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Moussa Diarra, président du Comité AGOA-Mali
- "L'AGOA en trois ans a permis la création de 200 000 emplois, 200
milliards de FCFA d'investissements et 12 500 milliards de FCFA d'exportation
en Afrique" LIndépendant: Malgré le manque de moyens que vous évoquiez tantôt, le Comité national AGOA existe . Moussa Diarra: Nous avons toujours attiré lattention des autorités compétentes sur le manque de moyens. Nous navons jamais eu déchos favorables. Mais pour autant, nous navons pas baissé les bras. Nous allons toujours vers elles. Aujourdhui, pour forcer un peu les choses, nous sommes en train dinitier une grande table ronde à Bamako, en faisant venir lensemble des 22 pays dAfrique sub-saharienne éligibles à lAGOA dans la capitale malienne pour montrer, dans le cadre dun grand forum, trois produits-phares du Mali. Montrer comment on peut les valoriser et les imposer sur le marché international. Il sagit du beurre de karité, du textile malien et des fruits et légumes du Mali, notamment les mangues. Ces trois produits ont été identifiés par le Comité national AGOA comme des produits-phares du Mali que nous cherchons à propulser en avant. Lors de ce grand forum, qui est prévu en septembre, nous comptons vraiment booster la mise en uvre de lAGOA au Mali. En dehors du textile, quels sont les autres produits parmi les 6 000 retenus par lAGOA dont le Mali peut tirer profit? Comme je lai dit tantôt, en dehors du textile il y a beaucoup dautres produits que le Mali peut mettre sur le marché américain. Mais nous avons estimé quil ne serait pas réaliste de promouvoir, dun seul coup, tous ces 6 000 produits. Nous avons estimé que si nous pouvons promouvoir deux ou trois produits principaux sur le marché américain, ce serait déjà pas mal, dans la mesure où un seul produit peut rapporter des milliards de FCFA au Mali. Si nous arrivons à mettre deux ou trois sur le marché, ce serait déjà un bon départ pour le Mali. Il sagit, après le textile, du beurre de karité qui, aujourdhui, jouit dun grand débouché aux Etats-Unis et dans lUnion Européenne. Il sagit aussi des fruits et légumes. Les mangues, dans leur forme transformée, soit en mangues séchées, soit en compotes de mangues, soit en confiture, soit en concentré, soit même en jus frais de mangues, sont très demandées sur le marché américain. La demande est, donc, là. Encore faut-il quil y ait des projets viables qui soient présentés pour le financement. Pour ce qui est de la mangue à létat frais, pour linstant, les conditions phytosanitaires ne permettent pas à nos mangues daccéder au marché américain Par contre, quand elles subissent un processus, il ny a aucun problème, elles sont éligibles au marché américain. Pourquoi, selon vous, le Mali narrive pas à profiter, comme il faut, de linitiative AGOA? Quelles solutions y voyez-vous? On narrive pas à profiter pour plusieurs raisons. Dabord, nous-mêmes, Comité AGOA, nous navons pas eu de financement pour aller au fond de notre programme dactivité. En allant au fond de ce programme dactivité, nous aurions pu pousser les gens à adhérer à lAGOA. Deuxième raison, lon a constaté que les opérateurs économiques sont réfractaires à la formation et au renforcement de leurs capacités et surtout au regroupement. Alors que cest le regroupement qui les rendra capables de produire et dexporter sur les Etats-Unis. Avez-vous un appel à lancer aux pouvoirs publics, aux opérateurs économiques? Je voudrais que les pouvoirs publics aussi bien que la société civile et le secteur privé, les trois composantes de la nation malienne, voient ce que lAGOA a rapporté ailleurs. A ce sujet pouvez-vous nous donner des chiffres précis? Grâce à lAGOA, 200 milliards de FCFA ont déjà été investis sur le sol africain dans dautres pays, pas au Mali. Des exemples? Cest le cas dune usine de chaussettes au Ghana, tout près de nous. Cest vrai que le gros des investissements est allé à des pays comme lIle Maurice, Madagascar, le Lesotho, le Kenya, le Botswana et lAfrique du sud.. Mais tout près de nous, il y a le Ghana où quelquun a monté une usine de chaussettes. Il exporte toute sa production de chaussettes en coton aux Etats-Unis. Tenez-vous bien: les affaires vont tellement bien quil va doubler sa production, dici à lannée prochaine. Voilà un exemple quon peut imiter chez nous, mais encore faut-il que quelquun présente un projet viable. Il faut y croire pour le faire. Les gens ici semblent ne pas y croire. Don, jinvite les gens à regarder ces exemples qui ont été réussis ailleurs. Après le chiffre portant sur les investissements, il y a celui relatif à la création demplois. A ce sujet lAGOA a permis la création de plus de 200 000 emplois, depuis trois ans en Afrique. Troisième chiffre, il y a aujourdhui plus de 25 milliards de dollars (soit plus de 12 500 milliards de FCFA dexportations des pays africains vers les Etats-Unis. Cest vrai, le pétrole africain y occupe une place prépondérante. Hors pétrole, il y a environ 4,5 milliards de dollars dans les autres produits qui ont été exportés vers les Etats-Unis. Cela veut dire que lAGOA marche fort. Dans dautres pays. Pourquoi pas chez nous? Je lance un appel aux gens pour quils croient en lAGOA, qui est une belle opportunité à saisir au bond. Elle a, certes, ses contraintes que les autres ont surmontées. Je crois que le Mali aussi peut relever le défi.. Quid du Sénégal? Le Sénégal aussi est sur le point de profiter de lAGOA. Il y a déjà une usine de T-shirts dans ce pays qui rafle beaucoup de commandes dans le cadre de lAGOA. Il faut le dire et le redire: lAGOA, cest la qualité et la quantité. Donc un seul individu, à moins dêtre exceptionnellement puissant, pourra difficilement profiter du marché de lAGOA. Le regroupement est souhaité pour former des coopératives, des associations Il est même urgent de faire du commerce sous-régional entre nos pays éligibles à lAGOA . Si, par exemple, le Mali nest pas prêt pour faire des produits pour le marché américain, il peut sous-traiter avec le Ghana ou avec le Sénégal qui, eux, exportent les produits. Cest un peu lexemple de FITINA. Cette société envoie, aujourdhui, des fils en Ile Maurice. Des fils qui sont transformés en textile et vêtements avant dêtre exportés aux Etats-Unis. Cest un premier exemple de collaboration dans le cadre de lAGOA qui est réussi pour le Mali, il faut le dire. Et BATEX-CI? BATEX-CI vient de démarrer. Si elle arrive à produire des textiles aux normes de lAGOA, elle sera éligible. Il faut préciser, en parlant de textile dans le cadre de lAGOA, il sagit des vêtements confectionnés. Il ne sagit pas des tissus. Les tissus viendront peut-être après. Il y a un autre agrément en cours, une certification qui sappelle la catégorie 9. Si le Mali arrive à être éligible à cet agrément, des tissus répondant à certains critères de design et des dessins tirés de notre artisanat national, peuvent être éligibles à lAGOA. Mais pour le moment, ce nest pas le cas. Pour ce qui est de lartisanat, tous les produits en cuir et peaux, sculpture, bois, bronze, métal sont éligibles à lAGOA. Propos recueillis par Yaya SIDIBE © Copyright L'Indépendant Nouvelles économiques du mois de mars Nouvelles économiques du mois de fevrier Nouvelles économiques du mois de janvier Nouvelles économiques du mois de décembre Nouvelles économiques du mois de novembre
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