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Exportation des mangues : une affaire de "pro"
(L'Essor 03/04/2008)
L'expert a mis les exportateurs en garde contre les procédures
de rappel de produits. De la production à l'exportation en passant
par le traitement, le conditionnement et le stockage, l'approximation
est interdite.
Il a beaucoup été question ces jours-ci de l'exportation
des mangues vers le marché européen.
Le week-end dernier, un atelier de formation était organisé
en faveur des femmes pisteurs sur l'hygiène des champs et les techniques
de cueillette (voir article ci-contre). Mardi, c'était le tour
du Programme compétitivité et diversification agricoles
(PCDA) qui organisait dans ses locaux une séance dinformations
sur les modalités dexportation de la mangue sur le marché
européen. Cette session s'adressait aux exportateurs agréés
qui étaient venus nombreux pour écouter les informations
relatives au respect des normes GlobalGAP pour lexportation de la
mangue.
Pour édifier les intéressés sur le nécessaire
respect des normes de production, de traitement, de conditionnement, de
stockage et dexportation de la mangue, le PCDA avait fait appel
à lexpertise du spécialiste de la société
de certification néerlandaise Isa Cert, Tom J. Kuipers et à
celui du consultant sénégalais Lamine Bara Diao pour expliquer
les normes GlobalGAP.
LUnion européenne a édicté des normes que tout
exportateur de produit agricole vers son marché doit respecter.
La grande distribution a initié les normes GlobalGAP (GAP signifiant
littéralement les bonnes pratiques agricoles) pour garantir la
sécurité sanitaire des produits agricoles qui arrivent sur
le marché européen. GlobalGAP a été créé
en septembre 2007 à Bangkok en remplacement de EuropGAP qui avait
cours jusqualors.
Pour obtenir lagrément, tout exportateur doit se soumettre
aux conditions de production, de traitement phytosanitaire, de conditionnement,
de stockage et dexportation des produits agricoles. Cette démarche
correspond tout à fait aux objectifs du PCDA qui veut aider les
exportateurs à augmenter leur chiffre daffaires en respectant
les normes dexportation.
Au Mali, quelques opérateurs qui bénéficiaient déjà
de la certification EuropGAP ont déjà passé aux normes
GlobalGAP. La session dinformation leur a offert loccasion
de simprégner des nouveaux changements intervenus auxquels
ils sont tenus de se conformer sous peine dêtre exclus du
circuit de commercialisation vers lEurope. Le spécialiste
a prévenu que les normes GlobalGAP sont encore plus exigeantes
que les précédentes.
Ainsi les exportateurs doivent scrupuleusement respecter des normes comme
le recrutement d'un auditeur interne, le respect des règles sanitaires
et d'hygiène dans les centres de conditionnement et de stockage,
des produits phytosanitaires, tout en s'assurant que ces derniers sont
homologués. Ils sont tenus de former leur personnel de production
et de traitement aux règles d'hygiène et de secours en cas
d'incident. Le respect de l'environnement, la qualité de l'eau
utilisée dans les plantations et pour les traitements constituent
d'autres exigences. Au final, l'exportateur doit faire appel à
un certificateur agréé étranger pour obtenir la certification
indispensable à l'exportation. L'expert a mis les exportateurs
en garde contre les procédures de rappel de produits. Cette procédure
est déclenchée en cas de découverte de corps étranger
sur les produits ou dans l'emballage. Ce rappel se fait à la charge
de l'exportateur et est assorti de pénalités lourdes à
payer et pourrait occasionner éventuellement la perte des marchés.
Les opérateurs intervenant dans le créneau se sont inquiétés
de cette multiplication des conditions posées pour accéder
au marché européen. Des conditions qui leur coûtent
de plus en plus cher en terme d'investissements qui ne peuvent être
amortis en un seul exercice. Certains ont voulu savoir si les dépenses
occasionnées par l'application de ces conditionnalités sont
partagées.
Le spécialiste a confirmé que les coûts incombaient
au seul exportateur qui doit s'efforcer de les honorer sans espoir de
remboursement. La seule récompense de tous ces efforts est la crédibilité
qui leur permettra de conquérir leur part dans le juteux marché
européen. Il a averti que la compétition est très
rude et que ceux qui n'arrivent pas à suivre le mouvement perdront
pour de bon leur place.
Les exportateurs se sont engagés à respecter les normes
GlobalGAP pour que les produits agricoles maliens puissent être
disponibles et cela pour encore longtemps dans les rayons des supermarchés
européens. C'est cela justement l'ambition du PCDA.
M. COULIBALY
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