IN ENGLISH
EN FRANCAIS
EN ESPANOL
Recherche annuaire:
Par raison sociale:
Par téléphone:
Par produits:
Par ville:

CVthèque
Nouvelles Entreprises
Nouvelles Economiques
Convertisseur de Monnaies
Inscription dans l'Annuaire
Communauté Malipages.com
Contactez Nous

  
    
    
    
    
  

MALIPAGES.COM

Entretien avec Moussa Diarra, président du Comité AGOA-Mali - « A ce jour aucun opérateur malien n’a soumis un projet au financement AGOA »
(L'Indépendant 14/04/2005)

Dans cette interview exclusive q’il a bien voulu nous accorder, le président du Comité national AGOA-Mali, évoque la Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique, une initiative prise sous l’administration Clinton 2000 pour venir en aide à 38 pays en Afrique au sud du Sahara dont le Mali. Au lieu de saisir au bond, cette aubaine pour améliorer les conditions d’existence des masses laborieuses, les pouvoirs publics n’ont rien trouvé de mieux de l’accueillir par une indifférence coupable. Au moment où le pays s’enfonce dans une pauvreté généralisée. Nous vous en présentons la première partie.

L’Indépendant: M. Diarra, vous êtes le président du Comité AGOA-Mali, pouvez-vous nous faire le bilan du chemin parcouru par le Mali, depuis la mise en œuvre de l’AGOA en 2001?

Moussa Diarra: Permettez-moi, tout d’abord, de faire un rappel. L’AGOA, c’est un sigle anglais qui signifie African Growth and Opportunity Act. Cela se traduit en français par Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique. Cette loi américaine a été votée, en mai 2 000, sous l’administration Clinton pour venir en aide à 38 pays de l’Afrique sub-saharienne dont le Mali. Ces pays africains ont été éligibles sur la base de critère que les Américains ont fixés eux-mêmes. Ces critères tournent autour d’un bon ancrage de la démocratie dans ces pays, d’une politique de développement des infrastructures et de lutte contre la pauvreté, une bonne politique de santé, une économie libérale. Bref, toute politique tendant vers la bonne gouvernance. Voilà donc les critères qui ont fait que ces pays sont devenus éligibles à l’AGOA.

L’AGOA en elle-même présente principalement deux avantages. Le premier a se situe au niveau de l’exportation des produits africains. Ainsi, 6 000 produits africains peuvent être exportés aux Etats-Unis grâce à l’AGOA, sans payer de droits de douanes à l’entrée sur le territoire américain, ni de contingentement, c’est à dire pas de limitation de quantité. Ce qui fait que les produits sont moins chers sur le marché et peuvent, dès lors, être vendus rapidement. Deuxième gros avantage de l’AGOA, c’est l’investissement industriel sur le sol africain, c’est à dire, créer des usines, des ateliers ou des systèmes de production sur le sol africain. Tout projet industriel bien viable présenté dans le cadre de l’AGOA peut trouver un financement privé ou public aux Etats-Unis.

L’Indép.: Si je ne m’abuse, le Mali a déjà bénéficié du visas textile…
M.D.: Etre éligible à l’AGOA est une chose et pouvoir exporter le textile est une autre chose. L’on a besoin, spécifiquement pour les textiles d’un visas spécial, parce que le textile est un domaine spécial et important pour les Américains. Tous les autres produits peuvent entrer sans ce visas. Le Mali a, effectivement, obtenu ce visas au bout d’une longue procédure, en 2003.

L’Indép.: Vous venez de dire que l’AGOA offre beaucoup d’avantage aux pays bénéficiaires. Concrètement quels avantages le Mali a pu tirer de l’AGOA à ce jour?

M.D.: Pour faire un bilan, je dirai tout d’abord que le gouvernement malien, après avoir voté tous les textes et règlements qui permettent au Mali d’être éligible et surtout d’obtenir son visas, a mis en place un Comité national AGOA. Ce Comité, que j’ai l’honneur de présider, a pour mission de préparer le secteur privé malien afin qu’il puisse tirer le maximum d’avantages de l’AGOA. Voilà une mission claire et précise. A sa création, ce Comité a conçu un programme d’activités qui commence naturellement-c’est une nouveauté-par l’information et la sensibilisation du public, le grand public, d’une part et la communauté des affaires, d’autre part. Elle est la cible principale. Donc, nous avons organisé des conférences dans les différentes structures d’encadrement du secteur privé (Chambre de Commerce, Chambre d’Agriculture…). Nous avons informé les opérateurs économiques à travers des brochures que nous avons produites. Nous avons informé les opérateurs économiques à travers des émissions que nous avons fait diffuser à la télé, sur les média nationaux et privés. Tout ce processus d’information et de sensibilisation a duré tout le long des années 2002-2003. Il devait les amener à prendre conscience des avantages de l’AGOA et chercher à en tirer profit. Malheureusement, il faut le dire, à ce jour nous n’avons pas pu tirer profit de l’AGOA. Il y a des contraintes que nous avons identifiées sur le terrain.

Première contrainte majeure, c’est que nous, au niveau du Comité AGOA n’avons bénéficié d’aucun financement pour mener notre programme. Il va, sans dire, que tout programme pour son exécution a besoin de ressources et nous n’avons pas du tout bénéficié de ressources, il faut le souligner….

L’Indép.: Qui devrait vous donner ces ressources?
M.D.: Cette question a été posée maintes fois. Qui de l’administration ou du secteur privé doit financer le Comité AGOA? Nous avons organisé spécialement une journée nationale AGOA pour poser justement cette question. La réponse est que, aussi bien le gouvernement que le secteur privé ensemble doivent financer le Comité AGOA. Malheureusement, aucun résultat concret n’est tombé, malgré cette recommandation de la journée nationale AGOA tenue en février 2003. Nous sommes, en réalité, dans une impasse puisque nous n’avons pas du tout reçu de ressources pour financer notre fonctionnement et notre programme d’activité.

Deuxième contrainte majeure que nous avons relevée sur le terrain les opérateurs économiques n’ont pas encore la mentalité AGOA. AGOA veut dire exporter aux Etats-Unis, exporter sur le marché international des produits de qualité. Ce marché international a ses critères et ses normes de qualité. Il faut y venir avec des produits de qualité, qu’ils soient agricoles, artisanaux ou textiles. Nous avons donc voulu que les opérateurs économiques maliens puissent produire de la qualité. Pour ce faire, nous les avons invités d’abord, à se regrouper. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de qualité, il s’agit aussi de quantité. Pour respecter les normes de qualité et de quantité qu’il faut pour exporter dans le cadre de l’AGOA, les opérateurs économiques doivent voir leurs capacités renforcées en commençant, eux-mêmes, par se regrouper en associations, en groupements en coopératives pour se donner les moyens, d’abord, les moyens humains nécessaires pour conduire un projet et pour avoir aussi les financements qui sont disponibles, mais qui ne peuvent être octroyés que dans certaines conditions….

L’Indép.: Qui assure ces financements?
M.D.: Il y a des financements américains qui sont disponibles, des privés américains qui peuvent prendre part avec des fonds privés. Il y a aussi des fonds publics dans les institutions financières américaines qui sont disponibles pour financer des projets AGOA. Mais, encore une fois, il y a des conditions pour lever ces fonds. Ces conditions exigent, en premier lieu, que le projet soit viable, c’est à dire qu’il présente une bonne étude de faisabiité-rentabilité avec un bon business plan et qu’il soit conduit par un opérateur économique réputé compétent et sérieux. Voilà les conditions pour bénéficier des fonds qui sont prévus pour financer les projets AGOA…

L’Indép.: Ces fonds logés au Mali ou aux Etats-Unis?
M.D.: Aux Etats-Unis….

L’Indép.: Peut-on avoir une idée sur leur montant?
M.D.: Les fonds sont illimités. Tant qu’un projet est viable, le financement existe.

L’Indép.: Pouvez-vous nous parler de certains de ces organismes de financements?
M.D.: Il y a la SFI, l’EXIM Bank qui assure la garantie de ces fonds. Il y a toutes les institutions financières américaines qui peuvent financer si toutes les conditions évoquées ci-dessus sont prouvées par une étude sérieuse.

L’Indép.: Si je comprends bien, jusqu’à ce jour le Mali n’a tiré aucun avantage de l’AGOA?
M.D.: Non, pas encore. Le Mali n’a pas bénéficié de l’AGOA, parce que les opérateurs économiques maliens n’ont pas présenté de projet au financement. A notre connaissance le cachet d’exportation AGOA n’a pas encore été utilisé par un opérateur économique..

L’Indép.: Peut-on avoir une idée de vos besoins de financement?
M.D.: Je ne peux vous le dire de but en blanc. Mais ce qui est sûr, c’est que notre budget a été exprimé et partout ventilé, depuis 2002: au ministère de tutelle-le ministère de l’Industrie et du Commerce-les structures d’encadrement du secteur privé, à la présidence de la République, à la primature… Dans notre programme d’activité, nous avions, par exemple, prévu d’aller dans le Mali Profond, de visiter toutes les régions du Mali pour aller porter le message de l’AGOA dans les chambres d’agriculture, de commerce et des métiers… Ces déplacements nécessitent des véhicules et des moyens pour faire fonctionner ces véhicules. Nous n’avons jamais eu ces fonds. Nous avons prévu la production de brochures dans les différentes langues nationales, surtout dans les langues où les artisans sont les plus nombreux, en tamasheq, en peul. Mais nous n’avons pas jamais eu ces fonds. Nous avons prévu une mission commerciale aux Etats-Unis pour amener des Maliens qui auraient des projets sérieux, pour faire des rencontres de partenariat, nous n’avons jamais eu de fonds pour le faire. Nous avions prévu de former des personnes dans les négociations de business, de former des gens même en anglais pour créer des sites, des adresses e-mail. Tout cela est contenu dans notre programme d’activité et tout cela est nécessaire aujourd’hui. Toutes nos requêtes sont restées lettres mortes.

Propos recueillis par Yaya SIDIBE

© Copyright L'Indépendant

Nouvelles économiques du mois de mars

Nouvelles économiques du mois de fevrier

Nouvelles économiques du mois de janvier

Nouvelles économiques du mois de décembre

Nouvelles économiques du mois de novembre

Nouvelles économiques du mois d'octobre

Nouvelles économiques du mois de septembre

Nouvelles économiques du mois d'août

Nouvelles économiques du mois de juillet

Nouvelles économiques du mois de juin

Nouvelles économiques du mois de mai

Nouvelles économiques du mois d'avril