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Marché de l'or : Le FMI pourrait vendre une partie
de ses reserves
(L'Essor 04/04/2007)
Cette transaction vise à accroître les revenus du Fonds
et lui permettre de faire face à ses difficultés de financement,
précise la même source
Utile dun côté, linitiative risque de déstabiliser
un marché en proie à la spéculation et fragiliser
les économies des pays comme le notre
Au moment où les plus hautes autorités de notre pays s'activent
à relancer les activités de la mine d'or de Syama, un comité
d'experts du Fonds monétaire international (FMI) suggère
à l'institution financière, la mise en vente d'une partie
de ses réserves (400 tonnes d'or, soit 6,6 milliards de dollars,
environ 3 300 milliards de Fcfa en valeur), rapporte l'AFP. Cette transaction
vise à accroître les revenus du Fonds et lui permettre de
faire face à ses difficultés de financement, précise
la même source.
La dernière opération du genre date de 1999-2000. Une opération
qui n'a pas produit l'effet escompté. Le conseil d'administration
du Fonds avait autorisé des transactions hors marché consistant
à vendre jusqu'à 14 millions de dollars d'onces d'or, environ
7000 milliards de Fcfa, d'onces d'or. L'argent récolté devait
également servir à financer la participation du Fonds à
l'initiative en faveur des pays les plus pauvres très endettés
(PPTE).
70% de nos recettes d'exportation. Sous cet angle, l'initiative est noble.
Sur un autre versant, elle est nocive pour les économies africaines
en particulier, celle de notre pays. Depuis le fléchissement du
coton sur le marché mondial, l'or est devenu le principal produit
d'exportation de notre pays. Selon le ministre de l'Énergie, des
Mines et de l'Eau, Ahmed Diane Séméga, en 2006, il représentait
21% du produit intérieur brut (PIB) et 70% de nos recettes d'exportation.
La tendance à la hausse du volume de production se confirme d'année
en année.
A son démarrage en 1996, la SEMOS a d'abord réalisé
un investissement initial de 150 milliards de Fcfa et depuis 1997, sa
production annuelle est évaluée à 14 tonnes d'or.
En 2005, son chiffre d'affaires était de 104 milliards de Fcfa.
En termes de contribution directe au budget de l'État, l'État
malien a bénéficié de 17 milliards de Fcfa. Les partenaires
étrangers, de leur côté, ont obtenu 12 milliards de
Fcfa. Au total de 1997 à nos jours, le chiffre d'affaires de la
SEMOS a été évalué à 1354 milliards
de Fcfa. L'État a bénéficié de 177 milliards
de Fcfa et les partenaires étrangers 96 milliards de Fcfa.
La mine de Morila, initiée elle aussi par l'État avec (20
%), Randgold (40 %), AnglogoldAshanti (40%) a investi 76 milliards de
Fcfa dans les infrastructures industrielles. Sa production annuelle est
de 15 tonnes d'or depuis 2000. En 2005, Morila a fait un chiffre d'affaires
de 153 milliards de Fcfa. L'État a bénéficié
de 33 milliards de Fcfa ; les partenaires étrangers, 38 milliards
de Fcfa. Depuis 2001, Morila a généré un chiffre
d'affaires de 684 milliards de Fcfa. L'État a obtenu 120 milliards
de Fcfa et les partenaires étrangers, 189 milliards.
Quant à Yatéla, il a généré en 2005
un chiffre d'affaires de 58 milliards de Fcfa. L'État a obtenu
9,6 milliards de Fcfa, les partenaires étrangers 0 dividende. Pour
ce qui concerne les revenus générés depuis 2001,
son chiffre d'affaires est estimé à 241 milliards de Fcfa.
La part de l'État est de 27,5 milliards de Fcfa, celle des partenaires
étrangers 0 dividende. Les revenus attendus en 2006 sont de 15
milliards pour l'État et 16 milliards pour les partenaires étrangers.
4.000 emploi directs créés en 2005. Rappelons que Yatela
a ouvert ses portes en 2001 avec un investissement initial de 50 milliards
de Fcfa. Sa production annuelle est de 7 tonnes d'or par an depuis 2002.
Le chiffre d'affaires de Anglogoldashanti en 2005 a été
de 314,5 milliards. L'État a enregistré 60 milliards de
Fcfa, les partenaires étrangers, 50 milliards de Fcfa. Son chiffre
d'affaire depuis 1997 s'élève à 1568 milliards. L'État
du Mali a eu 282 milliards de Fcfa, les partenaires étrangers 285
milliards pour environ 4.000 emplois directs créés en 2005.
En 2005, les apports directs de l'ensemble des mines de Sadiola, Morila
et Yatela ont représentés 12 % des recettes collectées
par l'État (60 milliards sur 512 milliards). Au regard de ces chiffres,
une inondation du marché par la mise en vente de l'or des réserves
du Fonds contribuera à fragiliser davantage notre économie
déjà en proie à une crise née de l'instabilité
du cours de coton. Par ailleurs, la plupart de nos pays n'exportent que
le produit brut sur le marché mondial. Les industries de transformation
sont, non seulement, très coûteuses pour nos économies,
mais elles exigent une main d'oeuvre hautement qualifiée.
33,5 milliards de Fcfa. Signalons que les réserves d'or du FMI
s'élèvent à 103,4 millions d'onces (3,217 tonnes)
d'une valeur inscrite dans le bilan du Fonds pour 8,8 milliards de dollars,
environ 4.400 milliards de Fcfa. Aux prix actuels du marché, l'ensemble
de cet or vaut toutefois quelques 67 milliards de dollars, environ 33,5
milliards de Fcfa.
La valeur du marché que le comité recommande de céder
(12,43% des réserves) s'élèvent à 6,6 milliards
de dollars. Le placement du produit de cette vente pourrait générer
de revenus annuels. Cette proposition qui doit encore être examinée
par la direction du Fonds et son conseil d'administration, compte parmi
les mesures formulées par un comité d'experts nommés
en mai 2006 pour identifier des sources alternatives de financement du
Fonds qui se rémunère aujourd'hui sur les intérêts
perçus dans le cadre des prêts qu'il consent.
Or les clients du FMI sont de moins en moins nombreux. Aussi prévoit-il
un déficit de revenus de 105 millions de dollars en 2007, environ
52,5 milliards de Fcfa (exercice clos fin avril) dont 67 millions liés
au remboursement anticipé des dettes de certains pays. Le comité
a également proposé la facturation des coûts administratifs
et de l'aide technique aux pays pauvres. Ce qui apportera au Fonds, 90
millions de dollars, environ 45 milliards de Fcfa de recettes additionnelles
annuelles. La mise en oeuvre de l'une ou l'autre mesure est susceptible
d'accroître de 630 millions de dollars, environ 315 milliards de
Fcfa par an, les ressources annuelles de l'institution, selon un calcul
effectué sur la base du rapport. Les montants fournis ont toutefois
été qualifiés "d'illustratifs" par un représentant
du Fonds.
A. O. DIALLO
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