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Initiative riz: Le challenge suscite une large adhésion
Après la rencontre avec les partenaires techniques et financiers (PTF), vendredi (voir L'Essor d'hier),Modibo Sidibé a reçu hier un certain nombre d'acteurs, ou leurs représentants, qui ont un rôle à jouer dans le développement de la filière riz : les gouverneurs des 8 régions du pays et celui du district de Bamako, les opérateurs économiques importateurs de céréales et d'intrants agricoles, les producteurs, les syndicats, les consommateurs et autres acteurs non étatiques. Comme il l'avait fait avec les partenaires techniques financiers, le Premier ministre a rappelé le contexte socio-économique qui sous-tend l'initiative. Il s'agit, a-t-il répété, d'apporter une réponse structurelle à l'échelle nationale à une crise mondiale. "Face à la hausse généralisée des prix des céréales et compte tenu du fait que cette tendance risque de se poursuivre dans les années avenir, le gouvernement a décidé de mettre en oeuvre un plan d'action pour la campagne 2008/2009, dit Initiative riz", a expliqué Modibo Sidibé. DES MESURES D'ACCOMPAGNEMENT : Le contenu du plan d'action de la campagne a été exposé par le ministre de l'Agriculture, Tiémoko Sangaré. Celui-ci a confirmé que notre pays ambitionne de produire, toutes céréales confondues, 4,6 millions de tonnes dont 1 618 323 tonnes de riz paddy. Le plan, a-t-il précisé, a été élaboré sur instruction personnelle du Premier ministre qui souhaité qu'un accent particulier soit mis sur le riz. L'opération table donc sur une production de 1,6 million de tonnes de riz paddy, soit une augmentation de 50% de la production par rapport à la campagne écoulée. Le plan de campagne prévoit aussi 859 000 tonnes de maïs, 861 000 tonnes de mil, 800 000 tonnes de sorgho, 37 000 tonnes de fonio et 13 000 tonnes de blé. Les productions industrielles devraient totaliser 470 000 tonnes, dont 350 000 tonnes de canne à sucre. Pour les oléagineux et les protéaginés, 340 000 tonnes d'arachides sont attendues ainsi que 50 000 tonnes de tournesol et 161 000 tonnes de niébé. Par ailleurs, le plan table sur une production de 104 000 tonnes de pommes de terre, de patates et d'ignames. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a prévu un certain nombre de mesures d'accompagnement. Il est ainsi envisagé d'aménager, pour le quinquennat à venir dans le cadre du Projet de développement économique et social (PDES), 103 000 hectare dont 95 000 pour la campagne 2008/2009. Un appui important sera apporté aux producteurs en matière d'équipement. L'accès aux intrants leur sera facilité, notamment en ce qui ce qui concerne les engrais. Un accent particulier sera mis sur l'utilisation des semences sélectionnées et le renforcement des capacités des acteurs. Dans le cadre de la protection des cultures, un dispositif est déjà en place pour prévenir l'invasion des criquets pèlerins. Le coût global de la campagne, y compris l'initiative riz, est estimé à plus de 100,2 milliards Fcfa. Sur cette enveloppe, plus de 83 milliards sont déjà disponibles dans le budget du ministère de l'Agriculture. Il reste donc à trouver 16,5 milliards. Le gouvernement se propose d'apporter une subvention de 4,3 milliards de Fcfa pour les équipements agricoles, 9,4 milliards pour les engrais et 2,1 milliards pour les semences sélectionnées. Il est prévu d'apporter un appui à la station de pompage de San. Au terme de l'exposé du ministre Sangaré, le président de l'Assemblée permanente des chambre d'agriculture du Mali et son collègue de la Coordination nationale des organisations paysannes ont apporté leur soutien à l'initiative en assurant de l'adhésion de leurs mandants. Pour le patron de l'APCAM, Bakary Togola, le temps des débat est terminé. Il faut maintenant passer à l'action. Car la saison des pluies frappe déjà à la porte. MOBILISATION DE TOUS : Les banquiers qui constituent un maillon essentiel de la chaîne, ont assuré de leur disponibilité à accompagner l'initiative. "Nous partageons les ambitions du gouvernement", a assuré Babali Ba, le directeur de la Banque malienne de solidarité qui s'exprimait au nom de ses collègues banquiers. "Après cette rencontre nous allons nous concerter sur la démarche à suivre pour coordonner nos interventions", a-t-il annoncé. Au nom des opérateurs économiques, le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, Jeamille Bittar a jugé qu'il fallait ne pas être Malien pour ne pas adhérer à ce projet. L'espoir, de son point de vue, est permis avec cet ambitieux projet. A l'instar de Bakary Togola, il estime que le temps des discours est passé et qu'il faut maintenant passer à l'action, en précisant qui doit faire quoi. Jeamille Bittar a, par conséquent, promis l'accompagnement des opérateurs économiques. Abdoulaye Samaké, le président du Réseau des opérateurs économiques importateurs des intrants agricoles, a relevé que la flambée des prix des céréales s'explique par la hausse vertigineuse des cours mondiaux du pétrole. Pour en atténuer les effets, il a plaidé pour une diversification des sources d'approvisionnement du pays. Le Réseau se réjouit évidemment de la promesse du gouvernement de subventionner les intrants. Le secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Siaka Diakité, tout en saluant l'initiative a posé une série de questions sur sa faisabilité. Youssouf Ganaba de la Confédération des travailleurs du Mali (CSTM) est allé plus loin en mettant en cause le système même de production. Aussi, a-t-il proposé de renouer avec le système de coopérative qui était en vigueur dans le passé et permettre à l'Office des produits agricoles du Mali (OPAM) de jouer son rôle dans la commercialisation des produits céréaliers (le retour de l'État dans le secteur de la commercialisation). Concluant les interventions, Modibo Sidibé a constaté qu'on a toujours répété que notre pays dispose d'énormes potentialités en matière d'agriculture, mais que ces potentialités n'ont jamais été réellement mises en valeur. Le temps est venu d'agir dans ce sens. Déjà les partenaires au développement ont assuré de leur soutien, à l'initiative, a poursuivi le chef du gouvernement. Mais il ne s'agit que d'un soutien. Il appartient aux Maliens de prendre les choses en main. Il a demandé aux gouverneurs des régions et aux présidents des assemblées régionales de mobiliser les populations pour réussir le challenge. Il a insisté sur la transparence dans l'utilisation des ressources qui seront débloquées pour financer l'opération. A.O. DIALLO © Copyright L'Essor Archives |
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