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Entretien avec Moussa Diarra, président du Comité
AGOA-Mali - « A ce jour aucun opérateur malien na soumis un
projet au financement AGOA » LIndépendant: M. Diarra, vous êtes le président du Comité AGOA-Mali, pouvez-vous nous faire le bilan du chemin parcouru par le Mali, depuis la mise en uvre de lAGOA en 2001? Moussa Diarra: Permettez-moi, tout dabord, de faire un rappel. LAGOA, cest un sigle anglais qui signifie African Growth and Opportunity Act. Cela se traduit en français par Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique. Cette loi américaine a été votée, en mai 2 000, sous ladministration Clinton pour venir en aide à 38 pays de lAfrique sub-saharienne dont le Mali. Ces pays africains ont été éligibles sur la base de critère que les Américains ont fixés eux-mêmes. Ces critères tournent autour dun bon ancrage de la démocratie dans ces pays, dune politique de développement des infrastructures et de lutte contre la pauvreté, une bonne politique de santé, une économie libérale. Bref, toute politique tendant vers la bonne gouvernance. Voilà donc les critères qui ont fait que ces pays sont devenus éligibles à lAGOA. LAGOA en elle-même présente principalement deux avantages. Le premier a se situe au niveau de lexportation des produits africains. Ainsi, 6 000 produits africains peuvent être exportés aux Etats-Unis grâce à lAGOA, sans payer de droits de douanes à lentrée sur le territoire américain, ni de contingentement, cest à dire pas de limitation de quantité. Ce qui fait que les produits sont moins chers sur le marché et peuvent, dès lors, être vendus rapidement. Deuxième gros avantage de lAGOA, cest linvestissement industriel sur le sol africain, cest à dire, créer des usines, des ateliers ou des systèmes de production sur le sol africain. Tout projet industriel bien viable présenté dans le cadre de lAGOA peut trouver un financement privé ou public aux Etats-Unis. LIndép.:
Si je ne mabuse, le Mali a déjà bénéficié
du visas textile
LIndép.: Vous venez de dire que lAGOA offre beaucoup davantage aux pays bénéficiaires. Concrètement quels avantages le Mali a pu tirer de lAGOA à ce jour? M.D.: Pour faire un bilan, je dirai tout dabord que le gouvernement malien, après avoir voté tous les textes et règlements qui permettent au Mali dêtre éligible et surtout dobtenir son visas, a mis en place un Comité national AGOA. Ce Comité, que jai lhonneur de présider, a pour mission de préparer le secteur privé malien afin quil puisse tirer le maximum davantages de lAGOA. Voilà une mission claire et précise. A sa création, ce Comité a conçu un programme dactivités qui commence naturellement-cest une nouveauté-par linformation et la sensibilisation du public, le grand public, dune part et la communauté des affaires, dautre part. Elle est la cible principale. Donc, nous avons organisé des conférences dans les différentes structures dencadrement du secteur privé (Chambre de Commerce, Chambre dAgriculture ). Nous avons informé les opérateurs économiques à travers des brochures que nous avons produites. Nous avons informé les opérateurs économiques à travers des émissions que nous avons fait diffuser à la télé, sur les média nationaux et privés. Tout ce processus dinformation et de sensibilisation a duré tout le long des années 2002-2003. Il devait les amener à prendre conscience des avantages de lAGOA et chercher à en tirer profit. Malheureusement, il faut le dire, à ce jour nous navons pas pu tirer profit de lAGOA. Il y a des contraintes que nous avons identifiées sur le terrain. Première contrainte majeure, cest que nous, au niveau du Comité AGOA navons bénéficié daucun financement pour mener notre programme. Il va, sans dire, que tout programme pour son exécution a besoin de ressources et nous navons pas du tout bénéficié de ressources, il faut le souligner . LIndép.: Qui devrait vous donner
ces ressources? Deuxième contrainte majeure que nous avons relevée sur le terrain les opérateurs économiques nont pas encore la mentalité AGOA. AGOA veut dire exporter aux Etats-Unis, exporter sur le marché international des produits de qualité. Ce marché international a ses critères et ses normes de qualité. Il faut y venir avec des produits de qualité, quils soient agricoles, artisanaux ou textiles. Nous avons donc voulu que les opérateurs économiques maliens puissent produire de la qualité. Pour ce faire, nous les avons invités dabord, à se regrouper. Parce quil ne sagit pas seulement de qualité, il sagit aussi de quantité. Pour respecter les normes de qualité et de quantité quil faut pour exporter dans le cadre de lAGOA, les opérateurs économiques doivent voir leurs capacités renforcées en commençant, eux-mêmes, par se regrouper en associations, en groupements en coopératives pour se donner les moyens, dabord, les moyens humains nécessaires pour conduire un projet et pour avoir aussi les financements qui sont disponibles, mais qui ne peuvent être octroyés que dans certaines conditions . LIndép.:
Qui assure ces financements? LIndép.: Ces fonds logés au Mali
ou aux Etats-Unis? LIndép.:
Peut-on avoir une idée sur leur montant? LIndép.:
Pouvez-vous nous parler de certains de ces organismes de financements? LIndép.: Si je comprends
bien, jusquà ce jour le Mali na tiré aucun avantage
de lAGOA? LIndép.: Peut-on avoir
une idée de vos besoins de financement? Propos recueillis par Yaya SIDIBE Nouvelles économiques du mois de mars Nouvelles économiques du mois de fevrier Nouvelles économiques du mois de janvier Nouvelles économiques du mois de décembre Nouvelles économiques du mois de novembre
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