| Inauguration
du centre d'assistance technique du FMI (L'Essor 29/05/2003) Si
les conditions sont remplies, un nouvau programme avec le Fonds monétaire
international (FMI) est possible indique Eduardo Aninat, le directeur adjoint
du FMI - Le directeur adjoint du FMI, Eduardo Aninat arrivé à
Bamako mardi pour l'inauguration, aujourd'hui, du Centre d'assistance technique
du FMI pour l'Afrique de l'Ouest (AFRITAC-Ouest) a accordé un entretien
à la presse hier à l'hôtel Salam. Plusieurs questions figuraient
au menu de cette rencontre. nterrogé sur les avantages éventuels
que le Mali tirera de l'ouverture du centre sur son territoire,le responsable
du FMI a indiqué que son institution pourra directement aider notre pays
dans les domaines de la gestion de la dette (extérieure et intérieure),
de la régulation et du contrôle du secteur du micro-crédit.
Par ailleurs, le FMI sera en mesure d'appuyer le processus de décentralisation
des finances publiques, le renforcement de la gestion des douanes, la collecte
des recettes internes pour l'Etat ainsi que l'amélioration de la couverture
des statistiques réelles (indicateurs économiques et sociaux nécessaires). Quid
du caractère temporaire de l'installation du centre à Bamako (il
devait à l'origine être implanté en Côte d'Ivoire) ?
Eduardo Aninat expliquera que cette question n'était pas une priorité.
Tout en remerciant les autorités maliennes pour avoir accepté de
loger le centre dans les locaux de la BCEAO -un geste symbolique très important
pour le FMI-, il a estimé que le défi majeur à relever réside
dans les résultats de la future gestion du centre (pour les 10 pays bénéficiaires)
dans les deux années à venir. "Le gouverneur du conseil d'administration
du FMI et nos partenaires m'ont chargé de faire une évaluation du
présent projet relatif à l'assistance technique à la fin
des deux prochaines années. Pour le moment, le plus important, c'est d'ouvrir
le centre. Le futur est toujours flexible en ce qui concerne les problèmes
organisationnels" a-t-il indiqué. Le directeur adjoint du FMI jugera,
par ailleurs, que notre pays a accompli un exploit en se classant parmi les six
pays d'Afrique (Burkina Faso, Bénin, Ouganda, Tanzanie, Mozambique, Mali)
qui ont atteint pour le moment le point d'achèvement de l'initiative PPTE,
avant de rappeler que le Mali bénéficiera, à cet effet, d'une
réduction de sa dette de 417 millions de dollars, soit 250 milliards de
Fcfa qui serviront à faire de la lutte contre la pauvreté une réalité. Que
reste-t-il au FMI à faire au Mali après cela ? Beaucoup de choses,
répondra Eduardo Aninat. Le FMI qui entretient une coopération fructueuse
avec notre pays restera en tant que partenaire pour dialoguer, appuyer les bonnes
pratiques macro-économiques. La coopération va continuer même
si en août prochain le programme actuel avec le Mali expire. En septembre,
le FMI poursuivra ses consultations annuelles avec ses partenaires y compris notre
pays. Si les autorités maliennes souhaitent renégocier un autre
programme, la question sera à l'ordre du jour, a-t-il indiqué. "Si
tout se passe bien, si la mise en uvre du programme actuel continue dans
de bonnes conditions, si les principales politiques sont bien définies
pour les trois années à venir, le Mali pourra négocier un
nouveau programme avec le FMI" a-t-il révélé. Mais
notre pays peut-il se passer de l'appui du FMI ? C'est un souhait commun du Mali
et du FMI, a répondu le directeur adjoint de l'institution, avant de préciser
que le Fonds est un instrument qui peut faciliter, négocier la dette, faire
des dépenses financières occasionnelles, mais n'est pas un administrateur
de pays. Il est un partenaire extérieur et ne constitue qu'un appui partiel,
mais non déterminant. En définitive, ce sont "les Maliens eux-mêmes
qui déterminent le développement de leur pays" a précisé
Eduardo Aninat. Quelles relations, le FMI entretient-il avec la Fondation pour
le renforcement des capacités en Afrique ? Le Fonds, expliquera Aninat,
est un partenaire formel de la fondation et c'est pourquoi les représentants
de celle-ci ont été invités à l'inauguration de AFRITAC-Ouest.
Cette collaboration contribue à harmoniser les efforts dans le domaine
du renforcement des capacités. Pour que le Mali se développe, Eduardo
Aninat a estimé d'un point de vue personnel, que le pays doit diversifier
ses exportations, appuyer le secteur social (éducation et santé)
avec réalisme et pragmatisme ainsi que le capital humain et mener une politique
financière transparente, responsable et efficace en vue de maintenir une
politique macro-économique saine. Pour terminer, il s'est réjoui
d'avoir eu l'opportunité de dialoguer avec de simples citoyens dans la
rue au Mali et s'est dit très impressionné par l'hospitalité
et le dynamisme d'un peuple qui se bat pour survivre. "C'est en cela que
je fonde beaucoup d'espoir sur le Mali" a-t-il conclu. F. MAIGA ©
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