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Exonération sur le riz - Une mesure adéquate
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Sans pour autant nier toute utilité, il convient, de dire qu'elle invite au pessimisme. Car, loin de résoudre le problème, elle ne fait que le déplacer. Tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, le problème finira par refaire surface.
D'abord, il est difficile d'exonérer éternellement. La preuve, l'exo s'étend sur 5 mois, c'est-à-dire du 1er avril au 30 septembre. Il faudrait donc prier pour que les prix diminuent sur le marché international. Or rien ne prédispose à cela. En tout cas, pas à l'allure où vont les choses.
A entendre même le chef de l'Etat dans son discours du 8 mars dernier, on envisage plutôt le contraire.
II invitait les uns et les autres à retourner aux bonnes vieilles habitudes qui consistent à constituer des stocks. Car dit-il, à partir du mois de juin, les prix augmenteront. Parce que, l'un de nos plus grands fournisseurs, l'Indonésie est victime d'inondation. Aussi, les autres vendront chers du fait de la flambée du prix du pétrole qui a un impact certain sur le transport.
Mieux, que d'encre et de salives ont coulé à propos d'exonérations passées ? Des opérateurs se sont enrichis sur le dos de l'Etat.
Certains, sans scrupules, n'ont pas hésité à revendre ailleurs des denrées pourtant exonérées justement parce que devant être consommées ici. De bonnes sources, on apprend que des opérateurs économiques achètent deux qualités de riz : une bonne et une moins bonne. La moins bonne est vendue sur place et la bonne qualité ailleurs, à des prix plus élevés avec d'importants profits.
Il est vrai qu'un contrat et un cahier de charge existent, mais rien ne dit que les clauses seront respectées à la lettre. Tant que les contrôleurs sont complices des fauteurs, le problème est loin d'être résolu.
Le Mali, un pays à vocation agro-pastorale, où l'essentiel de l'activité économique repose sur l'agriculture et l'élevage, ne peut-il pas recourir à des solutions plus idoines, à commencer par mettre en valeur le potentiel agricole dont il dispose ?
Cette évidence est heureusement partagée au Mali. Par exemple, Bakari Togola, le président des paysans du Mali en est plus que convaincu.
La preuve: le potentiel est estimé au million d'hectares de terres cultivables, rien que dans la zone office du Niger. De l'eau, il en existe à gogo.
Selon des informations émanant de l'Office du Niger, jusqu'en 960, date de départ des colons, 45.000 ha de terres était exploitées. Cette surface est passée à 70 voire 80.000 ha, soit un peu le double, entre 1960 et 1989. De 1989 à 2008, soit 19 ans après, nous sommes à 115 voire 120. 000 hectares. Si nous considérons, comme il est dit, que 3 tonnes sont produites à l'ha, nous aurons une moyenne de 360.000 tonnes produites par an complétées plus ou moins par le riz provenant des périmètres villageois.
Or nous consommons une moyenne de 800.000 tonnes de riz par an selon des statistiques relevées à l'Office du Niger. L'autosuffisance alimentaire est alors loin d'être une réalité. Et la seule alternative est de cultiver plus et encore plus. Mise en uvre la nouvelle stratégie nationale d'irrigation-10.000 ha/an- devrait permettre de relever ce challenge. BINTA GADIAGA © Copyright Challenger Archives |