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Coton: un sujet récurrent
(L'Essor 18/04/2005)

En novembre 2004, les représentants de notre pays, du Bénin, du Burkina Faso, et du Tchad interpellaient la Commission de l'UE sur l'Initiative coton. Retour sur cette séance de questions orales
Le coton sera au coeur des travaux de la 9è session de l'Assemblée paritaire ACP-UE qui s'ouvre aujourd'hui. La question s'était déjà invitée à la session précédente tenue en novembre 2004 à la Haye au Pays-Bas.
En effet, les représentants de notre pays, du Bénin, du Burkina Faso, et du Tchad avaient posé une question orale à la commission sur l'Initiative coton.
"La conférence interparlementaire de Cancun, qui s'est tenue en marge de la conférence ministérielle, ainsi que la septième session de l'Assemblée parlementaire paritaire, ont adopté des résolutions très claires en faveur de l'initiative sur le coton prises par le Bénin, le Burkina Faso, la Mali et le Tchad. La Commission peut-elle indiquer quelle évaluation peut être faite de la mise en œuvre des dites résolutions? Quelles sont les actions concrètes programmées par la Commission, pour soutenir les producteurs de coton de ces pays, injustement pénalisés par les subventions exorbitantes accordées par certaines puissances à leurs producteurs ?", interpellaient nos représentants.
En réponse, la Commission soulignera que les choses ont considérablement bougé dans le secteur du coton depuis la dernière Assemblée parlementaire paritaire à Addis-Abeba. L'UE et l'Afrique ont conclu un partenariat sur le coton et arrêté un plan d'action conjoint dans ce domaine, rappellera la commission, en indiquant que ce plan d'action est assorti de mesures touchant à la fois au commerce et au développement.
La Commission s'est, pour sa part, employée à promouvoir un marché mondial du coton plus équitable et plus transparent, se défendait-elle. Et d'expliquer qu'en avril, l'UE avait décidé de réformer sa politique du coton. Ce qui se traduira par une réduction substantielle des subventions induisant des distorsions commerciales. Dans la ligne de cette réforme, le projet de cadre de l'OMC pour l'établissement de modalités concernant l'agriculture, qui a été approuvé en juillet dernier, a reconnu le caractère spécifique du coton. Entre-temps, un groupe d'experts de l'OMC a déclaré que les aides américaines au coton n'étaient pas conformes au règles.
Les prix du coton étant à nouveau extrêmement bas, reconnaissait la Commission, il est impératif que les pays comptant parmi les premiers producteurs de coton soumettent des propositions constructives dans le cadre des négociations sur cette matière première qui doivent se dérouler à Genève. L'Afrique mérite un réaction rapide.
"Parallèlement à ces mesures d'ordre commercial, la Commission n'a pas ménagé ses efforts dans le cadre du développement à la coopération. Un comité directeur paritaire ACP-UE a été institué en septembre, qui sera chargé de suivre le volet développement du plan d'action. A ce sujet, l'UE préfère soutenir des stratégies plutôt que des projets isolés en faveur du coton. Si les pays ont besoin d'aide sur ce plan stratégique, la Commission est disposée à les aider", argumentait la Commission.
Dans le cadre des révisions à mi-parcours, la Commission a répondu à des demandes émanant du Mali, du Bénin, du Burkina Faso et du Tchad, en faveur de l'allocation de ressources au coton, en proposant la réaffectation d'un montant total de 40 millions d'euros (environ 26 milliards de Fcfa) à des activités ressortissant au coton.
"Le dialogue politique et l'action de l'UE dans des forums internationaux, tels que la commission des Nations Unies sur les droits de l'homme figurent parmi les éléments essentiels des efforts ainsi déployés. La Commission peut également améliorer la coordination avec les donateurs les plus importants, dans la perspective de faire respecter les conventions du travail dans le cadre d'accords commerciaux bilatéraux ou du Système de préférences généralisées" poursuivait la Commission.
Enfin, celle-ci estimait que "l'instauration d'un partenariat avec les organisations internationales apparaît aussi comme une nécessité si l'on veut créer des économies d'échelle et tirer les enseignements de l'expérience acquise par des acteurs de premier plan tels que l'UNICEF, l'OIT et son programme international pour l'élimination du travail des enfants".
Avant cette question orale, toujours à la 8è Assemblée paritaire ACP-UE, les représentants du Mali, du Niger, Tchad du Sénégal et de la Mauritanie s'étaient préoccupés de la contribution concrète de la Commission à la lutte pour l'éradication immédiate de la crise acridiennne, la prévention des effets des déficits de production agricole qui s'annonçaient et la mise en place de structures pérennes de lutte contre les criquets.
"La Commission peut-elle indiquer quelle peut être la contribution de l'Union européenne dans ces trois domaines ?", interrogeaient nos représentants.
La Commission confirmera être au fait des invasions massives de criquets qui menacent la sécurité alimentaire dans les pays du Sahel. "D'ailleurs, faisait-elle remarquer, elle a décidé de soutenir la lutte contre l'invasion acridienne à concurrence de 23,5 millions d'euros émanant du Fonds européen pour le développement, et 2 millions d'euros au titre des lignes budgétaires affectées à la sécurité alimentaire. Le financement est destiné à soutenir diverses interventions telles que l'identification des zones contaminées, l'achat de pesticides et le traitement des zones contaminées. Les fonds ont été alloués par l'intermédiaire de la FAO, qui est chargée d'assurer la coordination globale des actions menées à l'échelon régional, en collaboration étroite avec les agences nationales de protection des végétaux et les ministères techniques concernés".
La Commission se disait convaincue que sa contribution à la campagne de contrôle acridien aura immédiatement un impact positif sur la sécurité alimentaire dans tous les pays ACP concernés ; et qu'un programme coordonné de prévention contre le fléau récurrent s'avère nécessaire et devrait être lancé dans le cadre de stratégies nationales et régionales en matière de sécurité alimentaire.

Synthèse de F. MAIGA

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