les contributions des "grands militants" et des
opérateurs économiques. A cela s'ajoute l'apport personnel des candidats
dont le montant varie selon la position du candidat sur la liste. Par exemple,
de la tête de liste au candidat qui occupe le dixième rang, chacun
doit payer 200 000 Fcfa. Du 11è au 15è rang, la somme à régler
est de 125 000 Fcfa. Plus on recule, moins on paie. Des supports incontournables- Au PARENA, on fait remarquer que les partis
politiques, d'une manière générale ont des moyens financiers
très limités. Les cotisations et l'appui des militants et autres
sympathisants sont loin de couvrir les dépenses liées aux élections.
C'est pourquoi, au niveau du parti du bélier blanc, les candidats doivent
participer au financement de leur campagne selon leurs moyens. "Contrairement
à d'autres partis où le candidat paie selon sa position sur la liste,
le PARENA soutient ses candidats selon leur capacité de mobilisation. On
peut ne pas avoir un sou mais avoir des gens derrière soi comme on peut
avoir des millions et être incapable de mobiliser une seule personne",
relève Mamadou Baba Sissoko, le 1er secrétaire à l'organisation
du parti. Un parti qui (cet entretien date de la semaine dernière) attendait
avec impatience l'aide publique. "Chez nous les élections coûtent
cher. C'est comme des fêtes. En plus des incontournables supports que sont
les tee-shirts, les casquettes, les affiches, le thé et le sucre, il faut
organiser des manifestations culturelles, mobiliser les électeurs, les
sensibiliser. En plus, pour ce scrutin, les candidats sont très nombreux
et il faut aider tous." Une
cotisation spéciale- Au RPM, la stratégie de mobilisation élaborée
pour faire face aux communales implique d'abord une souscription volontaire à
la base et au niveau national dont le montant varie entre 200 et 5 000 Fcfa en
fonction des localités et des capacités financières des militants.
Ensuite, une cotisation spéciale est réclamée à tous
les responsables du parti au niveau des sections et sous-sections fixée
en fonction du budget de campagne de la localité. Il y a aussi les contributions
volontaires des candidats qui en fixent eux-mêmes le montant. Quand il s'agit
de listes communes, les partis se mettent d'accord sur le montant à payer
par chacun. A un moment inopportun- Quant à l'aide publique aux partis
politiques qui d'habitude est donnée en fin d'année, le président
du parti Choguel Kokalla Maïga estime que sa distribution en pleine campagne
électorale fausse le jeu démocratique quand l'on sait tout le rôle
que joue l'argent dans les élections. Pour lui, cette aide ne vient pas
au moment opportun. "Elle contribue plutôt à favoriser ceux
qui avaient exercé le pouvoir depuis 10 ans qui sont déjà
dans une position favorable financièrement et défavorise d'autres
(ceux qui étaient dans le Collectif de l'opposition et qui, comme le MPR,
n'ont participé ni aux législatives, ni aux communales passées).
Choguel Maïga pense que le mieux aurait été de répartir
cette aide après les élections. Dans ce cas, les partis politiques
se seraient alignés dans les mêmes conditions et le jeu démocratique
aurait été plus équitable, dit-il. F. MAIGA ©
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