| Naissance
de la banque régionale de solidarité, BRS-SA: l'UEMOA monte en première
ligne dans la lutte contre la pauvreté (L'Essor 15/05/2003) Avec
un capital de 24 milliards de Fcfa dont 18 milliards sont déjà souscrits,
le holding financier aura des filiales bancaires dans chaque État de l'UEMOA L'espace
UEMOA se dote d'un nouveau instrument de lutte contre la pauvreté en la
forme d'une banque régionale de solidarité : la BRS-SA. Le projet
a été lancé lundi au siège de la BCEAO à Dakar
à l'occasion d'une visio-conférence animée par le gouverneur
de la Banque centrale, Charles Konan Banny et le président de la Banque
ouest africaine de développement, Yayi Boni. Grâce aux nouvelles
technologies de la communication, les sièges des agences nationales de
la BCEAO des 8 pays membres de l'UEMOA, étaient branchés en direct
sur l'événement. A Bamako, les dirigeants des institutions bancaires,
des responsables du ministère de l'Economie et des finances et des journalistes
étaient réunis autour du directeur national de BCEAO, Idrissa Traoré,
pour participer à cet événement historique. Le capital
de la future banque s'élève à 24 milliards de Fcfa dont 18
milliards sont déjà souscrits. Son architecture prévoit un
holding financier, faisant office de siège ou de maison mère pour
des filiales bancaires qui seront installées dans chaque État de
l'UEMOA. Le projet était en gestation depuis des années. Face
à l'ampleur du phénomène de la pauvreté, les chefs
d'Etat de l'UEMOA dans une déclaration en décembre 1999 à
Lomé, intitulée "Relever ensemble, dans la solidarité
les défis au troisième millénaire" réaffirmaient
leur détermination à faire de la lutte contre la pauvreté,
un impératif des politiques économiques. En juillet 2000, un séminaire
ministériel de l'UEMOA organisé à Dakar décidait de
mettre en uvre des mesures "urgentes et hardies" visant à
faire reculer la pauvreté à travers une approche sous-régionale. Un
an plus tard notre capitale abritait un autre séminaire sur la contribution
du secteur financier à la lutte contre la pauvreté dans les pays
de l'Union. Lors de cette session, il fut convenu de la mise en place d'un mécanisme
à l'échelle régionale dédié à la lutte
contre la pauvreté, et qui prendrait la forme d'une banque. Celle-ci devait
être originale par ses procédures opérationnelles et financièrement
rentable. C'est alors que la BCEAO en concertation avec la BOAD et la Commission
de l'UEMOA ont mis en place une équipe pluridisciplinaire dans le cadre
d'un comité de pilotage, chargée de préparer un dossier de
faisabilité. Après deux années d'études, le projet
BRS-SA vient donc d'entrer dans sa phase de réalisation. La mission
assignée à cette future structure financière consiste de
manière générale à financer les micro-entreprises
agricoles, industrielles, artisanales et les petits métiers. Sa population
cible sera principalement les jeunes diplômés sans emploi, les ouvriers,
les artisans, les agriculteurs, les systèmes financiers décentralisés
pour leurs besoins de refinancement. Le capital de départ est majoritairement
détenu par des actionnaires institutionnels (les Etats, la BCEAO, la BOAD,
la Commission de l'UEMOA). Mais une partie des actions sera acquise au portage,
en vue d'une cession ultérieure à des privés, en particulier
à un actionnariat populaire. S'appuyant sur l'exemple des "Grameen
Bank" qui ont fait leurs preuves en Asie et en Amérique du Sud, la
BRS-SA entend aider les couches défavorisées (les laissés
pour compte du système bancaire classique) à mieux s'insérer
dans le circuit économique. Un créneau que l'on pensait déjà
bien occupé par les institutions de micro-finances ? Le gouverneur de la
BCEAO relèvera à ce propos que malgré le développement
de la micro-finance ces dernières années, la pauvreté est
loin d'avoir été vaincue. La BRS sera donc une valeur ajoutée
dans la lutte contre la pauvreté. Elle est la contribution de l'UEMOA dans
ce combat qui ne saurait être le chasse gardée de personne, dira
Konan Banny visiblement très enthousiaste pour le projet. L'action de la
BRS ajoutée à celles des systèmes financiers décentralisés
et des banques classiques devrait, prévoit-il, permettre de porter un coup
sérieux à la pauvreté à travers la création
de nombreux emplois indépendants dans les secteurs vitaux de l'économie
des pays de l'Union. Après le lancement officiel, les prochaines étapes
au plan administratif et juridique portent sur la tenue des assemblées
générales constitutives et conseils d'administration du holding
et des premières filiales bancaires du groupe. Avant ces étapes,
des actions de communication et de formation sont prévues pour assurer
le succès du démarrage des activités. C'est dans ce cadre
qu'une mission tripartite BCEAO/BOAD/Commission de l'UEMOA d'information et sensibilisation
sillonnera prochainement les pays de l'Union. S. TOGOLA © Copyright
L'Essor Nouvelles
économiques du mois d'avril Nouvelles
économiques du mois de mars Nouvelles
économiques du mois de février Nouvelles
économiques du mois de janvier Nouvelles
économiques du mois de décembre Nouvelles
économiques du mois de novembre Nouvelles
économiques du mois d'octobre Nouvelles
économiques du mois de septembre Nouvelles
économiques du mois d'août Nouvelles
économiques du mois de juin Nouvelles
économiques du mois de mai |