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Coton malien: Les paysans chargent de nouveau lEtat Depuis un certain temps, la situation du coton et la future privatisation de la CMDT sont dénoncées par la société civile, les syndicats et les cotonculteurs eux-mêmes. Certains parmi ces derniers viennent d'effectuer une tournée à l'issue de laquelle ils ont accablé la politique du gouvernement et mis l'Etat en garde contre la privatisation de la CMDT, qui aura des conséquences dévastatrices. Les paysans des régions CMDT et OHVN se sont récemment concertés à la faveur d'une tournée de vingt jours du bureau central du Syndicat pour la valorisation des cultures cotonnières et vivrières du Mali (Syvac). L'objectif était de renforcer le dialogue entre le Syvac et la base en dégageant les préoccupations communes et à faire des propositions concrètes aux pouvoirs publics. « Le Mali sans coton est un Mali sans vie ». Tel est l'un des messages forts de la tournée. Comme l'UNTM, dont le secrétaire général adjoint avait affirmé que « c'est la mort dans l'âme que nous nous plierons à cette vente du Mali », les paysans, regroupés au sein du Syvac, sont convaincus que la cession de la CMDT ne peut qu'engendrer des dégâts inestimables. D'ores et déjà, le début de « désengagement » de l'Etat a occasionné d'énormes pertes. Des pertes qui se résument à l'exode rural massif des jeunes et des familles qui remuent ciel et terre pour se nourrir. Le Syvac est convaincu que si la privatisation a effectivement lieu, cette situation s'empirera. Toutes choses qui justifient amplement le fait que « le coton ne nourrit plus son homme et que c'est la pauvreté qui sévit dans la zone cotonnière ». Pourtant l'état actuel de la filière coton n'est pas une fatalité. Il est lié surtout à la « mauvaise gestion et à la volonté de désengagement » des autorités, tranche le Syvac. Par exemple, constatent des paysans, les intrants viennent en retard et leur accès relève du miracle pour les paysans non seulement à cause de leur prix élevé mais aussi de la distance qui les sépare des lieux d'accès. Aussi soulignent-ils qu'ils n'ont plus accès à l'aliment bétail depuis la privatisation d'Huicoma. Des remarques qui suscitent des doutes sur l'efficacité des « mesures » prises par le gouvernement concernant les intrants et les « efforts » de l'Assemblée permanente des chambres d'Agriculture du Mali (Apcam), où des sommes colossales sont débloquées à cette fin. Recommandations Convaincus que le coton est le « nerf » de l'économie malienne, les paysans ont toutefois fait des propositions à l'Etat en vue d'un retour à la normale. En plus de la réduction du prix de l'épineuse question des intrants, ces suggestions comprennent le rééchelonnement des dettes par la Banque nationale de développement agricole (BNDA), le paiement aux producteurs du coton enlevé (campagne 2007-2008) par la CMDT. Figurent aussi dans les doléances, la culture de « l'entente entre les syndicats, l'Apcam, l'union et les organisations paysannes » et la vérification des bascules des producteurs dans les secteurs et non à Bamako. Le Syvac a recommandé à l'Etat « l'organisation urgente d'un forum national regroupant tous les acteurs de la filière coton autour des problèmes brûlants qui l'assaillent et de trouver des solutions idoines ». Il est aussi demandé aux organisations internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) d'appuyer l'Etat et les producteurs pour le « retour du passé ». En tout cas, vu le rôle crucial du coton dans notre économie, « les producteurs réaffirment leur détermination à pérenniser la culture du coton » au cas où les conditions idoines seraient réunies. Ce qui est d'autant plus important que des paysans ont déjà tourné le dos à la culture du coton, estimant qu'ils « suent sous la pluie ». Reste maintenant à savoir les suites qui seront réservées à leurs préoccupations. Bien malin qui pourra les deviner quand on sait que jusqu'à présent, elles semblent tomber dans des oreilles de sourds. Ogopémo Ouologuem © Copyright Les Echos Archives |
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