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Approvisionnement en engrais : le bol d'air du plan riz
(L'Essor 29/04/2008)
L'engrais, qu'il soit organique ou chimique, est un facteur déterminant
dans le rendement des cultures
En faisant baisser le prix des fertilisant, l'initiative du chef du gouvernement
permettre d'augmenter la productivité agricole
Dans un pays à vocation gro-pastorale comme le nôtre, la
question des intrants est très sensible. Dans les activités
agricoles, l'engrais est classé dans la catégorie des charges
directes d'exploitation, explique Monzon Sangaré, chef de section
cultures irriguées et cultures sèches, à la Direction
nationale de l'agriculture.
La productivité technique et économique d'une culture dépend
considérablement de l'utilisation de l'engrais. C'est un facteur
d'intensification agricole à travers l'augmentation du rendement
et des revenus des producteurs. Par exemple, à l'Office du Niger,
grenier du Mali, aucune production n'est possible aujourd'hui sans utiliser
l'engrais, soutient Monzon Sangaré. En effet, l'importation, l'approvisionnement
et la distribution des engrais ont été, de tout temps, au
coeur des préoccupations des paysans et les professionnels de l'agriculture.
Compte tenu de leurs faibles moyens, les agriculteurs maliens n'ont pas
la capacité d'acheter les engrais. Ou même de négocier
leur approvisionnement avec les fournisseurs à l'étranger.
Depuis toujours, la Compagnie malienne de développement du textile
(CMDT) et quelques grands fournisseurs approvisionnent les cultivateurs.
Ainsi, pour avoir accès aux engrais, les paysans se sont organisés
en groupements ou coopératives. Cependant, l'accessibilité
des paysans aux engrais dépend de leur crédibilité
et de leur niveau d'organisation, explique Monzon Sangaré. L'état
des lieux au titre de la présente campagne 2008-2009, se caractérise
par une disponibilité de stock au sein des magasins de la CMDT
et de certains fournisseurs. Mais le coût élevé des
intrants dû aux facteurs de transport et de stockage, entrave considérablement
l'activité des paysans. La continentalité du pays est aussi
à la base d'une spéculation accrue autour des intrants agricoles.
Cherté des prix. Il a fallu trouver une alternative à cette
situation qui devenait de plus en plus difficile. Il y a trois ans, la
compétence d'approvisionnement en engrais a été transférée
aux organisations paysannes. Ce transfert est encadré par l'Assemblée
permanente des chambres d'agriculture du Mali (APCAM). Il implique également
le Projet d'appui à la filière semencière (PAFICEM).
Les semences faisant partie des intrants. A cet effet, le projet aide
les paysans au sein de leurs organisations, par la sélection, le
stockage et la vente individuelle des semences aux coopératives.
Celles-ci, à leur tour, revendent les produits aux cultivateurs.
Malgré ces efforts dans la mise à disposition des engrais,
le constat reste que le secteur est marqué par la cherté
des prix. En effet, le gouvernement a négocié une ligne
de crédit de 500 millions à la Banque africaine de développement
(BAD) appelé prêt de campagne. Il est destiné à
soutenir la production et la commercialisation des engrais. Cependant,
l'état des lieux reste dominé par la recherche de plus ou
moins d'engrais pour compléter le stock existant, indique-t-on
à la Direction nationale de l'agriculture.
Cette situation est imputable à l'insuffisance dans l'organisation
de l'importation des engrais, estiment les spécialistes de l'agriculture
de notre pays. La plupart des fournisseurs d'engrais ne sont pas des professionnels,
relève Cadet Touret, responsable de Toguna agro-industries, première
unité de production d'engrais mixtes au Mali créée
en novembre 2007. Par ailleurs, les fournisseurs ne disposent pas de surface
financière suffisante pour garantir le marché. D'où
la difficulté dans l'approvisionnement des organisations paysannes.
Une première. A la Direction nationale de l'agriculture, on explique
que le développement des filières agricoles ne se réalise
pas sans l'appui de l'État, notamment dans le domaine des engrais.
L'annonce du plan opération riz par le Premier ministre pour la
campagne 2008-2009 est une première dans l'histoire agricole du
Mali, souligne Monzon Sangaré, estimant qu'elle va de manière
significative, améliorer l'accès des paysans aux intrants
agricoles. En effet, ce plan, dans sa mise en oeuvre, permettra de réduire
considérablement le coût des engrais à l'achat pour
les exploitants agricoles. Une subvention de 5,88 milliards, soit 17%
du coût totale de l'opération, va significativement faire
baisser le prix de l'engrais. Ainsi, le sac de 50 kg d'engrais vendu à
15.000 Fcfa, sera cédé à 12.500 Fcfa. Soit une subvention
de 2500 Fcfa sur le sac. Ce rabais soulagera les charges directes des
producteurs et boostera par conséquent leur rendement.
Le plan est porteur d'espoir pour notre agriculture et aura un impact
sur les revenus des paysans. Avec une production annuelle de 1,6 million
de tonnes de paddy, soit 1 million de tonnes de riz marchand, le Mali
pourra couvrir sa consommation nationale et dégager une marge de
400.000 tonnes à l'exportation.
L'impact en terme de recettes est estimé à 300 milliards
Fcfa. Un apport substantiel donc pour l'économie nationale. Ce
qui va stimuler les revenus des producteurs variant entre 300.000 et 500.000
Fcfa par campagne. Le monde rural peut espérer sur un véritable
démarrage de la révolution verte, garant de la souveraineté
alimentaire.
C. A. DIA
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